Une implication à la fine pointe


Édition du 25 Novembre 2017

Une implication à la fine pointe


Édition du 25 Novembre 2017

Par Benoîte Labrosse

Natacha Engel, directrice adjointe, Nominations publiques, au cabinet du premier ministre du Canada, et avocate

Avant de devenir directrice adjointe, Nominations publiques, au cabinet du premier ministre du Canada, et avocate, entre autres spécialisée en droit de la propriété intellectuelle et en droit des technologies, Natacha Engel a été danseuse. La jeune femme de 33 ans, qui a dû raccrocher ses pointes à cause d'une blessure au dos, est persuadée que c'est grâce à ses années à l'École supérieure de ballet du Québec qu'elle a bâti sa carrière. «La formation est très exigeante, mais elle permet de développer des compétences comme la rigueur, la persévérance, le désir de se surpasser et la capacité de recevoir des critiques constructives», énumère-t-elle.

C'est pourquoi elle a décidé, début 2014, de s'impliquer auprès de l'institution qui l'a formée, et est devenue membre du conseil d'administration de l'École supérieure et vice-présidente de celui de sa Fondation. «C'est la plus jeune membre du CA et la seule qui est passée par l'École, précise Anik Bissonnette, directrice artistique et pédagogique de l'établissement. Elle connaît très bien la formation et a une grande facilité à trouver des gens pour aider l'École, parce qu'elle en reflète le succès.»

La Fondation récolte annuellement près de 120 000 $, qui servent surtout à remettre des bourses aux élèves. La somme est recueillie par la tenue de plusieurs événements, dont le spectacle de fin d'année, des classes de maître et des défilés de mode. «Même si nous en faisions auparavant, les défilés sont maintenant influencés par Natacha, note Mme Bissonnette, parce qu'elle sait exactement de quoi les jeunes ont envie.»

Amener la relève d'affaires à apprécier la danse

Très impliquée au sein de la Jeune Chambre de commerce de Montréal pendant plusieurs années, dont à titre de première vice-présidente, Mme Engel s'intéresse depuis longtemps au lien arts-affaires. Inspirée par le rapport «Créér un nouvel élan à Montréal» et par le mouvement Je vois Montréal, elle a fondé la Jeune Scène d'affaires (JSA) en novembre 2014. «Je pensais déjà à monter un groupe de jeunes philanthropes pour appuyer nos jeunes danseurs, mais ça m'est alors apparu d'autant plus important que la relève d'affaires participe à soutenir la relève artistique afin de promouvoir l'effervescence de notre ville, qui a un immense potentiel culturel», se souvient celle qui travaille à Ottawa, mais qui revient fréquemment dans la métropole.

Aujourd'hui, JSA compte 21 membres provenant de différents domaines, privés comme publics, majoritairement âgés de 25 à 40 ans. Une de leurs missions est de sensibiliser la relève d'affaires à l'importance de la danse et de la culture en général. «L'art n'est pas toujours accessible pour des gens qui n'y sont pas initiés, admet Mme Engel. Le spectacle annuel de l'École est extrêmement accessible, donc nous avons articulé notre soirée-bénéfice autour de lui.»

Baptisé Pointes & Noeuds papillon, l'événement phare de la JSA recueille depuis 2015 environ 80 000 $ par année, qui se transforment en bourses pour les élèves de l'École supérieure. Après le spectacle, les participants sont transportés vers un lieu secret. «C'est très important pour nous de leur faire vivre une expérience dont ils se souviendront, affirme la fondatrice. Nous sommes très forts sur le côté thématique, que ce soit un garden-party anglais au son de vieux hits britanniques ou une soirée hollywoodienne avec limousines et paparazzis.»

La jeune philanthrope, qui donne elle-même environ 1000 $ par année en plus de nombreuses heures, rappelle que l'objectif ultime est de développer un réel intérêt pour la danse et pour l'École, afin de «créer une philanthropie engagée et à long terme». «Quand l'événement ne sera plus au goût du jour ou qu'il y aura d'autres façons de faire, il sera important d'avoir développé un réseau qui s'accroche à la cause et qui continuera à donner, peu importe la manière», fait-elle valoir.

Mme Bissonnette a une grande confiance en Natacha Engel pour renouveler le bassin de donateurs de l'École supérieure de ballet du Québec. «Je pense que la Jeune Scène d'affaires va évoluer avec elle ; nous sommes sur une belle lancée et elle a tellement d'idées !»

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