Référendum en Catalogne: une joute à somme nulle pour le Québec

Publié le 30/09/2017 à 09:00

Référendum en Catalogne: une joute à somme nulle pour le Québec

Publié le 30/09/2017 à 09:00

Par Matthieu Charest

[Photomontage Getty]

Afin de se prononcer sur l’avenir de leur région, les Catalans sont appelés aux urnes ce dimanche. Peu importe l’issue du vote –  si le référendum n’est pas bloqué par l’Espagne – le Québec ne subira pas de conséquences économiques.

Pourtant, le Québec est un partenaire important de l’État espagnol. 40% du commerce bilatéral entre le Canada et l’Espagne se fait à travers le Québec, selon les données du ministère des Relations internationales et de la Francophonie (MRIF) et du ministère de l’Économie, de la Science et de l’Innovation (MÉSI).

En 2016, le total des échanges commerciaux entre les deux pays a atteint environ 1,855 milliard de dollars, dont 1,047 milliard de dollars d’exportations et 809 millions de dollars d’importations.

L’Espagne est le 13e client international du Québec et «conserve un fort potentiel de croissance, car les échanges sont inférieurs au poids relatif de la taille de leur économie», soutient un document qui émane du gouvernement québécois.

Quant aux liens bilatéraux entre la Catalogne et le Québec, le MRIF ajoute que «la croissance des investissements catalans au Québec et le nombre des échanges économiques bilatéraux permettent d’envisager de nouvelles occasions d’affaires pour les entreprises québécoises, particulièrement dans les secteurs à forte composante technologique».

Ainsi, pourquoi si peu d’inquiétudes quant à la sécession possible de la région catalane du Royaume d’Espagne?

D’abord, si l’Espagne est tout de même le 13e client international du Québec, il convient de relativiser.

Nos échanges avec ce pays représentent 1,1% du commerce international québécois. C’est une goutte d’eau lorsque l’on compare avec le premier client du Québec: les États-Unis. Nos échanges avec nos voisins du sud ont représenté en 2016 environ 87,582 milliards de dollars, soit 52,4% de la part du commerce international québécois.

La joute

Puis, de l’avis des experts que nous avons consultés, les conséquences économiques du vote de dimanche vont essentiellement toucher l’Espagne et la région catalane.

Selon Miguel Escobar, président fondateur de l’Association d’affaires Espagne Canada (AAEC), si la sécession se réalise, «ça n’affectera pas vraiment le Québec et le Canada. Mais en Catalogne, c’est certain qu’il y aura des répercussions. Un peu comme lors des référendums québécois, de grandes entreprises vont quitter le territoire. Comme la Banque de Montréal l’avait fait. Je crois que plusieurs entreprises hésitent à investir ou à s’installer en Catalogne à l’heure actuelle».

Le PDG de Catalonia Trade & Investment, l’office régional chargé d’attirer des investissements étrangers, tient un tout autre discours.

«Dans les dernières années, alors que le processus vers un référendum portant sur l’autodétermination s’est accéléré, explique Joan Romero, les investissements étrangers en Catalogne ont atteint des niveaux records. Par exemple, nous avons attiré pour 5,13 milliards d’euros en investissements étrangers en 2016, un record historique.»

Sans l’ombre d’un doute, ajoute M. Romero, «l’avenir est rempli d’occasions d’affaires et d’opportunités pour nous».

Bref, deux personnes aux visions bien opposées qui s’entendent toutefois pour dire que dans l’éventualité d’une Catalogne indépendante, le Québec ne subirait pas de conséquences économiques.

D’ailleurs, selon les données de Catalonia Trade & Investment, il y aurait 46 entreprises canadiennes établies en Catalogne.

Cela posé, un nouveau pays formé de la scission de l’Espagne pourrait poser des maux têtes à d’autres régions du monde. La Catalogne «pays» ne ferait sans doute pas partie de l’Union européenne (UE) et de l’Accord économique et commercial global (AECG) entre le Canada et l’Europe. Pour le moment, du moins.

Selon Miguel Escobar, de l’Association d’affaires Espagne Canada, «ce serait très difficile, très compliqué, pour les Catalans de revenir dans l’UE.»

Quant à Joan Romero, de Catalonia Trade & Investment, «si le “oui” l’emporte ce dimanche, je suis convaincu que la Catalogne va rester dans l’Union européenne, ou que tout sera fait pour qu’elle y revienne rapidement».

Bref, à la veille du référendum catalan, le doute plane et les opinions divergent. Mais une chose semble acquise, que les Catalans votent «oui» ou qu’ils votent «non», le Québec et le Canada devraient s’en tirer sans égratignures. 

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