Universités : évoluer ou disparaître


Édition du 13 Février 2016

Universités : évoluer ou disparaître


Édition du 13 Février 2016

[Photo : Shutterstock]

L'université traditionnelle se meurt. Du moins, c'est l'avis partagé par la plupart des spécialistes que nous avons interviewés. Pour eux, la question est maintenant de savoir quelle forme elle prendra dans sa seconde vie. Pendant ce temps, des employeurs comme Google et AT&T s'arrachent les finissants de formations en ligne non créditées.

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«On assistera sous peu à l'éclatement du marché de l'éducation, qui favorisera l'émergence d'un grand nombre de fournisseurs et de programmes ciblant des compétences très précises», lance Stephen Downes, chercheur spécialisé en éducation en ligne au Conseil national de recherches Canada.

S'il est difficile de prédire l'avenir, Stephen Downes peut se targuer d'avoir une bonne moyenne au bâton. Il a bâti ses premiers cours en ligne dans les années en 1990, et on lui attribue la création, avec son collègue George Siemens, du premier cours en ligne ouvert à tous (ou MOOC pour massive open online course en anglais) du monde en 2008, à l'Université du Manitoba.

Ce n'est toutefois qu'en 2011, lorsque Sebastian Thrun, professeur à l'Université Stanford, en Californie, a lancé un MOOC auquel se sont inscrits 120 000 étudiants que la révolution numérique de l'éducation a véritablement démarré. La même année, M. Thrun quittait Stanford pour fonder Udacity. Coursera, institué par un autre professeur de Stanford, a suivi en avril 2012, puis edX, un consortium mis sur pied par le Massachusetts Institute of Technology (MIT) et Harvard, en mai 2012.

Ces plateformes ont créé de toutes pièces un marché, celui des MOOC, qui s'élevait à 1,8 milliard de dollars américains en 2015, et qui devrait atteindre 8,5 G$ US en 2020, selon la firme Research and Markets.

À elles seules, edX et Coursera comptent 20 millions d'étudiants dans le monde, pour qui elles représentent souvent une chance inespérée d'assister à des cours auparavant réservés à l'élite. Ce qui fait dire à Stephen Downes que ce n'est qu'une question de temps avant que l'équation «diplôme universitaire = emploi bien rémunéré» cesse de fonctionner. Et lorsque l'inévitable se sera produit, le modèle opérationnel des universités traditionnelles ne tiendra plus la route.

Avec l'avènement de ces plateformes numériques, toutes les universités se sont soudainement retrouvées en concurrence avec des mastodontes comme le MIT, Stanford et Harvard. Depuis, c'est seulement leur mainmise sur la diplomation qui les protège de l'hécatombe. «La minute où les universités perdront le monopole de la reconnaissance de l'apprentissage, elles n'auront pas le choix de devenir concurrentielles et de s'ouvrir», lance Stephen Downes.Le marché global de l'éducation s'élève à 4 600 milliards de dollars américains. Source : Learn Capital

Pendant ce temps, des étudiants de tous âges profitent de l'occasion sans précédent que constituent les MOOC. C'est par exemple le cas d'Antony Diaz qui, alors qu'il était élève au secondaire en 2014, préparait un ambitieux projet pour Expo-sciences. Même sans l'appui de son professeur, qui lui avait conseillé d'abandonner sous prétexte que son projet était trop ambitieux, il a persévéré. «C'est à ce moment que j'ai commencé à regarder des vidéos sur YouTube et à suivre le cours du MIT [Circuit and Electronics I, offert sur edX] pour apprendre à faire des circuits», raconte Antony Diaz.

Quatre mois plus tard, il présentait à Expo-sciences un prototype fonctionnel d'un bracelet capable de recharger un téléphone mobile grâce à l'énergie générée par le corps humain.

L'expérience a été une révélation pour Antony Diaz qui, auparavant, aspirait à devenir mathématicien. Depuis, il n'a jamais cessé de travailler sur son bracelet et a fondé Uvolt pour en faire une réalité. La start-up, qui collabore aujourd'hui avec des chercheurs de l'École Polytechnique de Montréal pour peaufiner sa technologie, devrait lancer une campagne de sociofinancement au printemps 2016.

Le jeune pdg, âgé aujourd'hui de 20 ans, a pour habitude d'absorber les connaissances dont il a besoin à mesure qu'il en ressent la nécessité. «Ce n'est pas le diplôme qui me motive, mais la connaissance que j'ai acquise à partir du cours qui m'intéresse, que ce soit crédité ou non.»

