VG: l'achat d'équipements de protection individuelle a été un gouffre financier

Publié le 11/05/2022 à 10:28

VG: l'achat d'équipements de protection individuelle a été un gouffre financier

Publié le 11/05/2022 à 10:28

Par La Presse Canadienne

La vérificatrice générale du Québec, Guylaine Leclerc, n’hésite pas à blâmer le ministère de la Santé pour sa lenteur à prendre la mesure de l’ampleur de la crise et à agir en conséquence. (Photo: La Presse Canadienne)

Québec — L’achat d’équipements de protection individuelle (ÉPI), destinés à protéger le personnel de la santé contre le virus de la COVID-19, s’est transformé en véritable gouffre financier de près d’un milliard de dollars de fonds publics.

Dans son rapport annuel déposé mercredi à l’Assemblée nationale, la vérificatrice générale du Québec, Guylaine Leclerc, documente la liste des ratés en série survenus entre janvier 2020 et juin 2021, aux différentes étapes d’acquisition de ces masques, blouses, gants, visières, lunettes et autres équipements de protection par le ministère de la Santé.

Pris de court, mal préparé pour affronter une pandémie, le Québec a dépensé plus de 3 milliards de dollars pour acquérir ces équipements, souvent hors de prix au moment de l’achat parce que tous les pays se les arrachaient. Seulement pour des masques médicaux et des masques N95, la facture a grimpé à 1,4 G$, soit près de la moitié du total.

Pour l’État québécois, la perte financière qui a suivi la baisse de prix de ces équipements est évaluée à 938 M$ au 31 mars 2021, calcule la vérificatrice, qui n’hésite pas à blâmer le ministère, dirigé au début de la pandémie par Danielle McCann, puis par Christian Dubé, pour sa lenteur à prendre la mesure de l’ampleur de la crise et à agir en conséquence. 

Chose certaine, le ministère de la Santé «aurait dû réagir plus rapidement devant les signes avant-coureurs de la pandémie», écrit-elle dans son rapport annuel 2021-2022. «Il aurait dû être plus vigilant», selon Mme Leclerc.

Elle rappelle que les premiers cas de COVID-19 ont été signalés en décembre 2019 en Chine. Le 5 janvier 2020, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) avait prévenu les gouvernements de prendre les précautions nécessaires pour prévenir les risques d’infections respiratoires. Au Québec, où le premier cas de COVID-19 a été signalé le 27 février 2020, les commandes massives d’ÉPI n’ont débuté que le 22 mars 2020. En comparaison, dès la mi-décembre 2019, l’Alberta avait doublé ses commandes d’ÉPI.

Certains fournisseurs ont même été payés pour des produits jamais livrés ou inadéquats, le gouvernement du Québec n’ayant pas pris la peine de vérifier au départ leur intégrité. Des poursuites judiciaires évaluées à 170 M$ ont été entreprises contre certains d’entre eux.

Le ministère de la Santé n’était pas du tout préparé à gérer ce genre de situation, n’ayant pas mis à jour ses plans d’urgence sanitaire depuis plus de 10 ans, déplore la vérificatrice. Il n’avait prévu aucune mesure pour approvisionner le réseau en ÉPI en cas de pandémie et le réseau n’avait pas d’équipements en réserve.   

Dans le feu de l’action, des employés du réseau de la santé ont dû utiliser ces équipements sans avoir reçu aucune formation, une lacune «particulièrement présente dans les CHSLD et les résidences privées pour aînés (RPA)», peut-on lire dans le rapport.

Or, des plans d’urgence auraient permis au gouvernement de mieux planifier l’approvisionnement, la distribution des ÉPI à travers le réseau et la formation du personnel, note la vérificatrice.  

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