QS demande à Legault de renoncer au troisième lien avant la COP26

Publié le 07/10/2021 à 15:38

QS demande à Legault de renoncer au troisième lien avant la COP26

Publié le 07/10/2021 à 15:38

Par La Presse Canadienne

Il n’y a toujours pas d’évaluation précise des coûts d’un éventuel troisième lien. (Photo: La Presse Canadienne)

Québec solidaire (QS) exige que François Legault renonce à son projet de troisième lien avant de se rendre à la COP26, le grand sommet des Nations unies sur les changements climatiques.

Le premier ministre a annoncé la semaine dernière qu’il participera à la COP26 au début de novembre à Glasgow, mais selon QS, le projet de tunnel Québec-Lévis du gouvernement caquiste est totalement incompatible avec le rôle que devrait occuper le Québec sur la scène internationale.

«Je trouve ça gênant pour le Québec», a affirmé jeudi le chef parlementaire de QS, Gabriel Nadeau-Dubois, en conférence de presse dans le hall de l’Assemblée.

 

«Aucune crédibilité climatique»

«François Legault n’aura aucune crédibilité climatique devant les leaders du monde entier tant et aussi longtemps qu’il va s’entêter à défendre son projet de troisième lien, un projet dépassé, un projet polluant.»

Ce mégachantier évalué au bas mot à 10 milliards $ est un engagement fétiche de la CAQ.

Le gouvernement caquiste a déjà plaidé qu’il s’agissait d’un projet «vert» parce qu’il intégrait du transport en commun et parce qu’il allait réduire la congestion, mais M. Nadeau-Dubois rétorque que «personne ne va croire François Legault quand il va essayer de les convaincre que c’est un projet vert».

Chose sûre, le projet pourrait difficilement réduire le bilan des gaz à effet de serre (GES) émis par le Québec, alors que la COP a pour but de réunir tous les États qui s’engagent à réduire leurs émissions.

«Il y a un tiers du projet qui est consacré au transport collectif, moi, je n’ai aucun mal à parler du troisième lien et du leadership du Québec en matière de changements climatiques (à Glasgow)», avait pour sa part argué le ministre de l’Environnement, Benoit Charette.

 

«Se vanter d’un tunnel à six voies»

«Le Québec pourrait être un des champions du monde en matière de transition, et on a un premier ministre qui va aller se vanter d’un tunnel à six voies sous le fleuve Saint-Laurent», a déploré le dirigeant de QS.

Rappelons qu’il n’y a toujours pas d’évaluation précise des coûts d’un éventuel troisième lien.

Il est d’usage que les pays, États fédérés et villes qui prennent part à ces sommets internationaux arrivent avec de nouveaux engagements, pour atteindre leurs objectifs de réduction des GES, en conformité avec l’accord de Paris convenu en 2015.

«Malheureusement, si la tendance se maintient, François Legault va se présenter les mains vides à la COP26», a conclu M. Nadeau-Dubois.

L’opposition presse le premier ministre de présenter de nouvelles mesures en matière environnementale pour la COP.

Mercredi, le Parti québécois a obtenu du gouvernement un engagement pour qu’un comité interministériel se penche sur des mesures pour aider les travailleurs dont l’emploi pourrait être en péril en raison de la transition écologique.

Le PQ a aussi obtenu que le comité scientifique qui conseille le ministre de l’Environnement se penche sur la faisabilité d’un «budget carbone».

Il s’agit d’un outil mis en place dans plusieurs pays afin de comptabiliser précisément les émissions de gaz à effet de serre (GES), secteur par secteur, année après année, en vue de suivre les progrès ou les retards dans l’atteinte des cibles de réduction des GES.

 

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