Regain commercial pour le Canada

Publié le 28/11/2014 à 10:40

Depuis la création de l’Indice de confiance commerciale HSBC en 2010, plus de firmes canadiennes que jamais s’attendent à voir augmenter le volume des échanges commerciaux avec les autres pays. Cela suit la tendance mondiale puisqu’on note le même optimisme au Brésil, en Chine, aux États-Unis et au Mexique.

Les Canadiens profitent de la reprise économique aux États-Unis, leur principal partenaire économique. Ils sont également bien placés vis-à-vis des pays émergents, en particulier la Chine et l’Indonésie, où la croissance annuelle des exportations canadiennes dépassera les 10 % jusqu’en 2030.

À ce titre, les entreprises canadiennes gagneraient à mieux intégrer les chaînes d’approvisionnement des exportateurs américains. C’est que la part de la Chine dans les exportations américaines est passée de 1 à 7 % en dix ans, et que cette part devrait encore doubler d’ici 2030 !

Comme le dit Simon Cooper, directeur général des activités banque d’affaires de HSBC : « Les entreprises ne peuvent pas faire une fixation sur les risques géopolitiques et les fluctuations du commerce au risque de remettre en question leur planification commerciale. Les conditions ont été difficiles depuis quelques années, mais les perspectives à moyen et à long terme se sont améliorées de façon notable. Elles seront meilleures pour les entreprises qui se sont positionnées pour profiter de la reprise dans les pays développés et les marchés émergents. »

 

Le défi de la technologie

Néanmoins, le Canada a une forte côte à remonter. Outre l’éloignement des marchés émergents, ses gains de productivité sont faibles en raison des carences d’investissements technologiques. La technologie est essentielle, d’abord au maintien et à l’amélioration du niveau de vie, ensuite parce qu’elle suscite l’investissement et le développement économique.

Or, en matière d’importance des investissements en recherche-développement, le Canada figure seulement à l’avant-dernier rang parmi les pays du G7, alors que les entreprises américaines investissent le double. Cela n’est pas étranger au fait que le niveau des crédits d’impôt canadiens à la recherche est seulement le tiers de ceux des Américains. Cet écart pourrait encore s’accroître si le Canada ne fait rien et si les Américains décident de rattraper les Coréens et les Japonais, qui sont clairement les leaders en la matière, au même titre que les Finlandais, les Suédois et les Suisses.

Cet enjeu sera crucial pour le Canada, comme le laissait entendre James Emmett, Global Head of Trade and Receivables Finance (responsable international du financement commercial et des comptes débiteurs) d'HSBC : « Les entreprises doivent chercher à mieux profiter des opportunités de commerce dans un marché en forte croissance, particulièrement dans les pays émergents. Les investissements en recherche-développement sont une des solutions. Grâce à eux, les entreprises des pays émergents pourront se hisser dans l’échelle globale de la création de valeurs. Les pays développés, s’ils veulent rester concurrentiels, devront augmentent leurs investissements en R-D ».

C’est là où le bât blesse pour les entreprises canadiennes. Le secteur de la haute technologie au Canada est en forte baisse depuis l’éclatement de la bulle technologique de 2000. Les entreprises canadiennes doivent surmonter une foule d’obstacles institutionnels. Moins de sociétés canadiennes se sont inscrites en Bourse. Les investisseurs s’intéressaient davantage aux titres d’entreprises exploitant des mines et autres matières premières. Et nombre de petites entreprises parmi les plus prometteuses ont été acquises par des intérêts étrangers.

On perçoit néanmoins un changement. Depuis la baisse des prix des matières premières, l’indice Technologies de l’information S&P/TSX a affiché la meilleure performance boursière parmi tous les indices de la Bourse de Toronto. Autre signe d’évolution : la croissance des importations canadiennes de produits de haute technologie passera de 5 à 7 % entre 2013 et 2030, ce qui devrait contribuer à augmenter la productivité canadienne en introduisant davantage de technologie dans les procédés de production.

C’est une partie du secret des Américains et des Mexicains. Même si, parmi les exportateurs de haute technologie, les États-Unis se classeront troisièmes pour encore 20 ans, ils continueront également d’importer fortement, au point de se classer actuellement au deuxième rang parmi les importateurs.

Un autre partenaire important du Canada, le Mexique, fait des pas de géant. Grâce à ses très concurrentielles maquiladoras, les produits technologiques représenteront 15 % de la hausse des exportations mexicaines (le double du Canada) pour les 20 prochaines années. En raison de la croissance rapide de la classe moyenne mexicaine et du rattrapage économique de ce pays, la technologie comptera pour plus de 25 % des importations mexicaines – presque quatre fois plus qu’au Canada.

Il ne fait aucun doute que le monde change, mais les Canadiens, qui jouissent d’une économie diversifiée et d’un très haut niveau d’éducation, sont en mesure de relever le défi et d’imiter la recette des Mexicains et surtout des Américains.

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