Les épiciers canadiens se tournent vers des applications pour la livraison rapide

Publié le 23/06/2022 à 07:51

Les épiciers canadiens se tournent vers des applications pour la livraison rapide

Publié le 23/06/2022 à 07:51

Par La Presse Canadienne

Les grands épiciers s’allient avec des applications, comme Instacart ou DoorDash, afin d’embarquer dans le marché de la livraison rapide. (Photo: La Presse Canadienne)

La popularité de l’épicerie en ligne ne s’est pas estompée avec l’assouplissement des mesures sanitaires et la flambée de l’inflation. Après avoir investi des millions de dollars dans le déploiement de leur offre en ligne, les grands épiciers s’allient avec des applications, comme Instacart ou DoorDash, afin d’embarquer dans le marché de la livraison rapide.

Les épiciers canadiens sont en train de s’ajuster aux attentes des consommateurs, constate le directeur du Laboratoire de sciences analytiques en agroalimentaire de l’Université Dalhousie, Sylvain Charlebois. À travers le Canada, des entreprises technologiques offrent la livraison rapide. Il cite en exemple Ninja, dans la région de Toronto, mais d’autres entreprises offrent le service dans différentes régions du pays, comme Marché Goodfood ou l’application Cornershop. «On s’attend à ce que le marché virtuel prenne de l’expansion. On n’est pas surpris de voir les différentes bannières développer une stratégie virtuelle beaucoup plus agressive.»

Les principaux épiciers canadiens ont investi dans leur infrastructure de commerce en ligne. Dans la plupart des cas, ils offrent la livraison à domicile ou la collecte en magasin, à une plage horaire précise.

Les partenariats avec des applications de livraison permettent d’entrer dans le marché de plus en plus concurrentiel de la livraison rapide. Plus tôt en juin, Metro a annoncé que plus de 70 de ses magasins au Québec seraient présents sur la plateforme Instacart pour offrir la livraison «en aussi peu qu’une heure». L’entreprise américaine a aussi des partenariats avec Costco et Walmart au Québec.

En avril, le président et chef de la direction de Metro, Eric La Flèche, avait dit observer un intérêt de la part des consommateurs pour la livraison faite à l’intérieur d’une «courte fenêtre» de temps, lors d’une conférence avec les analystes. Il avait donné en exemple le partenariat avec Cornershop d’Uber, conclu en 2019, comme un élément permettant de répondre à la demande, en plus du propre service en ligne de Metro. «Nous croyons que nous pouvons répondre à la demande des consommateurs pour des livraisons plus immédiates.»

Loblaw, qui détient les enseignes Provigo et Maxi, a annoncé, mercredi, que des magasins dans la région de Montréal offriront le service de livraison par l’intermédiaire de DoorDash. À compter du mois d’août, Loblaw offrira la livraison dans un délai de 30 minutes dans le Grand Toronto et Vancouver, toujours par le biais de DoorDash. 

Recourir aux tierces parties est une manière de profiter de l’expertise complémentaire des applications de livraisons, croit Jordan LeBel, professeur titulaire en marketing alimentaire à l’Université Concordia. «La gestion de la livraison sur le dernier mille, ce n’est pas simple. Ça prend un savoir-faire.»

Pour les grands détaillants, la livraison rapide amène des «maux de tête» pour des entreprises dont l’expertise traditionnelle se situe du côté du commerce de détail physique, ajoute M. LeBel. La planification des trajets et le recrutement de la main-d’œuvre font partie des défis. «Alors, pourquoi ne pas le confier à quelqu’un qui est capable de le faire, qui en a fait sa spécialité?»

La conclusion de partenariats offre une certaine flexibilité aux épiciers tandis que l’ampleur du marché demeure inconnue. «Nous ne pouvons évaluer la taille de ce marché tant que nous n’y allons pas, a dit la vice-présidente de Loblaw Digital, Lauren Steinberg, au “Globe and Mail”. Nous croyons que si nous attendons trop longtemps, il sera trop tard. Il va y avoir un changement des habitudes de consommation à travers le temps.» Mme Steinberg n’était pas disponible pour une entrevue.

Si les clients sont moins craintifs à l’idée de se rendre à l’épicerie, l’engouement pour l’épicerie virtuelle ne s’est pas dissipé avec les assouplissements des mesures sanitaires, constate M. Charlebois. 

Au début du mois de juin, 21% des Canadiens avaient rapporté avoir fait au moins une commande d’épicerie en ligne au cours du dernier mois, selon un sondage de l’Université Dalhousie. Ce chiffre est légèrement inférieur aux 23% enregistrés en février, au sommet de la vague Omicron, mais demeure supérieur aux 17% enregistrés en novembre 2021.

L’adoption de l’épicerie en ligne devrait s’accélérer à mesure que s’améliore le service, prédit M. Charlebois. Il note que 39,1% des Canadiens croient qu’ils commanderont de la nourriture en ligne aux deux semaines d’ici 2025. «On voit que de plus en plus de Canadiens s’abonnent à ce genre de service là.»

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