Ouverture nécessaire

Si, au Québec comme ailleurs, les universités traditionnelles tardent à se transformer pour satisfaire les Antony Diaz de ce monde, Alan Shepard, recteur de l'Université Concordia, fait partie de ceux qui ressentent l'urgence de s'adapter aux besoins changeants du marché. «Dans une société où nous voulons qu'un grand nombre de gens aillent à l'université, les universités devront faire ce que Concordia fait, soit ouvrir leurs portes plutôt que les fermer», soutient-il.

Alan Shepard a déjà fait sa marque à Concordia en misant sur le développement de District 3, l'incubateur d'entreprises de l'université. Appliquant la recette qui a fait le succès du DMZ, l'incubateur qu'il avait mis sur pied lorsqu'il était vice-recteur de l'Université Ryerson à Toronto, Alan Shepard a fait de District 3 un lieu ouvert, où n'importe qui ayant une idée peut venir, qu'il étudie ou non à Concordia. C'est d'ailleurs dans les nouveaux locaux modernes de District 3 que j'ai interviewé Antony Diaz, qui utilise les ressources de l'incubateur pour développer Uvolt.

Pour Alan Shepard, District 3 est beaucoup plus qu'un nouvel actif pour Concordia. Il considère en effet qu'un incubateur ouvert comme celui-ci contribue à préparer les étudiants de Concordia au marché du travail. Il soutient aussi que, dans un contexte où le marché du travail évolue plus rapidement que jamais, les universités n'ont d'autres choix que de préparer leurs étudiants à créer leur propre emploi.

Alan Shepard juge que les cours en classe sont là pour rester, d'autant plus que les compétences les plus difficiles à enseigner en ligne sont appelées à devenir les plus importantes. «Il y a des choses qui s'enseignent beaucoup mieux en personne, comme la résolution de problème, le travail d'équipe ou l'analyse», dit M. Shepard.

Malgré tout, le recteur veut bonifier son offre de cours en ligne : «Nous allons faire plus d'éducation en ligne ; pas pour économiser de l'argent, mais parce que c'est plus efficace pour enseigner certaines choses, explique-t-il. Si je veux seulement t'apprendre 10 faits, c'est avantageux pour toi que je t'envoie une vidéo, car tu peux la regarder trois fois ou au ralenti si nécessaire.»

Du diplôme universitaire au MOOC certifié

Antony Diaz, qui déjà créé son propre emploi, ne voit pas l'université comme un tremplin professionnel. «L'éducation en ligne, ça m'aide à apprendre les choses dont j'ai besoin maintenant, sans avoir à attendre un an ou deux de pouvoir m'inscrire au bon cours dans un programme universitaire, indique le cégépien. À l'université, j'aimerais apprendre quelque chose qui me passionne vraiment, que j'approfondis même s'il n'y a pas de travail au bout.»

Pourtant, contrairement à Antony Diaz, nombre d'étudiants et de parents voient encore l'université comme un ticket pour accéder à la classe moyenne. Il faut dire que, de l'émergence de l'université moderne à nos jours, cette promesse d'enrichissement a été tenue, génération après génération. Au Canada, le revenu d'emploi annuel moyen d'un diplômé universitaire (baccalauréat et plus) s'élevait en 2010 à 62 768 $, soit 104 % de plus que celui d'un diplômé du secondaire (30 817 $), selon Statistique Canada. Confirmant la tendance historique, cet écart a ainsi continué de se creuser depuis 2001, alors que les diplômés universitaires gagnaient 98,5 % de plus. Toutefois, durant la même période, l'écart a diminué chez les jeunes de 25 à 29 ans, passant de 32,7 % en 2001 à 31,1 % en 2010. Autrement dit, la longue période haussière dont a bénéficié le diplôme universitaire laisse entrevoir des signes de fatigue.

Si l'écart entre les revenus des deux groupes reste aussi élevé, c'est en partie parce que les employeurs utilisent le diplôme universitaire comme un filtre, afin de limiter le bassin de candidatures à évaluer. Malgré ses limites en tant qu'indicateur, le diplôme universitaire a longtemps été le moyen le plus efficace de s'assurer qu'un candidat était capable de se soumettre à une certaine discipline et, surtout, d'acquérir de nouvelles compétences. En d'autres mots, on embauchait le bachelier en anthropologie parce qu'on le jugeait capable d'apprendre à faire le travail.

Aujourd'hui, toutefois, la première sélection de curriculum vitæ est de plus en plus effectuée par des logiciels, qui peuvent aisément passer en revue des centaines de candidatures. Dans ce contexte, Geoffroi Garon-Épaule, doctorant en communication à l'UQAM, considère que les employeurs devraient accorder une importance accrue aux apprentissages non crédités : «Les filtres qu'on utilise aujourd'hui ne retiennent pas forcément le meilleur candidat à la fin du processus d'embauche, non parce qu'il n'a pas les bonnes compétences, mais parce qu'il n'a peut-être pas le bon diplôme ou le bon nombre d'années d'expérience.»

