C2 Innovations: percer hors Québec à l'aide de l'infonuagique

Publié le 24/11/2016 à 09:00

C2 Innovations: percer hors Québec à l'aide de l'infonuagique

Publié le 24/11/2016 à 09:00

Mylène Bouchard et Stéphane Lauzière, de C2 Innovations. (Photo: courtoisie)

PME DE LA SEMAINE- Au Québec, C2 Innovations est bien connue. De gros noms, comme CGI, Garda, l’Industrielle Alliance et l’Université de Sherbrooke utilisent son logiciel de gestion de services. Grâce à un financement de 600 000 $ de Fondaction CSN et d’une stratégie web d’acquisition de clients, la PME de Boisbriand se déploie maintenant à l’extérieur de la province.

Stéphane Lauzière, un ancien programmeur informatique, a fondé C2 Innovations en 2008 après avoir acheté le logiciel d’une entreprise dont il avait déjà été actionnaire.

«Ce logiciel, c’était mon bébé. Il avait une bonne base de clients et générait des revenus récurrents grâce à des contrats de maintenance. Mais son potentiel n’était pas assez exploité.»

La plupart des départements d’une entreprise ont des clients, qu’ils soient externes ou internes. Un logiciel de gestion de services (service desk) sert de guichet unique pour acheminer les demandes de services, répartir et suivre les actions requises pour y répondre, automatiser les processus d’affaires, gérer les stocks, etc.

Depuis son rachat par Stéphane Lauzière et son associée, sa conjointe Mylène Bouchard, le produit phare de C2 Innovations, C2 Atom, a beaucoup évolué. Utilisé à l’origine surtout pour gérer des requêtes, il s’est enrichi de centaines de nouvelles fonctionnalités dont un catalogue de services et un portail libre-service.

Le couple a investi plus de deux millions de dollars dans sa réécriture complète. Ce processus s’est étalé sur quatre ans et a mené au lancement en 2015 d’une version infonuagique (ou SAAS pour Software as a Service) qui s’ajoute à la version traditionnelle qui est hébergée à l’interne chez les clients (de type On-Premise).

«C’est le marché qui dicte ça, dit M. Lauzière. Les éditeurs de solutions logicielles qui n’offrent pas l’infonuagique disparaîtront peut-être un jour, car c’est une tendance incontournable.» Avec ce modèle, les utilisateurs n’achètent plus une licence, mais un abonnement.

Le client typique de C2 Innovations a plus de 250 employés, mais l’homme d’affaires de 48 ans croit que cette nouveauté permettra de rejoindre les plus petites entreprises qui n’auront pas à investir une somme importante d’un coup.

Séduire en informant

Le prêt de 600 000$ accordé par Fondaction CSN vise d’ailleurs à financer la commercialisation aux États-Unis de la version infonuagique, plus accessible aux entreprises de toutes tailles.

«Pour une vraie belle croissance, il faut aller vers l’exportation», dit la président de la PME qui a fait partie de la cohorte 2015 de Passeport PME, le programme d’accompagnement à l’international de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain et de Québec International. En ce moment, 95% de ses revenus proviennent du Québec.

Pour ses débuts à l’exportation, son entreprise se concentre d’abord sur le Nord-Est américain. Mais contrairement au Québec, où son développement des affaires repose sur les contacts humains, sa stratégie pour les États-Unis se base sur le marketing entrant (inbound marketing).

Ce type de marketing web consiste à attirer les clients en leur proposant du contenu informatif et utile à l’aide des médias sociaux, de blogues, d’infolettres, de vidéos, de courriels. «Plutôt que d’imposer des publicités intrusives, l’entreprise bâtit une relation avec des clients jusqu’à ce qu’ils soient prêts à acheter», résume Gabrielle Bélanger, conseillère marketing numérique chez Globalia.

Cette tactique exige d’avoir identifié au préalable ses publics cibles et déterminé comment leur parler et par quels canaux. «Sans bonne planification, il n’y aura pas de bonne exécution», dit l’experte.

Il faut aussi analyser en continu l’accueil réservé aux diverses initiatives afin de rectifier le tir au besoin. «La beauté du web, c’est que tout se change et s’optimise rapidement», souligne Mme Bélanger qui suggère également de faire des tests en modifiant légèrement ses publications.

«On change un seul élément, par exemple une couleur, le titre, la disposition du texte, le ton employé, précise-t-elle. Sinon, il sera difficile de voir quel élément influence le résultat.»

C2 Innovations a embauché quelqu’un pour orchestrer et gérer sa campagne de marketing entrant. «En ce moment, on fait des tests, mais quand on trouvera ce qui marche le mieux, on étendra notre campagne à d’autres régions des États-Unis», dit M. Lauzière qui souligne que son logiciel se distingue de ses concurrents américains par la simplicité de son interface utilisateur.

Allo le monde

Le reste du Canada et l’Europe sont aussi sur le radar de C2. En Europe toutefois, elle pense implanter sa solution en passant par des revendeurs. Des discussions sont amorcées avec deux partenaires potentiels qui pourraient distribuer son logiciel sous leur propre nom.

«Ça les incitera à y mettre plus d’efforts, à s’investir davantage, estime M. Lauzière. On ne veut pas être un produit parmi d’autres.»

Par le passé, les tentatives d’exportation de la PME n’ont rien donné, entre autres parce qu’elle avait mal choisi ses partenaires et que l’ancienne version de son logiciel était moins complète et moins flexible. Mais aujourd’hui elle est mieux préparée et Stéphane Lauzière est convaincu que cette fois-ci sera la bonne.

«Après les États-Unis et l’Europe, pourquoi pas la Chine? Ma vision, c’est que C2 devienne internationale.»

C2 Innovations en quelques chiffres

Année de fondation : 2008

Nombre d’employés : 20

Chiffre d’affaires : 2 M$

Objectifs d’ici trois ans : Avoir une présence un peu partout aux États-Unis et en Europe.

 

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