Une porte d'entrée sur le continent africain pour les innovations québécoises


Édition du 05 Novembre 2016

Une porte d'entrée sur le continent africain pour les innovations québécoises


Édition du 05 Novembre 2016

D’une superficie de 450 hectares, la première phase du complexe Noor Ouarzazate a été mise en service au début de 2016. [Photo : SMS Media]

Le Maroc, où se déroule la COP22, la prochaine grande conférence internationale sur les changements climatiques en novembre, constitue un marché intéressant pour certaines entreprises québécoises des technologies propres. Le Regroupement des jeunes chambres de commerce du Québec (RJCCQ), l'un des 70 participants de la délégation québécoise à destination de Marrakech, a d'ailleurs planifié un tour guidé à la centrale Noor 1. Celle-ci est présentée comme l'une des plus importantes centrales photovoltaïques du monde, en exploitation près d'Ouarzazate. Cette ville est située à une centaine de kilomètres au sud-est de Marrakech, aux portes du Sahara, dans une région qui bénéficie d'environ 3 000 heures d'ensoleillement par année. La centrale, d'une superficie de 450 hectares, est équipée de plus de 500 000 collecteurs solaires. Des miroirs incurvés de 12 mètres de haut lui confèrent une puissance de 160 MW. Ces miroirs suivent la trajectoire du soleil tout au long de la journée afin de capter le plus efficacement possible ses rayons.

Selon Monsef Derraji, pdg du RJCCQ, la visite permettra de cerner les occasions d'affaires dans le secteur de l'énergie solaire, un créneau moins visible au Québec en raison de l'omniprésence de l'hydroélectricité. «C'est très bon d'avoir des contacts, de regarder comment les gens travaillent sur place, dit-il. Le marché solaire est en pleine effervescence au Maroc, mais aussi en Afrique. Cela représente une occasion pour les entreprises québécoises.»

Irrigation et tourisme

Le Maroc se hisse au 13e rang du Baromètre 2016 de l'attractivité des pays en matière d'énergie renouvelable, publié par EY en octobre. En 2015, ce pays s'est fixé l'objectif de diminuer ses émissions de gaz à effet de serre de 13 % d'ici 2030.

M. Derraji souligne que, outre l'énergie solaire, le Maroc a aussi pris plusieurs initiatives au chapitre du développement durable dans les domaines de l'irrigation et du tourisme. «C'est pour ça qu'on va rencontrer des acteurs locaux, soit les chambres de commerce, les mairies, les gouverneurs et les entreprises dans le développement durable, dit M. Derraji. Notre but est de voir où on peut travailler ensemble et comment on peut amener l'expertise québécoise sur le marché marocain.»

«Le Maroc veut se positionner comme la porte d'entrée des technologies propres et de l'innovation sur le marché africain», observe Denis Leclerc, président et chef de direction de la grappe Écotech Québec. Il dit notamment avoir amorcé des discussions avec Masen, une agence ayant un mandat analogue dans ce pays, afin de nouer d'éventuels partenariats. M. Derraji remarque aussi que le Maroc acquiert le statut de «plaque tournante», notamment en raison de la coopération Sud-Sud qu'elle réalise avec les autres pays du continent africain.

Une occasion de percer à l'international

«L'ensemble de l'Afrique est un marché cible de notre mission commerciale», affirme Élise Roy, conseillère en affaires internationales, Afrique et Moyen-Orient au ministère de l'Économie, de la Science et de l'Innovation.

«L'Afrique est sans doute le marché qui a le plus de besoins ou qui est le moins avancé en matière de technologies propres. Il attire beaucoup l'attention des entreprises qui s'internationalisent.»

Un rapport publié en 2014 par la Banque mondiale prévoyait des investissements de l'ordre de 6 400 milliards de dollars américains en technologies propres dans les pays en développement au cours de la période 2014-2023. Un marché potentiel de 1 600 G$ US serait à la portée des PME du secteur, dont au moins 235 G$ US seulement en Afrique.

Mais la COP22 ne représente pas seulement un lieu de rencontre : les négociations menées sous l'égide des Nations Unies pourraient avoir des répercussions sur des entreprises du secteur des technologies propres.

Guy Drouin, président et chef de la direction de Biothermica, a des attentes élevées à l'égard de cet événement, même s'il ne se rendra pas à Marrakech. Il souhaite voir le retour durable d'un dispositif semblable au Mécanisme de développement propre (MDP), une sorte de marché du carbone qui avait été élaboré dans le cadre du protocole de Kyoto et mis en application en 2005.

Plus de 7 500 projets avaient été enregistrés et approuvés par l'intermédiaire de ce mécanisme et avaient permis une réduction de 1,7 milliard de tonnes équivalent CO2. La récupération et la capture de biogaz mis en service par Biothermica au Salvador en 2006 étaient enregistrées dans le MDP. «On est allé faire un travail que personne n'aurait fait s'il n'y avait pas eu Kyoto», dit M. Drouin. Ce projet lui avait permis de vendre 325 000 crédits de carbone au Luxembourg en 2007. Le MDP a été ébranlé après l'échec de la COP15 de Copenhague en 2009.

L'incertitude autour de l'intégration d'un mécanisme similaire avec l'Accord de Paris met en jeu le projet de Biothermica aux Gonaïves, en Haïti. L'entreprise y planifie l'aménagement d'un site d'enfouissement muni d'un biodigesteur pour récupérer le méthane de façon à faire fonctionner un moteur qui générera ensuite de l'énergie, laquelle sera vendue à Électricité d'Haïti. Elle a créé une filiale, Bioénergie Haïti, dans laquelle participe la société civile grâce à un modèle d'entreprise «qui se rapproche de l'économie sociale», explique M. Drouin.

Ce projet a récemment reçu le feu vert des autorités haïtiennes pour être reconnu à un enregistrement de crédits de carbone, dans le cadre d'un MDP. «C'est un beau projet, mais il ira de l'avant s'il y a un cadre», insiste M. Drouin. Ce dernier met ses espoirs dans le Maroc, alors que le conseil exécutif du MDP avait été mis en place lors de la COP7 en 2001, qui se déroulait également à Marrakech.

 

> La surface totale sera de 3000 hectares une fois les 4 phases complétées.

> La capacité totale du complexe sera de 580 MW d'ici 2020 soit l'équivalent de la consommation de 630 000 habitants du Maroc.

Source : Agence marocaine de l'énergie solaire 

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