Maureen Sabia, présidente du conseil de Canadian Tire

Publié le 01/02/2009 à 00:00

Maureen Sabia, présidente du conseil de Canadian Tire

Publié le 01/02/2009 à 00:00

Maureen Sabia compte plus d'une vingtaine d'années d'expérience à titre d'administratrice. Avant de diriger le conseil de Canadian Tire, elle a présidé le comité de vérification. Avocate de formation, elle a été présidente du conseil d'Exportation et développement Canada (EDC). Elle a également siégé aux conseils de Gulf Canada Resources, d'Hollinger et de la Laurentienne générale, Compagnie d'Assurance.

Q. Comment se déroulaient les réunions du conseil, il y a 20 ans ?

R. Lorsque j'ai commencé à siéger à des conseils d'administration, la direction contrôlait tout. Elle choisissait les administrateurs et déterminait les questions dont nous devions débattre. Au début des années 1990, nous sommes passés à une seconde phase, celle de l'indépendance des conseils. Plusieurs rapports d'experts, tant en Amérique du Nord qu'en Europe, ont entraîné l'adoption de nouvelles règles. Ainsi, le comité de vérification est devenu indépendant. On a également insisté sur le fait que les administrateurs indépendants devaient former une majorité au sein du conseil.

Q. Quel modèle souhaitez-vous pour l'avenir ?

R. Nous devons viser une relation d'interdépendance entre le conseil et la direction. La phase d'indépendance qui a précédé était essentielle pour évoluer vers cette nouvelle relation. Les règles ne suffisent pas en soi pour que les conseils et les sociétés soient efficaces. Il faut des administrateurs et des dirigeants talentueux qui travaillent ensemble. Nous devrons créer un contexte où ces deux groupes indépendants échangent l'information librement et de manière franche.

Q. Vous prônez l'interdépendance du conseil et de la direction. Comment se manifeste-t-elle chez Canadian Tire ?

R. Le conseil ne gère pas l'entreprise. Toutefois, nous nous efforçons de créer une bonne relation entre les administrateurs et la direction, et entre les administrateurs eux-mêmes. Nous croyons que cette relation nous permet d'assumer plus efficacement notre responsabilité conjointe envers les actionnaires. Les administrateurs de Canadian Tire sont prêts à fournir les efforts nécessaires pour acquérir une très bonne connaissance du fonctionnement de l'entreprise. Des rencontres sont organisées régulièrement avec les décideurs clés de l'organisation.

Q. À quoi ressemble le lien entre les administrateurs ?

R. Il revient au président du conseil de faciliter le développement de ce lien. Notre conseil se réunit environ 12 fois par an. Un repas a lieu avant chaque réunion, ce qui nous permet de faire connaissance de façon plus informelle. Nous en profitons aussi pour inviter des membres de la direction. Nous invitons parfois des experts externes qui nous donnent une présentation sur un sujet d'intérêt pour le conseil. Par exemple, cela peut porter sur la conjoncture économique ou sur l'évolution des marchés de la consommation. En tant que présidente du conseil, je garde contact avec chacun des administrateurs entre les réunions du conseil. Il est rare qu'un mois s'écoule sans que j'aie communiqué avec tous les membres du conseil pour une question ou pour une autre. Cette démarche semble leur plaire. Cela nous permet d'avoir des réunions plus efficaces.

Q. Quelle devrait être l'interaction entre le conseil et le PDG ?

R. La plus grande responsabilité du conseil est justement le recrutement du président et chef de la direction, la détermination de sa rémunération et le suivi de son travail. Chez Canadian Tire, nous disons à notre chef de la direction : utilisez davantage les administrateurs, demandez-leur conseil, partagez avec eux vos préoccupations. Nous croyons qu'à notre époque, un PDG qui veut faire cavalier seul ne survivra pas longtemps. D'ailleurs, mon bureau est situé directement en face de celui du président. Je sais que cela déplairait à certains PDG !

Q. Comment se passe votre relation avec le PDG de Canadian Tire ?

R. Presque chaque jour, nous avons un court échange sur un sujet qui nous préoccupe l'un ou l'autre. Nous respectons chacun le rôle de l'autre tout en nous abstenant de franchir certaines frontières. Le PDG gère l'entreprise, moi non. Cela fait que le chef de la direction est bien conscient de la responsabilité du conseil. Nous avons des discussions très intéressantes sur l'opinion éventuelle que le conseil pourrait avoir sur différents sujets. En nous parlant presque quotidiennement, je pense que nous créons un contexte favorable à une bonne prise de décision.

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