Les prix à la consommation repartent de plus belle aux États-Unis en septembre

Publié le 13/10/2021 à 14:46

Les prix à la consommation repartent de plus belle aux États-Unis en septembre

Publié le 13/10/2021 à 14:46

Par AFP

Les cadeaux de Noël arriveront-ils à temps au pied du sapin? (Photo: 123RF)

Les consommateurs américains ont dû ouvrir plus grand leur porte-monnaie en septembre, la hausse des prix étant repartie de plus belle, ce qui ravive les inquiétudes sur l’inflation au moment où les dirigeants internationaux se penchent sur les problèmes d’approvisionnement.

Après deux mois de modération, l’inflation a de nouveau accéléré en septembre, à 0,4% sur un mois, contre 0,3% en août, selon l’indice des prix à la consommation (CPI) publié mercredi par le département du Travail.

Plus de la moitié de cette hausse est due à l’alimentation et au logement, souligne le communiqué. Une part importante vient aussi de l’énergie.

Et par rapport à septembre 2020, la hausse des prix est de 5,4%, contre 5,3% entre août 2020 et août 2021.

Ce rebond ravive les inquiétudes sur une flambée des prix plus tenace que prévu, alors que le retour à 2% d’inflation annuelle, niveau jugé optimal, semble s’éloigner mois après mois.

Le FMI anticipe un recul des prix de l’énergie à partir de la fin du premier trimestre 2022, et table, au niveau mondial, sur un pic d’inflation fin 2021, avant une stabilisation d’ici le milieu de l’année prochaine.

 

Gobelets en carton

À moyen terme, la hausse des prix va se modérer, à la faveur d’«une croissance plus rapide de la productivité», estime Ian Shepherdson, économiste pour Pantheon Economics.

Mais en attendant, prévient-il, les données «sembleront menacer, ou menaceront réellement, l’aspect transitoire» de cette inflation.

Les responsables politiques tentent, eux, de rassurer les ménages dont le pouvoir d’achat s’amoindrit. «Je pense que c’est transitoire, mais je ne veux pas dire que ces pressions disparaîtront dans un mois ou deux», a ainsi souligné mardi la secrétaire au Trésor Janet Yellen.

Car les difficultés mondiales d’approvisionnement, qui provoquent retards et pénuries depuis des mois, sont largement responsables.

Le sujet sera au cœur mercredi du G7 Finance, qui se réunit à Washington. 

Par exemple, un café-pâtisserie de Rapid City, dans le Dakota du Sud (nord), a vu le prix des tasses en carton recyclable qu’il utilise récemment augmenter de 3 cents, contre une hausse habituelle d’environ 1 cent par an, explique dans un article Tu-Uyen Tran, économiste à la Fed de Minneapolis.

Le «coût des gobelets en papier (en général) à augmenté, ainsi que le coût de leur expédition jusqu’au magasin», et à raison de «3 000 tasses par semaine, cela représente 4 700 $US supplémentaires par an», souligne l’économiste.

Face au manque de personnel, il a fallu augmenter les salaires, tandis que les prix de l’essence utilisée pour livrer les bagels aux clients, et de diverses fournitures, ont également grimpé, détaille-t-il. Les marges étant minces, le couple propriétaire de ce commerce a «dû augmenter les prix».

Tu-Uyen Tran relève cependant que «l’inflation a commencé à ralentir pour certains biens et services».

 

Retards et pénuries

«Les déséquilibres entre l’offre et la demande ne seront résolus que progressivement», ce qui « (maintiendra) le taux d’inflation à un niveau élevé », a commenté Kathy Bostjancic, économiste pour Oxford Economics, qui anticipe une inflation annuelle supérieure à 3% jusqu’à mi-2022.

Ces perturbations freinent la croissance mondiale, avait alerté le Fonds monétaire international.

Au contraire, pour le PDG de la banque JPMorgan Chase, Jamie Dimon «vous pouvez avoir une bonne croissance et de l’inflation».

Il déplore «trop d’attention» portée sur la hausse des prix et la chaîne d’approvisionnement, alors qu’il y a, selon lui, de «très bonnes chances» que tout cela ne soit plus un souci majeur dans un an.

La Maison-Blanche a annoncé une extension du travail de nuit et de week-end dans le port de Los Angeles, où arrivent 40% des conteneurs destinés aux États-Unis.

Près de 100 navires (sont) amarrés à l’extérieur (…), en attente de déchargement des marchandises, a détaillé mardi, Mme Yellen.

Mais pas d’inquiétude, a-t-elle assuré, les cadeaux de Noël arriveront à temps au pied du sapin. 

Pas si sûr, selon une responsable de la Banque centrale américaine (Fed), Mary Daly: «les gens achètent maintenant et on leur dit souvent qu’ils ne pourront pas obtenir» à temps les produits.

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