Une majorité de Canadiens porte une vision amère de Facebook

Publié le 13/10/2021 à 07:54

Une majorité de Canadiens porte une vision amère de Facebook

Publié le 13/10/2021 à 07:54

Par La Presse Canadienne

«Il y a une sorte de relation “j’ai besoin de toi, mais je ne t’aime pas”, a déclaré le vice-président directeur de Léger, Christian Bourque. (Photo: La Presse Canadienne)

Ottawa — Une majorité de Canadiens porte une vision amère de Facebook. La moitié des répondants à un récent sondage affirment que le réseau social devrait être réglementé ou démantelé alors qu’une crise de «l’image de marque» secoue encore une fois le géant des réseaux sociaux.

Selon le sondage réalisé en ligne par la firme Léger pour le compte de l’Association d’études canadiennes, 40% des répondants ont déclaré avoir une opinion négative de l’entreprise.

La grande majorité a également convenu que Facebook amplifie les discours haineux, contribue à propager de fausses nouvelles, nuit à la santé mentale des individus et présente un risque pour les enfants et les adolescents.

Cependant, plus des trois quarts des répondants pensent que le réseau social les aide à rester en contact avec leurs proches, avec un peu plus de 50% des personnes interrogées qui ont déclaré qu’il s’agissait d’un outil essentiel au partage d’informations et à la liberté d’expression.

Mené du 8 au 10 octobre, le sondage en ligne a questionné 1545 Canadiens. Il ne peut lui être attribué une marge d’erreur, car les sondages en ligne ne sont pas réalisés à partir d’échantillons aléatoires.

Le vice-président directeur de Léger, Christian Bourque, analyse que les Canadiens maintiennent une dépendance à l’égard de Facebook, mais pas une forte affection, alors que la plateforme fait face à un examen public intense sur la façon dont ses algorithmes attisent des rhétoriques incendiaires et affectent l’estime de soi des utilisateurs.

«Il y a une sorte de relation “j’ai besoin de toi, mais je ne t’aime pas”, a déclaré M. Bourque en entrevue. Facebook a vraiment un problème d’image de marque auquel l’entreprise devra faire face». 

La semaine dernière, la lanceuse d’alerte de Facebook Frances Haugen a déclaré devant un comité du Sénat américain que les produits de l’entreprise nuisaient aux enfants et alimentaient la polarisation aux États-Unis, une affirmation étayée par des recherches internes de l’entreprise divulguée au Wall Street Journal.

Le témoignage de l’ancienne cadre renchérit sur le cas d’une société qui chancelle déjà sous le poids des préoccupations liées aux discours haineux, à la prolifération des théories du complot et à la débâcle de la fuite de données de Cambridge Analytica en 2018.

«Facebook commence à être un oignon. Les fuites n’étaient qu’une couche de plus», a déclaré M. Bourque.

Il a souligné que la plateforme était un espace où les partisans du président de l’époque, Donald Trump, ont appelé les citoyens à prendre d’assaut le Capitole américain avant l’insurrection du 6 janvier.

«Un seul événement n’est jamais suffisant pour détruire une entreprise. Mais une série d’événements, puis ça devient quelque chose, comme une boule de neige», a-t-il ajouté. 

Facebook n’a pas répondu aux demandes de commentaires mardi.

Revendiquant environ 2,9 milliards d’utilisateurs mensuels actifs, Facebook possède également les applications mobiles Messenger, Instagram et WhatsApp, qui comptent chacune au moins 1,3 milliard d’utilisateurs.

Lorsqu’on leur a demandé si le conglomérat devait être démantelé «pour assurer une saine concurrence» et réguler ses interactions avec les utilisateurs, plus d’un quart des personnes interrogées ont répondu par l’affirmative. Un autre 23% a déclaré qu’il ne devrait être réglementé que par le gouvernement.

Seul un répondant sur cinq avait une opinion positive du cofondateur et PDG de Facebook, Mark Zuckerberg, tandis que près de la moitié ont coché la case négative et un tiers ont déclaré être incertains.

Environ 87% des répondants ont estimé que Facebook contribue à la désinformation et peut nuire aux jeunes, ce qui équivaut à un «consensus» canadien qui reflète un constat américain similaire, mais légèrement plus faible, selon M. Bourque.

Lors des élections fédérales du mois dernier, les libéraux se sont engagés à présenter une loi dans les 100 jours pour combattre les discours haineux en ligne et les contenus incitant à la violence.

Cette promesse intervient après que le gouvernement libéral minoritaire ait déposé en novembre dernier un projet de loi proposant de réglementer Facebook, YouTube et d’autres plateformes, mais qui est tombé à l’eau au Sénat une fois les élections déclenchées.

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