Analyse: les grands chantiers soutiendront Genivar

Publié le 25/11/2008 à 00:00

Analyse: les grands chantiers soutiendront Genivar

Publié le 25/11/2008 à 00:00

Par Dominique Beauchamp

La société de génie-conseil Fonds de revenu Genivar est mieux placée que ses semblables pour résister à la détérioration économique au pays.

Le savoir-faire de ses ingénieurs dans le domaine des infrastructures publiques devrait lui permettre de tirer son épingle du jeu, affirment tous les financiers consultés.

«Les routes, les ponts et les viaducs sont dans un état si lamentable que les gouvernements n'ont pas le choix de les remettre à neuf», fait valoir Martin Dufresne, gestionnaire chez Fiera Capital.

Les contrats gouvernementaux comptent pour un peu moins de 60 % de son carnet de commandes de 305 millions de dollars (M$), estime Benoit Caron, analyste à la Financière Banque Nationale. «L'importance d'investir dans les infrastructures fait consensus chez les gouvernements, d'abord parce qu'elles sont vieilles et deuxièmement parce que l'économie en a besoin», écrit M. Caron.

En conséquence, le titre de Genivar a moins baissé que l'ensemble de la Bourse cette année et M. Dufresne s'attend à ce que cette tendance se poursuive.

«Dans la conjoncture actuelle, un titre qui se maintient et qui verse un revenu courant de 7,4 %, ça se prend bien. Tant mieux s'il s'apprécie», dit-il.

Genivar pourrait d'ailleurs verser une distribution spéciale de 0,50 $ par part en décembre, selon Bill MacKenzie, analyste chez TD Newcrest. L'année dernière, l'entreprise avait versé une distribution supplémentaire de 0,30 $ par part en décembre.

Ralentissement à venir

Genivar n'est toutefois pas à l'abri d'une diminution plus prononcée que prévu des contrats du secteur privé l'an prochain. Déjà, son carnet de commandes grossit moins vite qu'avant.
Il a crû de 1,5 % entre les deuxième et troisième trimestres, en dépit d'acquisitions, note M. MacKenzie.

Ses commandes représentent 9,5 mois de travail pour ses ingénieurs, alors qu'au premier trimestre de 2008, son carnet représentait 12 mois de travail.

«Cela indique que sa croissance interne pourrait ralentir en 2009», dit M. MacKenzie.
Le bénéfice d'exploitation augmentera de 12 % en 2009 pour s'établir à 76 M$, après avoir bondi de 58 % en 2008, prévoient les analystes.

La baisse de 33 % du titre de Genivar depuis son sommet de novembre 2007 reflète déjà les craintes que le ralentissement économique freine sa croissance, selon Jeff Mo, analyste chez Mawer Investment Management.

Si l'entreprise n'atteint pas les cibles des analystes en 2009, son cours pourrait baisser davantage, concède M. Dufresne. «Il est sain que les attentes diminuent. En attendant, ses flux de trésorerie continuent d'entrer et je reçois mes distributions», dit-il.

Toute baisse du titre offrirait une bonne occasion de l'acheter, disent MM. Mo et Caron.
L'entreprise montréalaise est en effet en bonne position financière pour continuer d'acquérir d'autres firmes de génie-conseil.

Genivar entend se hisser parmi les trois premières de l'industrie au pays d'ici 2010.
Le 2 octobre, Genivar a émis pour 35 M$ de parts pour se donner les moyens de poursuivre sa stratégie. «L'entreprise a bien joué ses cartes. Elle a rechargé ses batteries pour une autre année d'acquisitions», dit M. Dufresne.

Son potentiel :
- Les contrats publics comptent pour 60 % de son carnet de commandes.
- Genivar est peu endettée.

Les risques :
-Sa croissance ralentira l'an prochain.
- Son titre est plus cher que celui de ses semblables.

Le rendement :
-1 000 $ investi il y a deux ans valait 2 199 $ le 14 novembre 2008.

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