Depuis la vente de Rona, c'est l'hémorragie pour certains fournisseurs québécois

Publié le 12/04/2017 à 06:00, mis à jour le 21/04/2017 à 11:17

Depuis la vente de Rona, c'est l'hémorragie pour certains fournisseurs québécois

Publié le 12/04/2017 à 06:00, mis à jour le 21/04/2017 à 11:17

Par Stéphane Rolland

Photo:123rf

Les fournisseurs québécois qui ont souffert de la vente de Rona et des autres mouvements de consolidation dans l’industrie de la quincaillerie auraient encaissé des pertes beaucoup plus importantes que les gains réalisés par ceux qui en ont profité. Les 10% les plus touchés disent avoir perdu plus de 20% de leur chiffre d’affaires, selon un sondage de l’Association québécoise de la quincaillerie et des matériaux de construction (AQMAT). L’association présentera les résultats à ses membres aujourd’hui dans le cadre de son assemblée générale.

Les résultats du sondage, dont Les Affaires a obtenu une copie, surprennent Richard Darveau, le PDG de l’association qui défend les intérêts des marchands, distributeurs et fabricants de quincaillerie et de matériaux de construction. Il s’attendait à ce que «certains fournisseurs gagnent et d’autres perdent», mais le déséquilibre entre la force des gains et celle des pertes l’a surpris. «Je me suis dit: " Wow ! " ceux qui ont été frappés par la consolidation l’ont été fortement», commente-t-il. 

L’AQMAT a envoyé le sondage par courriel à ses 180 membres au cours de la première semaine d’avril. Près de la moitié des 33 entreprises qui ont répondu au coup de sonde affirment que la consolidation a eu un impact négatif sur leurs ventes. En fait, elles sont 46,9% à faire ce constat. À l’inverse, seuls 15,6% des répondants affirment que l’effet sur les ventes est positif. Ils sont 25% à dire que l’effet est neutre.

«Lorsque je recevais des appels de membres mécontents, je me disais qu’il était impossible qu’il n’y ait que des pertes pour nos fournisseurs, raconte M. Darveau. C’est ce que je voulais vérifier. On voit qu’il y a eu des entreprises pour qui l’effet est positif, mais il y en a moins. Ceux qui ont perdu sont loin d’être seuls.»

L’heure était venue d’avoir le son de cloche des fournisseurs québécois au moment où l’industrie de la quincaillerie se consolide, selon le PDG de l’AQMAT. L’achat de Rona par Lowe’s (NY., LOW) en 2016 et l’acquisition de BMR par la Coop fédérée en 2015 sont deux transactions qui ont grandement changé le paysage québécois. Dans une moindre mesure, la consolidation se manifeste aussi par de plus petits acteurs locaux qui prennent de l’expansion en achetant d’autres détaillants, ajoute M. Darveau.

Les perdants perdent gros

En regardant les résultats de plus près, on constate que les membres qui affirment que leurs ventes ont décliné en raison de la consolidation des détaillants rapportent avoir encaissé des pertes beaucoup plus importantes que les gains réalisés par ceux qui ont enregistré une progression de leurs ventes. Parmi les répondants, 16% affirment que leurs ventes ont augmenté dans une fourchette de 1% à 5%. Ils sont 9,7% à voir leurs ventes progresser de 6% à 10% grâce à la consolidation.

Les changements sont plus grands pour les fournisseurs qui ont perdu des ventes. Les plus malheureux sont 9,7% à enregistrer une baisse de leurs ventes supérieure à 20%. Ils sont 6,4% à dire que la baisse se situe dans une fourchette de 10% à 20%. La plus grande proportion des laissés-pour-compte de la consolidation, soit 19,3%, ont vu leurs revenus descendre de 6% à 10%. Pour 9,7% des répondants, la baisse est de l’ordre de 1% à 5%.

L’AQMAT a déjà pris des mesures pour aider les fournisseurs à mieux se mettre en valeur auprès des grands détaillants internationaux à l’aide d’ateliers, notamment. Elle a d’ailleurs consulté ses membres dans le sondage quant à leur intérêt pour différentes avenues qu’elle pourrait prendre pour leur offrir davantage de soutien.

Richard Darveau invite le gouvernement du Québec à mener une campagne destinée aux consommateurs afin de promouvoir l’achat local de produits de quincaillerie. D’ailleurs, 56,7% de ses membres estiment que cet enjeu est «très important» et 36,7% jugent que c’est «important».

Le sondage a été envoyé aux membres de l’AQMAT au cours de la première semaine d’avril. Les répondants du petit échantillon ont un profil diversifié. Le nombre d’employés varie d’une fourchette de «1 à 19» à « plus de 250 ». Leurs chiffres d’affaires s’étalent de «moins de trois millions» jusqu’à un seuil de « 250M$ à 500 M$ ».

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