Avaler Wyeth ne soignera pas tous les maux de la pharmaceutique Pfizer

Publié le 07/02/2009 à 00:00

Avaler Wyeth ne soignera pas tous les maux de la pharmaceutique Pfizer

Publié le 07/02/2009 à 00:00

Quand Jeffrey Kindler a pris la présidence du conseil de Pfizer il y a deux ans, plusieurs y ont vu l'espoir d'une nouvelle ère pour le géant pharmaceutique américain. Contrairement à ses prédécesseurs, pour la plupart des technocrates issus des rangs de l'organisation, M. Kindler était un avocat affable ayant fait ses classes ailleurs. Les actionnaires espéraient que, plutôt que de tenter d'avaler ses rivales dans une insatiable quête d'expansion, il ferait subir à l'entreprise une cure minceur en prévision de la radicale baisse de revenus qui suivra l'expiration du brevet sur le Lipitor. En 2011, ce médicament contre l'hypercholestérolémie, qui a rapporté près de 12 milliards de dollars américains (G$ US) à Pfizer l'an dernier, ne sera plus protégé par un brevet aux États-Unis. Et d'ici 2013, des produits représentant 38 % des recettes actuelles de Pfizer seront soumis à la concurrence de médicaments génériques.

Mais il semble que ce soit Pfizer qui ait réussi à dompter le petit nouveau, et pas l'inverse. Le 26 janvier, M. Kindler a annoncé que sa société s'apprêtait à faire l'une des plus grosses acquisitions de l'industrie à ce jour en achetant Wyeth, une rivale américaine de moyenne envergure, pour la somme de 68 G$ US. La transaction sera financée grâce à une combinaison de numéraire, d'actions et de titres de dette bancaire à moyen terme.

Des économies escomptées de 4 milliards

La réaction des marchés financiers n'a pas été tendre. À l'annonce de la transaction, le titre de Pfizer a perdu près d'un dixième de sa valeur pour ensuite remonter un peu. Les agences de notation Moody's et Standard & Poor's ont depuis l'entreprise à l'oeil et pourraient abaisser sa cote de crédit. M. Kindler n'a pas aidé sa cause en affirmant que le financement de cet achat se traduirait par une forte réduction du dividende versé aux actionnaires; pas plus qu'il ne l'a fait en tentant de faire oublier par cette transaction les 2,3 G$ US liés au règlement d'un contentieux au terme d'une enquête judiciaire portant sur de présumées entorses aux règles de mise en marché d'un analgésique.

Alors pourquoi M. Kindler a-t-il accepté de plonger ? L'une des raisons, a-t-il dit, est que la fusion des deux sociétés lui permettra de générer des économies de 4 G$ US. Les synergies annoncées se sont rarement matérialisées lors des dernières fusions dans l'industrie pharmaceutique, mais cette fois, Pfizer semble vouloir s'y mettre sérieusement, puisqu'elle prévoit la suppression de près de 20 000 postes.

L'autre avantage de la transaction, a également soutenu M. Kindler, est qu'elle offre à Pfizer l'occasion de diversifier ses sources de revenus grâce aux produits de grande consommation et aux produits de soins de santé animale de Wyeth. Mais cela donne aussi à penser que Pfizer a commis une erreur en vendant, il y a deux ans, sa division des produits de grande consommation à sa rivale Johnson & Johnson.

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