L'inflation ralentit à 7,6 % en juillet avec la chute des prix de l'essence

Publié le 16/08/2022 à 08:30, mis à jour le 16/08/2022 à 18:15

L'inflation ralentit à 7,6 % en juillet avec la chute des prix de l'essence

Publié le 16/08/2022 à 08:30, mis à jour le 16/08/2022 à 18:15

(Photo: La Presse Canadienne)

Ottawa — Le taux d’inflation sur douze mois du Canada a ralenti pour s’établir à 7,6% en juillet, le relâchement étant largement attribuable à une baisse des prix de l’essence par rapport au mois précédent.

Il s’agit d’une diminution par rapport à juin, alors que l’Indice des prix à la consommation (IPC) avait augmenté de 8,1% sur douze mois, mais les économistes s’attendaient à ce que l’inflation ait ralenti depuis.

Le mois de juillet a enregistré les plus faibles gains mensuels depuis décembre 2021, indique Statistique Canada, mardi.

Le mois marque également la première baisse du taux d’inflation directeur depuis juin 2020.

L’agence fédérale précise que les prix de l’essence ont augmenté de 35,6% en juillet par rapport au même mois un an plus tôt, comparativement à l’énorme gain de 54,6% de juin.

La pression à la baisse sur les prix à la pompe était due à une combinaison de facteurs, notamment les préoccupations persistantes liées au ralentissement de l’économie mondiale, l’augmentation des restrictions de santé publique liées à la COVID-19 en Chine et le ralentissement de la demande d’essence aux États-Unis, selon Statistique Canada.

Alors que les prix de l’essence ont baissé, les prix des aliments dans les épiceries ont augmenté au rythme le plus rapide depuis août 1981, avec des prix en hausse de 9,9% sur douze mois, comparativement à 9,4% le mois précédent.

Malgré la baisse des prix de l’essence, l’«omniprésence» de l’inflation dans l’économie signifie qu’il reste encore du chemin à parcourir avant que la pression sur les finances des Canadiens ne diminue considérablement, explique Tu Nguyen, économiste au cabinet d’expertise comptable et de conseil RSM Canada.

«Il faudra un certain temps avant que les ménages puissent pousser un soupir de soulagement. La croissance des salaires continue d’être en retard sur l’inflation, ce qui entraîne une perte de pouvoir d’achat pour les ménages», ajoute Mme Nguyen dans une note.

Le salaire horaire moyen est en hausse de 5,2% en juillet par rapport à il y a un an.

Les produits de boulangerie ont augmenté de 13,6% depuis l’an dernier en raison de la hausse des coûts des intrants alors que l’invasion russe de l’Ukraine continue d’exercer une pression à la hausse sur les prix du blé. Les prix des autres produits alimentaires ont également augmenté plus rapidement, notamment les œufs, en hausse de 15,8%, et les fruits frais, en hausse de 11,7% depuis l’an dernier.

Alors que les coûts hypothécaires augmentent avec la hausse des taux d’intérêt, le rapport note que les prix des loyers s’accélèrent, augmentant plus rapidement en juillet que le mois précédent.

Étant donné que davantage de Canadiens voyagent pendant la haute saison estivale, les tarifs aériens ont augmenté d’environ 25% en juillet par rapport au mois précédent. Les prix de l’hébergement pour voyageurs ont augmenté de près de 50% depuis un an, les hausses de prix les plus importantes ayant été enregistrées en Ontario.

Sur douze mois, la croissance des prix en juillet a été inférieure à celle enregistrée en juin dans huit des dix provinces du Canada. Au Québec, l’IPC a progressé en un an de 7,3% en juillet, comparativement à 8,0% au Nouveau-Brunswick, 8,7% en Nouvelle-Écosse et 9,5% à l’Île-du-Prince-Édouard.

Alors que les pays du monde entier luttent contre la flambée des prix, certains signes indiquent que l’inflation commence à s’atténuer, les États-Unis voyant également leur taux d’inflation baisser en juillet.

Pourtant, l’inflation est bien supérieure à la cible de 2% de la Banque du Canada.

Le gouverneur de la Banque du Canada, Tiff Macklem, a fait valoir ce point dans un éditorial publié par le National Post mardi, affirmant que l’inflation «reste beaucoup trop élevée» et soulignant le rôle de la banque centrale dans la réduction de l’inflation.

M. Macklem a souligné qu’il était conscient que des taux d’intérêt plus élevés aggravent les difficultés financières des Canadiens, mais que l’augmentation des coûts d’emprunt est le meilleur moyen de freiner la hausse du coût de la vie.

«C’est en augmentant le coût des emprunts à court terme que l’on fera baisser l’inflation à long terme. Ce sera finalement mieux pour tout le monde, car une inflation élevée nous fait du mal à tous. Elle ronge notre pouvoir d’achat et rend difficile la planification de nos dépenses et de notre épargne», précise M. Macklem.

La Banque du Canada espère qu’une série de hausses des taux d’intérêt freinera suffisamment la demande dans l’économie pour ralentir le rythme des hausses de prix.

«Il faut que les taux plus élevés et l’inflation poussent les gens à ralentir leurs habitudes de dépenses, ce qui, en fait, ne s’est pas produit à ce point», a expliqué l’économiste en chef de la TD, Beata Caranci, notant que les dépenses de consommation au Canada ont augmenté à un rythme plus rapide qu’aux États-Unis au cours du premier semestre de l’année.

Mme Caranci a précisé que la banque centrale accordait une plus grande attention aux mesures de base de l’inflation, qui sont moins volatiles que le chiffre global — et qui sont restées relativement inchangées depuis juin.

Les économistes s’attendent largement à ce que la Banque du Canada relève son taux directeur de trois quarts de point de pourcentage le 7 septembre.

Quoi que la banque centrale envisage de faire, Trevor Tombe, professeur d’économie à l’Université de Calgary, a dit qu’il était peu probable que les dernières données sur l’inflation modifient ses plans, notant qu’il y a un décalage entre les décisions en matière de taux d’intérêt et leur impact sur l’économie.

«Ils ne vont pas accélérer ou ralentir leurs plans, juste sur la base de ce que nous voyons dans ce rapport, souligne M. Tombe. Il est important de se rappeler que la politique monétaire met beaucoup de temps à faire son chemin [dans l’économie].»

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