Hopper licencie 250 employés, seulement une vingtaine sont à Montréal

Publié le 04/10/2023 à 15:22

Hopper licencie 250 employés, seulement une vingtaine sont à Montréal

Publié le 04/10/2023 à 15:22

Par La Presse Canadienne

Malgré les mises à pied, Hopper continue à porter sa «pleine attention» sur l’établissement d’une offre hôtelière directe, a indiqué l’entreprise. (Photo: La Presse Canadienne)

L’application de voyage Hopper a mis à pied près de 250 employés, soit 30% de ses effectifs, dans un contexte difficile pour le secteur technologique. 

L’annonce a eu «peu d’impact» au siège social de Montréal, précise une porte−parole de l’entreprise. «La grande majorité des employés étaient aux États−Unis ou à l’international. Plus particulièrement, seulement 20 employés montréalais ont été touchés.»

La nouvelle a d’abord été éventée par le «Globe and Mail». Les mises à pied étaient liées à des produits et services en recherche et développement.

«Nous avions beaucoup de projets qui ne généraient pas de revenus, nous avons toujours fait ça, a expliqué le grand patron et cofondateur de l’application, Frédéric Lalonde, en entrevue avec le quotidien torontois. Le monde a changé, l’argent n’est plus gratuit et nous devons nous diriger vers la rentabilité. Il n’y a pas de recette magique, nous devons brûler moins de liquidités et arriver à l’équilibre budgétaire le plus rapidement possible.»

L’environnement d’affaires s’est détérioré pour les entreprises technologiques en démarrage. De nombreux investisseurs n’hésitaient pas à financer des sociétés prometteuses en croissance dans l’espoir d’une rentabilité dans le futur. Avec la montée des taux d’intérêt, les investisseurs sont plus réticents à mettre leurs billes dans une entreprise qui n’est pas rentable.

La tendance a touché plusieurs sociétés technologiques au Canada, notamment à Montréal.

En juillet, le spécialiste montréalais de la télémédecine Dialogue a accepté une offre d’achat de l’assureur Sun Life. Le cofondateur et chef de la direction de Dialogue, Cherif Habib, avait mentionné en entrevue que le contexte de marché rendait difficile l’obtention du financement nécessaire à ses projets d’expansion. «Aller dans d’autres marchés est quelque chose qui prend énormément de capitaux et dans un environnement de compagnie publique où les investisseurs s’attendaient à certains rendements, c’était difficile de faire ces investissements−là.»

En février, Google Canada a annoncé la suppression d’une vingtaine de postes à son bureau de Montréal. En janvier, le spécialiste du commerce infonuagique Lightspeed a annoncé l’abolition de 300 postes, afin de réduire ses dépenses d’exploitation de 10%.

Malgré les mises à pied, Hopper continue à porter sa «pleine attention» sur l’établissement d’une offre hôtelière directe, a indiqué l’entreprise. Elle veut devenir une plateforme de voyage «complète» avec son application et des partenariats directs avec les entreprises.

La semaine dernière, M. Lalonde a dit qu’Hopper avait levé «beaucoup d’argent» et qu’il n’était «absolument pas pressé» d’inscrire son entreprise en Bourse lors d’une présentation au Skift Global Forum à New York. «Ça va éventuellement arriver, mais ce n’est pas une priorité cette année.»

Stéphane Rolland, La Presse Canadienne

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