Des demandes de visas sont priorisées, admet le ministre Fraser

Publié le 24/08/2022 à 15:34

Des demandes de visas sont priorisées, admet le ministre Fraser

Publié le 24/08/2022 à 15:34

Par La Presse Canadienne

Une «grande majorité» de l’arriéré «massif» de 170 000 demandes est lié à des événements qui n’ont jamais eu lieu, selon le ministre de l’Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté, Sean Fraser. (Photo: La Presse Canadienne)

Ottawa — Le ministre de l’Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté, Sean Fraser, a admis mercredi que des demandes de visas présentées après que les restrictions de voyage eurent été assouplies, en septembre 2021, sont priorisées par son ministère.

«Ce que nous avons fait, c’est prioriser les demandes qui sont arrivées après (le 7 septembre 2021) pour nous assurer que nous concentrons nos efforts sur les personnes qui ont l’intention de venir au Canada, car c’est une bonne chose pour l’économie canadienne et pour les communautés canadiennes lorsque les gens viennent nous visiter», a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse à Vancouver.

Quelques minutes plus tôt, avant d’être interrogé par la presse, le ministre Fraser avait pourtant soutenu que son ministère ne permet pas à certains de «couper la file».

Selon M. Fraser, une «grande majorité» de l’arriéré «massif» de 170 000 demandes est lié à des événements qui n’ont jamais eu lieu, comme un mariage ou un spectacle annulé étant donné que les rassemblements étaient interdits.

Les demandes présentées par des personnes dispensées des restrictions de voyage liées à la COVID-19 alors en vigueur, comme les membres de la famille des Canadiens et des travailleurs essentiels, ont été priorisées par Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC), entre mars 2020 et le 6 septembre 2021. Les autres demandes ont été mises dans une «file d’attente pour un traitement non urgent».

Les personnes ayant présenté une demande avant le 7 septembre 2021 et qui souhaitent toujours venir au pays peuvent s’attendre à un «traitement prioritaire relativement plus élevé» si elles présentent à nouveau leur demande, a indiqué le ministre Fraser.

Dans un courriel à La Presse Canadienne, son bureau a précisé qu’il recommande de soumettre une nouvelle demande si la situation a changé, mais qu’il n’y a «aucune garantie de remboursement» pour une demande précédente.

Actuellement, le gouvernement fédéral prend jusqu’à cinq mois pour traiter des demandes provenant de certains pays, selon des données compilées par Le Devoir.

 

Des bras et de la transparence

M. Fraser avait convoqué la presse pour annoncer qu’IRCC embauchera 1250 nouveaux employés d’ici la fin de l’automne afin d’augmenter la capacité de traitement et de s’attaquer aux arriérés.

Il a aussi indiqué que son ministère publiera mensuellement des statistiques «en temps réel» quant aux demandes présentées, traitées et de celles qui ne respectent pas la norme de service.

«Je pense que c’est extrêmement important lorsque nous communiquons au monde que nous voulons que les gens viennent et (…) qu’ils aient une idée du temps qu’il faudra pour arriver ici», a dit le ministre.

À ce jour, 54% des demandes reçues ne respectent pas la norme de service. «Nous pouvons faire mieux», a laissé tomber M. Fraser.

Et la situation s’améliore déjà, a assuré M. Fraser. Le programme Entrée express — qui est destiné aux immigrés qualifiés souhaitant s’établir au pays — et celui de réunification familiale respectent désormais leurs normes de service qui sont respectivement de six et de douze mois pour les nouvelles demandes.

Ottawa estime que de manière générale avoir presque atteint le «sommet» des délais et projette des réductions significatives d’ici la fin de l’année ou, dans le cas des visas de touristes, au début de 2023.

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