L’ex-animateur Éric Salvail a été acquitté de tous les chefs d’accusation

Publié le 18/12/2020 à 18:05, mis à jour le 18/12/2020 à 18:14

L’ex-animateur Éric Salvail a été acquitté de tous les chefs d’accusation

Publié le 18/12/2020 à 18:05, mis à jour le 18/12/2020 à 18:14

Par La Presse Canadienne
Éric Salvail

Le juge s’est dit convaincu qu’Éric Salvail « adopte un comportement qui rend mal à l’aise, trouble ou perturbe le plaignant de façon suffisante pour qu’il se confie à sa supérieure et à ses amis ». (Photo: courtoisie)

L’ex-animateur Éric Salvail a été acquitté de tous les chefs d’accusation portés contre lui, soit agression sexuelle, séquestration et harcèlement criminel. 

La crédibilité des témoins a été l’élément clé de ce procès criminel. 

Si le juge Alexandre Dalmau de la Cour du Québec n’a pas cru Éric Salvail, il a aussi exprimé de sérieuses réserves sur le témoignage du plaignant Donald Duguay. 

Le magistrat a dit ne pas trop savoir quoi croire dans la version qu’il a racontée. 

Donald Duguay a témoigné qu’Éric Salvail l’a séquestré et agressé sexuellement dans une salle de bains de Radio-Canada, après plusieurs mois d’avances, de commentaires sexuels et d’attouchements inappropriés sur les lieux de travail, au cours de l’année 1993. 

Selon le juge Dalmau, peu de choses permettent de distinguer le vrai du faux dans la version du plaignant, ajoutant même que M. Duguay « prend de sérieuses libertés avec la vérité » et qu’il fabrique peut-être même des portions de son témoignage. 

Et que même si cela n’est pas le cas, poursuit-il, la fiabilité et la crédibilité de son témoignage en sont quand même grandement affectées. 

Face à cette situation, il a tranché que la culpabilité d’Éric Salvail n’a pas été prouvée hors de tout doute raisonnable. 

L’homme de 51 ans a donc été acquitté, après que le jugement de 49 pages eut été lu dans une salle de cour du palais de justice de Montréal, en présence d’Éric Salvail. 

Mais il s’en trouve tout de même écorché: le juge s’est dit convaincu qu’Éric Salvail « adopte un comportement qui rend mal à l’aise, trouble ou perturbe le plaignant de façon suffisante pour qu’il se confie à sa supérieure et à ses amis ». 

« Il est probable que le comportement de l’accusé constitue une certaine forme de harcèlement », écrit le juge. Sauf qu’il n’a pas assez confiance dans le témoignage du plaignant pour lui permettre de condamner Éric Salvail: un doute raisonnable subsiste, poursuit-il. Pour cette même raison, il ne peut le trouver coupable sur les deux autres chefs non plus. 

Éric Salvail a quitté la salle de Cour sans s’adresser aux journalistes. Un homme l’attendait à proximité des escaliers et lui a crié une insulte avant de se faire escorter par la sécurité. 

La procureure de la Couronne, Me Amélie Rivard, estime qu’il est trop pour dire si elle fera appel de cette décision. Mais qu’après une première écoute, la décision lui semble être bien fondée en droit, avec une analyse factuelle détaillée. 

Après deux dossiers très médiatisés cette semaine (celui de Gilbert Rozon, en plus de celui-ci), qui se sont soldés par un acquittement, Me Rivard dit espérer de tout cœur que cela ne découragera pas les victimes à porter plainte. Elle rappelle que des agresseurs sont fréquemment condamnés, et que d’autres plaident coupables.

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