Imprimerie Paragraph: consolider une industrie en pleine mutation

Publié le 07/12/2016 à 14:13

Imprimerie Paragraph: consolider une industrie en pleine mutation

Publié le 07/12/2016 à 14:13

Le président fondateur de Paragraph, Martin Lépine. (Photo: courtoisie)

Dans un monde dominé par le numérique, l’avenir de l’imprimerie semble plutôt sombre. Mais pour Martin Lépine, président fondateur de Paragraph, l’imprimerie ne disparaîtra pas de sitôt. Il en est tellement convaincu qu’il vient d’acheter un concurrent, Kayjon, pour un montant qu’il préfère ne pas dévoiler.

«C’est une imprimerie commerciale traditionnelle, un imprimeur haut de gamme de 45 ans d’existence, dit-il. Avec son acquisition, on ajoute du volume et on fait une percée plus rapide auprès de clients prestigieux dans les domaines pharmaceutiques et cosmétiques.»

Les ventes combinées des deux entreprises de l’arrondissement Saint-Laurent à Montréal atteignent 26 millions de dollars.

Dans quelques jours, les activités de Kayjon, certains de ses équipements et 35 de ses 50 employés seront transférés chez Paragraph qui voit ainsi son effectif grimper à 175 personnes. Les travailleurs qui conservent leur emploi proviennent de la production, des ventes et du service à la clientèle.

Le fait que Paragraph préserve des emplois a joué en sa faveur, selon Martin Lépine qui indique que d’autres acheteurs potentiels étaient sur les rangs.

«Les propriétaires de Kayjon souhaitaient que les activités se poursuivent. Mais ils devaient choisir entre investir des sommes importantes pour se diversifier dans le numérique ou vendre à une entreprise qui a déjà effectué cette transformation. Ils ont choisi de vendre.»

L’entrepreneur de 52 ans est catégorique: le statu quo n’est pas une option. «Les imprimeurs qui continuent à faire les choses comme avant vont disparaître.»

«Notre industrie est en consolidation et surtout, en transition, poursuit-il. L’ère est à la cohabitation multiplateforme.»

Paragraph, qui en est à sa cinquième acquisition depuis 2007, fait de toute évidence partie des imprimeries qui trouvent leur place dans ce nouvel environnement. D’ailleurs, son chiffre d’affaires annuel augmente en moyenne de 12 % par année, selon son président et actionnaire majoritaire.

La PME fondée en 1989 compte parmi sa clientèle des gros noms du commerce de détail, de la pharmaceutique, des cosmétiques, des services financiers et d’autres secteurs comme Desjardins, Costco, Lise Watier, Bombardier, Novartis, L’Oréal et Groupe Aldo. Elle fabrique des affiches, des présentoirs, des dépliants, des emballages, des formulaires, des brochures, des emballages, du matériel de publipostage, des livrets d’instructions, etc.

Se réinventer

L’avenir de l’imprimerie passe par une impression à plus petit tirage, ciblée et gouvernée par une gestion intelligente des bases de données, selon Martin Lépine. «Imprimer moins, mais imprimer mieux», résume-t-il.

Ce virage, Paragraph l’a amorcé il y a une décennie déjà. D’abord en investissant régulièrement en informatique, notamment 300 000$ dans un progiciel de gestion intégrée (ERP): «Ça handicape les résultats financiers à court terme, mais ça nous permet de bâtir pour le long terme», dit l’homme d’affaires.

Puis, en développant toute une gamme intégrée de services pour couvrir l’ensemble des communications de ses clients.

L’entreprise propose entre autres la gestion complète et personnalisée des documents, du graphisme à l’archivage du contenu, en passant par la programmation de données pour impression variable, la gestion de base de données, l’entreposage, la gestion de l’inventaire et la distribution.

«On offre à nos clients des outils en ligne pour commander les versions dont ils ont besoin au bon moment, dans la bonne quantité et au lieu voulu, explique l’homme d’affaires. On peut même livrer le matériel imprimé à plusieurs points de vente, par exemple.»

La conversion de documents imprimés en format numérique, l’intégration de codes QR et d’élément drive-2-web dans les imprimés, la création de publications virtuelles et même de sites web sont d’autres services offerts.

«L’idée, c’est de proposer une solution exhaustive de gestion des actifs marketing, qu’ils soient imprimés ou numériques, dit Martin Lépine. Le terme pour désigner ce qu’on est reste à inventer, mais on est beaucoup plus qu’une imprimerie qui met de l’encre sur du papier.»

À la une

En travail hybride? Faites gaffe aux «boys club»

RHÉVEIL-MATIN. Votre organisation doit faire l'effort d'inclure tous ses employés, même ceux qui travaillent à distance.

Le CÉLI de Catherine Poirier: ne pas flancher au pire moment

07:30 | Jean Décary

Si on fait un parallèle avec la fable de La Fontaine, Catherine Poirier est nettement plus fourmi que cigale.

Bourse: ce qui bouge sur les marchés avant l'ouverture jeudi

Mis à jour il y a 36 minutes | lesaffaires.com, AFP et Presse canadienne

Les marchés mondiaux sont en léger repli face au retour des craintes liées à Evergrande. Le bitcoin reprend son souffle.