Foodarom, ou les parfumeurs de l'industrie agroalimentaire

Publié le 23/05/2019 à 14:05

Foodarom, ou les parfumeurs de l'industrie agroalimentaire

Publié le 23/05/2019 à 14:05

Par Matthieu Charest

(Photo: courtoisie)

PME DE LA SEMAINE. Intangible, invisible, la griffe de cette entreprise se retrouve pourtant sans doute sur nos tablettes et à la maison. Foodarom redonne du goût aux aliments, des arômes de toutes sortes, de l’érable à la citrouille. Et son succès, lui, est très concret.

« C’est comme fabriquer un parfum, mais comestible, explique Pierre Miclette, PDG et cofondateur de Foodarom. Sous l’effet de la chaleur ou de la pasteurisation, et pour toutes sortes de raisons en fait, les aliments perdent de leur saveur. Nous sommes là pour redonner les arômes aux aliments, pour donner le “goût signature”. On peut masquer l’amertume, par exemple. »

Et cette parfumerie de l’agroalimentaire connaît un succès foudroyant. Fondée en 2007 par Pierre Miclette et John Murphy, la PME travaille aujourd’hui sur plus de 1 200 projets par année et son chiffre d’affaires dépasse les 40 millions de dollars.

En plus de son siège social québécois, Foodarom détient des laboratoires et des usines en Utah, en Italie, en Allemagne et en Californie. Par ailleurs, le gouvernement fédéral lui a confié un prêt de 220 000 $ pour s’étendre à l’international.

Miser sur l’éducation

La clé de son succès se déploie en deux axes. D’abord, l’entreprise a ciblé des marchés à forte croissance, et novateurs, où le manque d’aromaticiens se faisait sentir, comme l’Ouest américain. Puis, elle a développé une expertise dans des créneaux particuliers. En accompagnant ses clients du début d’un projet à la fin, la PME bâtit des solutions sur mesure pour que le produit goûte meilleur, tout simplement.

Accompagner ses clients et les consommateurs parce qu’il y a beaucoup de préjugés à déboulonner dans ce secteur, croit M. Miclette. « Les arômes artificiels soulèvent plusieurs questions, la science est mal comprise. Mais nous ne travaillons pas avec des trucs farfelus, nous travaillons avec des molécules approuvées. Que ce soit artificiel ou naturel, ça ne change rien ».

Par ailleurs, l’éducation est nécessaire puisqu’il n’y existe pas de vocabulaire universel pour décrire ce que l’on goûte, « ça prend au moins sept ans à un aromaticien pour distinguer entre 700 et 1 000 odeurs à l’aveugle », explique-t-il.

(Photo: courtoisie)

Et miser sur la patience

Outre le temps consacré à éduquer leurs clients et les consommateurs, la PME doit également faire preuve de patience et de ténacité dans le cadre des projets sur lesquels elle travaille. Un projet agroalimentaire, c’est très long à développer. Et si le cycle de développement, et de vente, est long, « ça arrive souvent, en plus, que surgissent des problèmes techniques, de mise en marché, ou que le projet soit tout simplement abandonné », raconte M. Miclette, d’où l’importance de travailler sur de nombreux projets à la fois.

Foodarom en quelques chiffres:

-Nombre d’employés : 135 (dont 95 au Québec)

-Chiffre d’affaires : plus de 40 M$

-Année de création : 2007

-Marchés desservis : Amérique du Nord et Europe

-Siège social : Longueuil

-Objectif pour la prochaine année : Maximiser l’utilisation des nouveaux sites afin de grandir à l’international

 

 

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