Faire bouillir l'eau d'érable grâce à la vapeur


Édition du 01 Février 2014

Faire bouillir l'eau d'érable grâce à la vapeur


Édition du 01 Février 2014

Photo: Shutterstock

Il faut normalement un litre de mazout pour produire un litre de sirop d'érable. Toutefois, Tôle Inox et Solutions Novika veulent renverser la vapeur avec un évaporateur qui consomme de 15 à 20 fois moins d'énergie.

Le système mis au point récupère la vapeur qui découle de la production de sirop. «Normalement, toute la vapeur produite est rejetée à l'extérieur. C'est une perte d'énergie immense», dit Jocelyn Caux, chargé de projets chez Solutions Novika, un centre collégial de transfert de technologie qui a travaillé avec l'entreprise Tôle Inox à l'élaboration du système.

Une fois récupérée, la vapeur est transformée en eau liquide bouillante. Celle-ci est alors réinjectée dans un circuit semi-fermé qui permet, dans un premier temps, de faire bouillir l'eau d'érable et, dans un deuxième temps, de préchauffer l'eau qui arrive de l'extérieur (sa température gravite autour de 5 C).

Simple ? Moins qu'il y paraît, car derrière ce procédé résident de nombreux systèmes thermodynamiques de régulation. «Avec ce système, on n'a plus besoin de consommer de mazout, de bois ou de granules», dit Jocelyn Caux. Un élément électrique préchauffe l'eau d'érable et permet la production des premières vapeurs. «Par la suite, un moteur électrique fait fonctionner le reste du système.»

L'évaporateur, baptisé ÉCOVAP, pourrait révolutionner l'acériculture. «L'impact sur l'industrie pourrait être comparable à l'utilisation de l'osmose inversée.» Ce procédé concentre le sucre de l'eau d'érable, permettant de limiter l'énergie consommée en phase d'évaporation. L'eau d'érable contient 3 % de Brix (B, unité de mesure du sucre dans un liquide) ; l'osmose permet d'atteindre près de 10 % de Brix ; l'évaporation fait monter le taux de sucre à 66 B. «On peut alors considérer que c'est du sirop d'érable», dit-il.

Dix ans de recherche

L'ÉCOVAP est l'aboutissement de 10 ans de recherche. En 2004, le physicien et professeur au Cégep de La Pocatière, Michel Bochud, et David Bédard, chargé de projet chez Tôle Inox, décident d'explorer diverses avenues pour récupérer l'énergie de la vapeur. Après cinq ans, ils jettent les bases du système actuel. En 2012, un prototype est finalement installé chez un acériculteur.

Les résultats sont concluants et, au printemps dernier, huit producteurs québécois et trois producteurs néo-brunswickois se sont portés acquéreurs de ces évaporateurs. «Autant d'acériculteurs se montrent intéressés pour le printemps qui s'en vient», estime-t-il. La valeur de l'évaporateur varie de 50 000 à 100 000 $, «soit environ le double des évaporateurs normaux».

Les acériculteurs québécois fournissent 71 % de la production mondiale. L'an dernier, le Québec comptait plus de 13 500 acériculteurs. Toutefois, l'industrie québécoise du sirop d'érable est composée pour la vaste majorité de petits exploitants. Seulement 12 % des producteurs exploitent plus de 10 000 entailles, et près de 1 % exploite plus de 30 000 entailles, selon la Fédération des producteurs acéricoles du Québec.

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