Pour permettre à leurs étudiants de faire valoir leurs acquis auprès des employeurs, les plateformes de MOOC, Coursera et edX proposent aujourd'hui des certificats vérifiés à un coût de 50 à 100 $ par cours. Ces certificats, qui peuvent être consultés en ligne par des employeurs, sont décernés à condition que l'étudiant fournisse une preuve d'identité gouvernementale. Bon nombre d'universités québécoises ont lancé des MOOC, mais parmi elles, seule McGill offre des certificats vérifiés, par l'intermédiaire d'edX.

Udacity, Coursera et edX proposent aussi des programmes composés de plusieurs MOOC vérifiés permettant d'aller plus en profondeur, respectivement baptisés Nanodegrees, Spécialisations et Xseries. Ces programmes se concluent par un projet que l'étudiant doit réaliser et qui peut être mis en ligne, et donc, être évalué par un recruteur.

À terme, ces spécialisations pourraient être créditées par les universités qui les offrent après coup, comme se prépare à le faire l'Université de l'Illinois à Urbana-Champaign, qui lancera au printemps un programme de MBA crédité basé sur des MOOC (au coût de 20 000 $ US). Baptisé iMBA, le programme sera composé de six spécialisations, auquel n'importe qui peut s'inscrire sur Coursera, et de cours supplémentaires offerts en ligne directement sur la plateforme de l'université.

Le marché du travail s'adapte

Bien qu'il n'existe pas d'étude sur le revenu annuel des diplômés de cours en ligne non crédités, il suffit de faire une recherche sur LinkedIn pour constater que de nombreux professionnels y font valoir les cours du genre de ceux qu'ils ont suivis.

C'est le cas d'Antony Diaz, mais aussi de David Taylor, un ancien technicien de laboratoire à Concordia, qui occupe aujourd'hui le poste de scientifique de données principal auprès de l'assureur Aviva Canada. Le professionnel de 45 ans, qui a suivi le cours Computing for Data Analysis offert sur Coursera, est ainsi parvenu à faire valoir des cours non crédités sur le marché du travail. «Je pouvais regarder les vidéos dans le transport en commun, sans compter que c'était des cours plus ciblés que ceux offerts à l'université», dit-il.

Si David Taylor est parvenu à faire valoir ses compétences, le diplôme universitaire sert encore pour les postes peu spécialisés. Marina Byezhanova, cofondatrice de l'agence de recrutement Pronexia, note d'ailleurs que ses clients requièrent des diplômes de baccalauréat et de maîtrise pour des postes qui n'en nécessitaient pas auparavant, comme ceux d'assistant administratif et d'agent à l'approvisionnement. Toutefois, de telles exigences tombent lorsqu'il s'agit de recruter du personnel dans des créneaux émergents comme le marketing en ligne et la programmation. «Si on cherche quelqu'un en marketing traditionnel, le client exige la maîtrise, mais pour un poste en marketing numérique, les certifications offertes par Google ou Hootsuite sont suffisantes, car elles sont données par des entreprises crédibles», dit Mme Byezhanova.

Alors qu'il est possible d'obtenir une certification Google Analytics ou Google Adwords gratuitement en passant des examens en ligne, la certification Hootsuite n'est offerte qu'à ceux qui s'inscrivent à la Hootsuite University, au coût de 21 $ par mois. Toutefois, Marina Byezhanova soutient que ses clients n'accordent pas de valeur aux MOOC, à part dans le domaine de l'informatique, où la capacité à faire le travail importe plus que la source de la formation.

Autrement dit, les employeurs ne se formalisent pas de l'absence de crédits lorsqu'ils souhaitent embaucher un candidat ayant une expertise très recherchée.

Pour en convaincre ses étudiants, le pdg d'Udacity, Sebastian Thrun, leur a envoyé un courriel annonçant la mise en place d'une garantie d'emploi. Pour les inciter à s'inscrire à l'une de ses formations payantes, M. Thrun s'engageait dans ce courriel à rembourser les droits de scolarité des étudiants américains incapables de se trouver un emploi dans le domaine six mois après avoir décroché certains de leurs Nanodegrees. Sans surprise, les formations admissibles portent sur des compétences très demandées, comme l'apprentissage automatique et le développement d'application mobile.

L'ambition des MOOC était d'enseigner à des milliers d'étudiants en même temps. Les Nanodegrees d'Udacity n'ont pas cet objectif, puisqu'ils comprennent l'accès à des tuteurs et à un service de placement professionnel. Grâce à ses formations axées sur des compétences professionnelles recherchées, telles que la science des données et la programmation Web, Udacity a négocié des ententes de recrutement avec de grandes entreprises comme Google et AT&T.

