Deux frères détecteurs d'occasions

Publié le 19/11/2010 à 15:42, mis à jour le 19/11/2010 à 13:15

Deux frères détecteurs d'occasions

Publié le 19/11/2010 à 15:42, mis à jour le 19/11/2010 à 13:15

Par Didier Bert

Fatigué de voir sa cabane à sucre cambriolée pendant les périodes creuses, Jean-Guy Laroche demande à son neveu Yan Gagnon, qui étudie en ingénierie, de l'aider à trouver une solution qui mettra fin au manège des intrus. La difficulté ? Il n'y a pas d'électricité dans cette partie de la forêt des Bois-Francs.

Le jeune homme développe un détecteur de mouvement à piles qui prend des photos. Il installe le tout dans une boîte étanche à l'eau. " C'était un système très rustique ! " se rappelle Sébastien Gagnon, le frère de l'inventeur.

Rapidement, un premier voleur est identifié. L'oncle est si emballé qu'il encourage son neveu à exploiter cette trouvaille, lui disant qu'il y a sûrement plusieurs propriétaires de chalet qui se font cambrioler pendant leur absence. Yan Gagnon se laisse convaincre et persuade Sébastien, qui étudie en actuariat et en administration, de se joindre à lui dans l'aventure du détecteur de mouvement à piles.

Les deux entrepreneurs, âgés respectivement de 23 et 22 ans à l'époque, décrochent deux bourses offertes par l'école où ils étudient : 10 000 $ du Centre de l'entrepreneurship technologique de l'École de technologie supérieure de Montréal (ÉTS) et 2 000 $ de l'UQAM. GG Telecom voit le jour en 2004 à Victoriaville, la région natale des jeunes hommes.

Les frères assurent eux-même la production et le démarchage des magasins de sécurité. Ils décident de poursuivre leur formation le soir pour pouvoir travailler le jour et les fins de semaine.

Un salon rentable

GG Telecom connaît son premier vrai succès au Salon Chalets et Maisons de campagne de Montréal. Arrivés avec 30 détecteurs en stock, les frères Gagnon repartent avec un carnet de commandes garni. " Les clients nous payaient même une partie à l'avance ", se rappelle Sébastien Gagnon.

Les jeunes entrepreneurs ont besoin d'emprunter 100 000 $ pour faire progresser leur affaire, mais leur banque refuse de s'engager. " Personne ne voulait nous prêter. On avait seulement nos prêts et bourses ", raconte Sébastien Gagnon, devenu vice-président de GG Telecom. Finalement, la Banque de développement du Canada (BDC) leur prête 50 000 $... à près de 12%!

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