L'action de Shopify plonge après l'annonce de l'acquisition Deliverr pour 2,1 G$US

Publié le 05/05/2022 à 16:30

L'action de Shopify plonge après l'annonce de l'acquisition Deliverr pour 2,1 G$US

Publié le 05/05/2022 à 16:30

Par La Presse Canadienne

Shopify a dévoilé jeudi une perte de 1,5 milliard $ US, soit 11,70 $ US par action, pour son premier trimestre, ainsi que des revenus de 1,2 milliard $ US. (Photo: La Presse Canadienne)

Ottawa — Shopify réalise la plus grande acquisition de son histoire, tentant de redresser le niveau de confiance chancelant des observateurs vis-à-vis de son plan de croissance, qui lui a fait perdre son titre d’entreprise la mieux évaluée au Canada.

Le géant du commerce électronique, qui a vu sa valeur boursière effacer 100 millions de dollars (M$) ces derniers mois, a annoncé jeudi qu’il mettait la main sur la société américaine de logistique Deliverr pour 2,1 milliards de dollars US (G$US), ce qui a fait plonger son action de plus de 18 % dans les échanges boursiers matinaux.

Les pertes se sont légèrement résorbées et le titre de la société d’Ottawa a clôturé en baisse de 88,67$, soit 14,3%, à 529,63 $ à la Bourse de Toronto, ce qui le plaçait à des niveaux qu’il n’avait pas côtoyés depuis mars 2020.

Shopify fonde une grande partie de ses espoirs sur un redressement de Deliverr, qu’il a acheté pour l’aider à approfondir ses capacités de stocks, à élargir ses services d’entreposage et de fret et à accéder à un nouvel ensemble d’entrepôts et de coursiers.

Deliverr, ainsi que d’autres technologies d’automatisation et de logistique seront utilisées pour créer un réseau d’entrepôts appartenant à Shopify et à des tiers, qui pourront livrer des colis en deux jours ou moins dans plus de 90 % des États-Unis, a assuré le président de Shopify, Harley Finkelstein.

«C’est compliqué, et ce ne sera pas facile à faire, mais c’est en quelque sorte là où Shopify brille», a affirmé Harley Finkelstein lors d’un appel avec des analystes.

«L’objectif est de faire du traitement des commandes un aspect duquel nos commerçants, en particulier aux États-Unis, n’ont pas à se soucier.»

La porte-parole de Shopify, Stephanie Ross, a refusé de divulguer le délai de livraison et le volume typiques du réseau actuel de Shopify, mais la société a précisé que Deliverr expédiait plus d’un million de commandes par mois à travers les États-Unis.

En vertu de l’accord, Shopify allongera environ 80% du prix d’achat en espèces et 20% en actions de Shopify pour acquérir la société de San Francisco.

La livraison et la logistique sont devenues des aspects de plus en plus importants des activités de Shopify depuis que la société a annoncé qu’elle construirait un réseau de centres de distribution aux États-Unis, en 2019.

Le réseau, qui comprend un entrepôt autogéré et loué à Atlanta, était destiné à aider les commerçants de toutes tailles à accéder à de nouvelles occasions d’entreposage et d’expédition, et il était considéré comme une progression naturelle pour l’entreprise, qui aidait déjà les entreprises à gérer les ventes et les paiements.

Cependant, cette décision a placé Shopify plus directement en concurrence avec le géant américain du commerce électronique Amazon.com.

Un trimestre dans le rouge

Suivre la cadence s’est révélé difficile pour Shopify, qui a déçu les investisseurs ces derniers mois.

La société a dévoilé jeudi une perte de 1,5 G$US, soit 11,70 $US par action, pour son premier trimestre, ainsi que des revenus de 1,2 milliard $ US.

Ce résultat se comparait à un profit de 1,3 G$US, ou 9,94 $US par action, à partir de revenus totalisant 988,6 M$US lors de la même période l’an dernier.

Sur une base ajustée, Shopify a réalisé un bénéfice de 20 cents US par action au plus récent trimestre, par rapport à un bénéfice ajusté de 2,01 $ US par action au premier trimestre de 2021.

Les analystes s’attendaient en moyenne à un bénéfice ajusté de 68 cents US pour le trimestre et à un chiffre d’affaires de 1,25 G$US, selon les prévisions recueillies par la firme de données financières Refinitiv.

Shopify positionne son réseau de traitement de commandes comme une réponse à ses problèmes de résultats financiers, mais l’aventure sera coûteuse. Promettre une livraison en deux jours signifie que Shopify aura besoin de nombreux entrepôts de proximité alors que ces espaces sont en très forte demande et se vendent souvent à un prix élevé. L’entreprise devra également affronter des pénuries de main-d’œuvre et des employés qui réclament des augmentations de salaire et davantage d’avantages sociaux.

«Cela prend beaucoup de place et beaucoup de main-d’œuvre», a observé Mike Croza, fondateur et directeur général de Supply Chain Alliance, une entreprise de logistique à laquelle ont recours Walmart Canada, Canadian Tire et Lululemon.

«Shopify acquiert cela en sachant que ce n’est pas une tâche facile, mais si vous disposez du capital (nécessaire), d’une bonne équipe de gestionnaires et de bons plans, c’est possible de le faire. Cela n’a jamais été facile, mais c’est plus difficile aujourd’hui. »

Amazon complique également les choses, a-t-il noté. Peu d’entreprises ont la précision, la discipline et la sophistication d’Amazon, ce qui fait en sorte que tout rival doit égaler ses offres et innover d’une nouvelle manière pour se constituer une clientèle.

«C’est tout à fait faisable, mais ils devront être aussi agressifs qu’Amazon l’a été et avoir des poches profondes pour vous développer, prendre le contrôle de l’immobilier et embaucher en payant un peu plus les gens», a expliqué M. Croza.

Lorsque Shopify a annoncé son entreprise de traitement de commandes à la mi-2019, elle avait l’intention de dépenser environ 1 milliard $ au cours des cinq années suivantes.

Jusqu’à maintenant, Shopify a dépensé 117 M$ de ce montant, une partie des liquidités ayant couvert les pertes d’exploitation et les dépenses en immobilisations, a précisé la directrice financière Amy Shapero, lors de la même conférence téléphonique que Harley. Finkelstein.

 

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