Sebastian Thrun a ainsi pris ses distances par rapport aux MOOC. Du reste, les spécialistes considèrent ce format comme transitoire. C'est le cas de Stephen Downes, qui croit que l'éducation supérieure du futur passera par une multitude de fournisseurs d'apprentissages spécialisés. Dans ce contexte, il prédit que les employeurs sont appelés à évaluer un candidat en fonction davantage de ce qu'il a fait que de ses diplômes. «Ce qui deviendra la norme, c'est de publier en ligne un portfolio d'apprentissages et de réalisations obtenus auprès de différents fournisseurs d'éducation», affirme le chercheur.

L'ère des compétences

Pour Geoffroi Garon-Épaule, les compétences sont appelées à devenir de plus en plus importantes sur un marché du travail constamment redéfini par de nouvelles technologies. Dans ce contexte, aucun professionnel ne pourra s'asseoir sur son diplôme et cesser d'étudier. «L'apprentissage tout au long de la vie, c'est déjà la réalité du monde professionnel ; mais ce qu'on apprend au travail ne laisse pas de trace», dit le doctorant.

La thèse en cours de Geoffroi Garon-Épaule porte justement sur les badges numériques, une forme de reconnaissance qui, contrairement au diplôme, ne repose pas sur un monopole réglementaire. «La grande force du badge, c'est d'être associé à la preuve de la compétence, comme une vidéo dans laquelle son titulaire explique comment il a fait preuve de leadership durant une formation», illustre le doctorant. Un insigne de compétence en programmation Web pourrait ainsi être associé à un lien acheminant vers un site Web bâti par son titulaire.

Carnegie Mellon et George Washington font partie des universités américaines qui décernent des badges. Les universités, toutefois, n'en ont pas le monopole. Des badges peuvent être accordés par un employeur à ses employés ayant acquis certaines compétences, tout comme par d'autres établissements à leurs employés, clients et autres parties prenantes. IBM, la NASA, le Smithsonian American Art Museum, Dale Carnegie Training et Duolingo font partie des organisations qui octroient des badges.

Comme le diplôme, le badge a été conçu pour valider un apprentissage. Toutefois, la nouvelle génération dont fait partie Antony Diaz semble avoir assez confiance en elle pour se passer de validation externe. «Ce qui me motive, c'est de donner au monde des choses qui peuvent améliorer la manière dont on vit, lance Antony Diaz. C'est ce que je veux faire avec Uvolt.»

C'est d'ailleurs selon ce principe qu'Antony Diaz parvient à enseigner la programmation à sa petite soeur de neuf ans. «Elle utilise Khan Academy tous les jours, et moi, comme tuteur, je peux suivre ses progrès en ligne. Pour la motiver, je ne lui demande pas ce qu'elle veut faire quand elle sera grande, mais plutôt quel problème elle veut résoudre.»

Pourcentage d'employeurs qui considèrent les MOOC comme un outil de développement professionnel

États-Unis 64%

Europe 39%

Asie 46%

Pourcentage d'employeurs qui considèrent les MOOC comme une solution de rechange à des études de 2e cycle en management

États-Unis 8%

Europe 23%

Asie 29%

Source : Graduate Management Admission Council

LES PRINCIPALES PLATEFORMES DE FORMATION EN LIGNE

COURSERA : Établie en Californie ; propose plus de 2 000 MOOC conçus par des universités, dont 24 en français.

Edx : Organisme à but non lucratif cofondé par Havard et le MIT ; offre 827 cours élaborés par des universités, dont 45 en français.

Udacity : La plateforme propose des MOOC qu'elle a développés de A à Z, surtout dans les domaines de l'informatique, de l'analyse de données et de l'entrepreneuriat.

Saylor Academy : Offre sous forme de MOOC tous les cours menant généralement à l'obtention d'un baccalauréat en administration ou en informatique dans une université traditionnelle.

Free Code Camp : Cette plateforme gratuite permet d'apprendre la programmation Web à un niveau professionnel tout en se constituant un portfolio en ligne.

Video2Brain : Propriété de LinkedIn, elle offre près de 1 000 formations en ligne en français pour 19,95 euros par mois.

Duolingo : Permet aux francophones d'apprendre gratuitement l'anglais, l'espagnol, l'allemand ou l'italien sur leur téléphone mobile.

No-Pay MBA : Créé par une professionnelle ; on y vend une liste de MOOC donnant la possibilité de suivre le cursus d'un programme de MBA.

Suivez Julien Brault sur Twitter @julienbrault

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