Sortir la recherche des labos

Publié le 20/11/2010 à 00:00, mis à jour le 22/11/2010 à 13:32

Sortir la recherche des labos

Publié le 20/11/2010 à 00:00, mis à jour le 22/11/2010 à 13:32

Au Québec, quelque 80 chercheurs planchent sur des projets de chimie verte. " Par habitant, nous sommes le chef de file au Canada ", explique Michel Lachance, du Centre québécois de valorisation des biotechnologies (CQVB). Son organisme joue un peu le rôle de courtier entre la recherche et l'industrie, explique le directeur du secteur des bioproduits industriels et des technologies vertes. Le but est de promouvoir l'utilisation des travaux des uns chez les autres, pour le bénéfice de tous.

Si l'intérêt de l'industrie commence à se manifester, le financement, lui, n'est pas encore au rendez-vous. Les investisseurs, dit M. Lachance, occupent une position ambiguë face à la recherche : ils acceptent de prendre des risques, mais le moins possible. L'année dernière, les investissements dans les technologies propres ont dépassé ceux consacrés à l'informatique. La preuve, selon le dirigeant du CQVB, d'un intérêt certain à l'égard de la chimie verte.

Un arrimage difficile

Fondé il y a un peu plus d'un an, le Centre en chimie verte et catalyse, qui loge à l'Université de Montréal, veut rapprocher industrie et chercheurs. " Il y avait un besoin ", selon un des cofondateurs, André Charrette. Déjà, le groupe a entamé des discussions avec certaines entreprises.

Malgré ces efforts, plusieurs observateurs notent toujours le même problème : l'arrimage entre le laboratoire et l'entreprise se fait mal, souvent en raison des coûts.

" C'est un handicap pour aller plus vite ", constate Michel Lachance. Les progrès en recherche pourraient bondir avec le soutien de l'industrie. Engager les sociétés très tôt dans le processus permet de réduire les risques, à son avis. " On a de la difficulté à trouver du financement pour développer des projets pilotes avec l'utilisateur. "

Carmel Jolicoeur est l'une des exceptions à cette règle. Chercheur à l'Université de Sherbrooke, il a développé, de concert avec Produits Chimiques Handy, de Montréal, une méthode pour réutiliser la cendre dans la fabrication du béton. La cendre, dite cendre volante, provient de la combustion du charbon. M. Jolicoeur est parvenu à valoriser un certain type de ces cendres pour l'intégrer dans le béton. Le processus se traduit par une diminution de la pollution équivalente au retrait de 700 000 voitures des routes pendant un an.

Un des atouts du professeur Jolicoeur : une bonne connaissance du domaine industriel et de l'entreprise.

" Nous sommes chanceux, nous avons des partenaires très ouverts ", dit-il. Ce qui permet de mettre en place des solutions fonctionnelles, pour les intégrer rapidement dans le procédé de fabrication.

Dans le coin de Rimouski, la chimie verte permet aussi de faire des déchets des uns les matières premières des autres. Des chercheurs de l'Université du Québec à Rimouski mettent au point des moyens de maximiser la biomasse issue de la pêche. Grâce au travail de la professeure Lucie Beaulieu, les rejets de la pêche au crabe pourraient servir d'agent de conservation pour certains aliments.

D'autres chercheurs travaillent sur des dérivés de la crevette. Des protéines extraites de crustacés, intégrées à la peinture, permettraient d'éviter la corrosion sur les bateaux de pêcheurs. De quoi alimenter l'intérêt pour la recherche, grâce à la proximité de la ressource.

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