La FCCQ propose un régime d’épargne volontaire pour la formation continue

Publié le 05/04/2022 à 14:50

La FCCQ propose un régime d’épargne volontaire pour la formation continue

Publié le 05/04/2022 à 14:50

Par Charles Poulin

«Ce qui est bon pour les étudiants postsecondaires devrait aussi l’être pour les adultes, ajoute pour sa part le président-directeur général de la FCCQ, Charles Milliard. (Photo: courtoisie)

La Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ) propose la mise en place d’un régime d’épargne volontaire pour la formation continue (REVFC) comme mesure pour favoriser la formation des employés tout au long de leur carrière et pour aider les entreprises à alléger la pénurie de main-d’œuvre.

Cette proposition fait partie d’une liste de 28 recommandations qui font partie de son nouveau livre blanc intitulé «S’adapter au marché du travail en pleine évolution», qui apporte des solutions pour contrer la pénurie de main-d’œuvre.

Le REVFC permettrait aux employeurs et aux employés de cotiser pour «donner le pouvoir aux travailleurs de prendre le contrôle de leur développement professionnel», résume le vice-président, Travail et Capital humain de la FCCQ, Alexandre Gagnon. Le gouvernement interviendrait pour accorder des incitatifs fiscaux de part et d’autre.

«Ce qui est bon pour les étudiants postsecondaires devrait aussi l’être pour les adultes, ajoute pour sa part le président-directeur général de la FCCQ, Charles Milliard. Les gens ne restent plus 25 ans dans le même emploi. Pourquoi ne pas aider autant les employés que les employeurs à se préparer à ce qui s’en vient en leur proposant un congé fiscal?»

Le REVFC serait intéressant, poursuit Charles Milliard, pour les travailleurs, qui auraient un coussin pour faire progresser leur carrière, et pour les employeurs, qui pourraient se servir du programme comme mesure de rétention et de recrutement.

Il remarque que les besoins de formation sont constants sur le marché du travail. Il regarde notamment du côté de la transformation numérique et de la transition verte, deux domaines où les entreprises auront de grands besoins au cours des prochaines années.

Modalités

Ce nouveau régime d’épargne volontaire basé sur le Régime enregistré d’épargne étude (REÉÉ) et permettrait de cumuler des fonds pour de la formation au cours de la période active des travailleurs sur le marché du travail. L’argent récolté pourrait servir autant à payer les formations que les dépenses reliées tels les frais de garde ou de déplacement.

L’employeur, lui, pourrait volontairement cotiser au régime, et cet argent serait traité comme un avantage social imposable. Les contributions des entreprises aux RVEFC de leurs employés seraient comptabilisées en tant que dépenses de formation admissibles au titre de la Loi favorisant le développement et la reconnaissance des compétences de la main-d’œuvre (Loi du 1%).

Les travailleurs pourraient retirer les sommes versées, après impôts, sans imposition supplémentaire, un peu comme fonctionne un REÉÉ ou un compte d’épargne libre d’impôt (CELI). Un participant qui se retrouve au chômage pourrait utiliser les fonds accumulés dans son compte RVÉFC pour acquérir une formation «dans des domaines d’études conséquents avec les besoins du marché du travail et approuvés par Emploi-Québec», explique la FCCQ.

«Nous posons le concept, mais plusieurs détails resteraient à préciser, souligne Charles Milliard. Mais nous croyons qu’il s’agit d’une mesure intéressante qui devrait faire partie de la discussion en ce moment.»

Autres solutions à la pénurie

Les autres recommandations de la FCCQ touchent quatre axes précis, soit l’immigration, la requalification de travailleurs, les travailleurs expérimentés ainsi que la révision des programmes. Si elles sont plutôt pointues (mise en place d’un cadre provincial sur la microcertification, bonifier le crédit d’impôt pour la prolongation de carrière, créer un comité ministériel de relance économique, etc.), elles doivent être prises dans leur intégralité pour tenter de régler le problème de pénurie de main-d’œuvre, estime Charles Milliard.

«Ces quatre axes, pour nous, doivent être travaillés en même temps, avance-t-il. La pénurie de main-d’œuvre est un problème qui doit nous faire activer tous les leviers possibles tout de suite. Il n’y aura pas nécessairement de résultats immédiats sur tout, mais cela pourrait écourter la pénurie.»

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