Trois questions à: Guillaume Langlois, président fondateur de Space&Dream et coprésident de la campagne Prospérité Québec du Conseil du patronat du Québec


Édition du 02 Mai 2015

Trois questions à: Guillaume Langlois, président fondateur de Space&Dream et coprésident de la campagne Prospérité Québec du Conseil du patronat du Québec


Édition du 02 Mai 2015

Par Matthieu Charest

Guillaume Langlois, président fondateur de Space&Dream et coprésident de la campagne Prospérité Québec du Conseil du patronat du Québec.

Les Affaires - M. Langlois, vous êtes vous-même un jeune entrepreneur ; quelle est votre perception de la jeunesse québécoise et de son goût d'entreprendre ?

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Guillaume Langlois - C'est certain que la tentation d'entreprendre s'accroît, notamment au sein de la génération Y. Je le vois, je le sens sur le terrain. J'ai 35 ans, et plusieurs de mes employés sont dans la vingtaine : je le constate tous les jours. Ça brasse. Les jeunes défoncent des portes, ils sont passionnés. On part de loin au Québec, mais ça tend à prendre racine.

La réalité, aujourd'hui, c'est que ce n'est pas anémique, pas apathique, il y a bel et bien un regain de l'entrepreneuriat.

À Montréal, dans «le fer à cheval de la ligne orange» [zone délimitée par le métro, qui comprend notamment le Mile-End], il y a un mouvement collectif. Ce sont des gangs, des groupes de jeunes qui se connaissent, qui s'entraident et qui bâtissent une petite Silicon Valley où l'on enlève les vestons et où l'on échange. Quand on entre dans ces groupes-là, on est un peu le «tit cul», mais c'est parfait, on est poussé par les pairs, par l'émulation.

L.A. - Et malgré ce buzz, quels sont nos défis ? Que doit-on faire pour transformer cette effervescence en action ?

G.L. - Dans 10 ou 15 ans, le cliché instantané de la situation sera complètement différent. D'ici là, c'est sûr qu'on pourrait améliorer notre productivité et notre efficacité. C'est peut-être culturel. Mais innovation n'égale pas productivité. Au Québec, l'innovation, c'est dans notre ADN. Nous ne manquons pas de bonnes idées, mais nous ne sommes pas productifs.

Il nous faut aussi des exemples démocratisés, que l'entrepreneur, le créateur de richesse, soit accessible au public. Star Académie et La Voix, par exemple, ont stimulé la chanson. Nous sommes connus pour être des saltimbanques. Il est temps de braquer les projecteurs sur les entrepreneurs. Il n'y a rien de mal avec les arts, c'est parfait d'encourager les chanteurs ; mais les entrepreneurs, eux, créent de l'emploi, ils paient du monde.

Ce qui manque aussi, c'est l'éducation. Il faut ajouter des cours d'anglais, de démarrage d'entreprise et de gestion des finances dans nos écoles. C'est complètement insensé, surtout en région, qu'on ne parle pas anglais !

L.A. - Devrions-nous prendre exemple sur d'autres cultures ?

G.L. - Il faut absolument stimuler la collaboration entre les «deux solitudes», les anglophones et les francophones séparés par la montagne [le mont Royal]. On ne se bat plus contre les Anglais et on veut tous rester ici : «Why don't we all make love !» Il faut jeter un pont entre nos cultures. Le sens du sacrifice et de l'abnégation, ce ne sont pas des traits culturels québécois. Le sens du devoir, c'est anglo-saxon. Nous avons beaucoup à apprendre, et inversement.

Et les allophones... Pour ma part, je vois trop de chauffeurs de taxi qui ont un doctorat. On met la barre très haut pour accueillir les immigrants, et après, on les relègue à l'arrière. Il faut revoir la façon de reconnaître les acquis.

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