Mettre ses «forces d'entrepreneure» au service de la collectivité


Édition du 25 Novembre 2017

Mettre ses «forces d'entrepreneure» au service de la collectivité


Édition du 25 Novembre 2017

Par Benoîte Labrosse

La designer d’intérieur et philanthrope Catherine C. Léveillé

La designer d'intérieur Catherine C. Léveillé a lancé sa première entreprise en 2008, à 19 ans, avec un partenaire d'affaires. Cinq ans plus tard, une grande remise en question l'a poussée à vendre ses parts pour s'établir à son compte à Mirabel... Et à se lancer dans la philanthropie.

«Le design, c'est ma passion, mais il fallait que je puisse me nourrir d'autre chose ; j'avais besoin d'aider les gens, se souvient-elle. En plus d'orienter ma nouvelle entreprise vers des valeurs d'entraide avec mes collaborateurs et fournisseurs, je suis devenue administratrice d'un organisme communautaire de justice alternative qui aide les jeunes contrevenants de Saint-Jérôme.»

Depuis, la native de cette ville fait bénéficier Mesures Alternatives des Vallées du Nord (MAVN) de «ses forces d'entrepreneure». «Pour assurer la pérennité de l'organisme, il faut trouver d'autres sources de financement que les subventions gouvernementales, explique-t-elle, et c'est là que j'apporte des idées et des projets, entre autres concernant l'immobilier.»

Consciente d'oeuvrer dans «un milieu de luxe», la designer souhaite «utiliser ses talents pour faire une différence». Elle a ainsi participé à l'émission Donnez au suivant en réalisant bénévolement les plans et la coordination de la rénovation de la salle de bain d'une famille de l'Outaouais dont le garçon souffre d'une maladie de peau. «Le papa est l'employé d'un entrepreneur avec qui je travaille, précise-t-elle. J'estime que c'est une forme de philanthropie, parce qu'ils avaient vraiment besoin d'aide pour rendre cet aménagement fonctionnel et joli.»

Les meilleurs soins pour sa région

Depuis près de deux ans, la jeune philanthrope est aussi très impliquée dans la Fondation de l'Hôpital régional de Saint-Jérôme, qui récolte annuellement 1,5 millions de dollars, montant qui sert principalement à acheter de l'équipement. «Les deux hommes de ma vie - mon copain et mon père - sont auprès de moi grâce à cet hôpital, souligne-t-elle. Donc je voulais redonner et m'assurer que les gens peuvent continuer à recevoir les meilleurs soins possible dans la région.»

La jeune femme a d'abord piloté une collecte de fonds éclair sur Facebook. «Avec " Coup de pied à la maladie ", les gens étaient invités à faire un don à la grandeur de leurs chaussures et à inciter leurs amis à le faire. Dans le temps de le dire, ils ont ramassé 1 680 $, raconte Claude-Élaine Langevin, directrice des événements de la Fondation. Nous avons trouvé l'idée super rafraîchissante, et nous avons réalisé qu'il fallait mieux utiliser nos réseaux sociaux.»

C'est justement l'un des objectifs du comité Relève, lancé officiellement le 16 octobre dernier. «Nous avons besoin de rajeunir notre réseau de donateurs, et Catherine est l'une des premières personnes à qui nous avons pensé quand nous avons décidé de mettre sur pied un comité Relève», souligne Mme Langevin. Celui-ci compte une douzaine de membres de la mi-vingtaine à la mi-trentaine, entrepreneurs et professionnels, qui cherchent également à attirer un nouveau type de donateurs. «J'ai fait remarquer à la Fondation que leur " clientèle " était surtout du côté sportif - ils ont des événements de vélo, de course et de hockey - et qu'une bonne partie des plus jeunes moins portés sur le sport ne connaissaient pas leur cause», explique Mme C. Léveillé. Pour aller les chercher, elle pense leur offrir quelque chose de différent, comme un événement de type foodie, mettant en valeur des produits du terroir lors de stations de dégustation. «Je souhaite allier la philanthropie avec la gourmandise et l'achat local».

Elle veut entre autres attirer la relève d'affaires locale. «C'est important de créer des habitudes et un sentiment d'appartenance chez les 25-35 ans. Comme ça, quand leur entreprise sera très prospère, ils trouveront encore du temps pour la Fondation», note la jeune entrepreneure qui estime consacrer entre 5 et 15 heures par mois à la cause. «Sans oublier environ 600 $ de sa poche par année !», tient à ajouter Claude-Elaine Langevin.

«Le comité risque de gérer les activités de la Fondation d'une façon entrepreneuriale plutôt qu'institutionnelle, conclut sa directrice des événements. Ils vont trouver des " clients " plutôt que d'attendre que les dons tombent. Ce sera intéressant à observer.»

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