Sociofinancement: devenir mécène 2.0

Offert par Les affaires plus


Édition de Juin 2015

Sociofinancement: devenir mécène 2.0

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Édition de Juin 2015

Par Didier Bert

Produire un film, fabriquer du savon aux huiles essentielles, aménager des potagers urbains... Les portails de sociofinancement permettent aux initiateurs de projets de toutes sortes de vous solliciter pour soutenir leurs initiatives. Et ce n’est pas qu’une question d’argent...

Comment ça marche...

Le sociofinancement, c’est la souscription populaire en mode 2.0. Les particuliers et les organisations à la recherche de fonds pour soutenir leurs projets trouvent désormais cet argent sur Internet... où les campagnes de sociofinancement remplacent le porte-à-porte. Désormais, les initiateurs de projets présentent leurs initiatives en détail sur les portails de sociofinancement tels que Kickstarter ou Haricot.ca, avec photos et vidéos à l’appui.

Ces promoteurs indiquent l’objectif financier de leur collecte, et en quoi ce montant les aidera à concrétiser leur projet. Une campagne de sociofinancement s’étend habituellement sur trois mois. Les porteurs de projet expliquent ce qu’ils feront concrètement de votre argent si vous contribuez, et quel sera votre engagement dans l’aventure. Ils peuvent même détailler ce qu’ils feront de plus s’ils réussissent à dépasser leur objectif de financement. Par exemple, un musicien qui souhaite lancer un album pourrait prévoir de tourner un clip vidéo avec l’argent supplémentaire.

Où va votre argent ?

Si vous acceptez de verser une contribution, ce montant peut être débité immédiatement ou lorsque l’objectif sera atteint. Cela dépend des options proposées par le portail de sociofinancement. Les montants récoltés ne sont habituellement versés au porteur de projet que s’il atteint son objectif de collecte. S’il n’y parvient pas, votre compte ne sera pas débité, ou vous serez remboursé.

Cependant, certains portails de sociofinancement acceptent de verser les fonds même si l’objectif n’est pas atteint, en particulier quand il s’agit de projets humanitaires. Cette option doit être clairement mise en avant dans la présentation du projet.

Mieux qu’une étude de marché

Pour le porteur de projet, le sociofinancement s’apparente à une étude de marché : il permet de mesurer l’intérêt du public pour son idée. Mieux : les internautes financent eux-mêmes la concrétisation du projet, soit par des dons, soit par des achats anticipés, soit par des prêts. Et puisque les contributeurs mettent de l’argent dans ces initiatives, il y a de fortes chances qu’ils en parlent autour d’eux, notamment sur les réseaux sociaux.

Le porteur de projet profite donc de la création d’une communauté d’intérêt autour de son idée. Un don, une contrepartie Vous pouvez soutenir un projet en donnant un montant d’argent. Habituellement, le bénéficiaire vous propose d’obtenir une contrepartie, dont la valeur varie selon l’importance de votre don. Si vous offrez quelques dollars, la contrepartie risque de demeurer symbolique, comme l’inscription de votre nom sur le site Web du bénéficiaire. Mais pour une contribution plus élevée, dans le cas d’un musicien par exemple, vous pourriez obtenir une copie de l’album ou encore assister à un concert.

Un achat anticipé

Cette contrepartie peut même prendre la forme d’un achat anticipé. C’est ce que proposent les innovateurs en haute technologie. Afin de commencer la production de leurs produits, ils organisent des campagnes de sociofinancement destinées à vendre d’avance leurs premiers exemplaires.

En achetant ces produits à l’avance, vous leur permettez d’atteindre plus rapidement la production à grande échelle de drones, de casques de réalité virtuelle ou de nouveaux modèles de tablettes numériques.

Pas d’intermédiaire ?

L’avantage principal du sociofinancement est de permettre aux porteurs de projets de solliciter du financement sans passer par les intermédiaires habituels: institutions financières, organismes de soutien à la création d’entreprises, etc. L’intérêt? Éviter l’élaboration fastidieuse de dossiers officiels présentés les uns après les autres aux différents interlocuteurs.

Cependant, les portails de sociofinancement restent des intermédiaires: ils jugent de la pertinence des projets soumis. Et ils prennent une commission sur les montants d’argent obtenus, généralement de 5 à 10%, mais seulement si l’objectif de la collecte est atteint ou dépassé.

Des règles différentes selon les plateformes

Des centaines de portails de sociofinancement cœxistent dans le monde. Certains sont des sites généralistes, d’autres sont spécialisés... Chacun d’entre eux dispose de ses propres règles de fonctionnement.

Kickstarter et Indiegogo sont les deux poids lourds du secteur. Kickstarter a récolté un milliard de dollars en cinq ans, finançant ainsi 57 000 des 136 000 projets présentés. L’entreprise américaine conserve 5% des montants recueillis, ce qui représente près de 50 millions de dollars depuis sa création en 2009. Au Québec, Haricot.ca regroupe plus de 7 000 membres qui ont financé 127 projets, pour un montant total de 252 000 dollars depuis son lancement en 2011.

LaRucheQuebec.com a permis la réalisation de 33 projets au cours de sa première année d’activité, grâce aux contributions de 3 500 internautes, recueillant un montant de 265 000 dollars. Ce portail offre l’accompagnement des porteurs de projet par des bénévoles expérimentés en entrepreneuriat dans la région de Québec.

En Europe, Touscoprod est une plateforme régionale spécialisée dans le financement de films, qui a permis à Xavier Dolan de boucler le budget de Laurence Anyways. Un espace pour la fraude Le risque principal que court le contributeur est que son argent serve à d’autres fins que celles qui étaient prévues initialement. Rien n’empêche le bénéficiaire des sommes reçues de gaspiller l’argent qu’il reçoit.

C’est en étudiant le projet sur le portail de sociofinancement que vous pourrez vous faire une idée à ce sujet... mais c’est avant tout une question de confiance. Certains solliciteurs sont de vrais fraudeurs, souvent établis à l’étranger. Ils créent un projet fictif, puis récupèrent l’argent amassé et de se le font envoyer dans un compte étranger. Là encore, le contributeur devrait se renseigner quant au sérieux du projet, en étudiant la pré- sentation sur le portail et en effectuant quelques recherches complémentaires.

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