Les milieux communautaire, municipal et culturel réagissent au budget Girard

Publié le 23/03/2022 à 09:43

Les milieux communautaire, municipal et culturel réagissent au budget Girard

Publié le 23/03/2022 à 09:43

Par La Presse Canadienne

Le ministre des Finances, Eric Girard. (Photo: La Presse Canadienne)

BUDGET DU QUÉBEC. Des organisations de divers milieux ont réagi au dernier budget du ministre des Finances, Eric Girard. Certaines accueillent avec déception son contenu, tandis que d’autres saluent les investissements qui y sont prévus. Voici quelques réactions. 

Le Réseau québécois de l’action communautaire autonome (RQ-ACA) se serait attendu à plus de reconnaissance pour son secteur. «C’est grâce au milieu communautaire que nous avons réussi à maintenir le filet social pendant la pandémie», a soutenu par communiqué le RQ-ACA, qui chiffre les besoins pour les organismes avant la pandémie à 460 millions $ indexés et récurrents.  

«Nous reconnaissons que les sommes annoncées sont importantes et récurrentes. Elles surviennent à la suite d’une vague de mobilisation historique du milieu communautaire. Toutefois, pour 2022-2023, elles ne représentent qu’une infime partie (25%) des besoins sur le terrain, et dans cinq ans, elles n’en représenteront que la moitié», a-t-il ajouté.

Les Banques alimentaires du Québec (BAQ) se disent déçues par l’absence de mesure spécifique pour lutter contre l’insécurité alimentaire, «alors que l’inflation constitue une menace plus grande pour les plus vulnérables de notre société».

«Nous allons poursuivre notre collaboration avec le gouvernement afin que des mesures soient mises en place pour faire face à une demande en aide alimentaire accrue de 50% à 60%», a commenté le directeur général Martin Munger, dans un communiqué. 

Le Regroupement des maisons des jeunes du Québec accueille aussi avec déception le budget du ministre des Finances. Selon le RMJQ, l’enveloppe supplémentaire à la mission des 3000 organismes en santé et services sociaux ne correspond même pas aux 68 M$ nécessaires cette année pour assurer les opérations de base de ses 217 maisons des jeunes. 

«Nous attendrons de voir tous les détails lors de l’étude des crédits budgétaires, mais clairement les besoins criants de nos organismes communautaires n’ont pas été entendus malgré leur mobilisation historique au cours des dernières semaines», s’est désolé le directeur général du RMJQ, Nicholas Legault, par communiqué. 

La Coalition québécoise pour le contrôle du tabac se dit, quant à elle «encore une fois déçue et perplexe face à l’absence d’une hausse de la taxe sur le tabac», qui prive le gouvernement de plusieurs dizaines de millions de dollars, en plus de réduire le nombre de fumeurs. 

«C’est presque ahurissant de voir nos dirigeants délaisser encore une fois la mesure la plus efficace pour réduire le tabagisme, une épidémie industrielle qui tue 13 000 Québécois par année, soit deux fois plus que la COVID-19. Nonobstant la pandémie, le tabagisme accapare le tiers des ressources liées aux séjours d’hospitaliers», a affirmé dans un communiqué la codirectrice et porte-parole de la Coalition, Flory Doucas.

Le Réseau FADOQ déplore un «budget incomplet». La FADOQ se désole notamment de voir que les deux tiers des investissements en soins et services aux aînés ainsi qu’aux proches aidants sont consacrés aux ressources dans les établissements.

«Il faut amorcer dès maintenant le virage vers les soins et services à domicile. C’est ce que souhaitent les personnes aînées. Nous sentons une volonté du gouvernement avec 785 millions $ additionnels en soutien à domicile. Nous serons attentifs lorsque le plan de refondation du ministre (de la Santé), (Christian) Dubé, sera détaillé», a commenté la présidente, Gisèle Tassé-Goodman, dans un communiqué. 

L’Union des producteurs agricoles (UPA) observe plusieurs mesures positives, mais déplore que ces dernières soient en dessous des besoins, notamment en matière d’agroenvironnement.  

«(…) Dans l’ensemble, le soutien gouvernemental au secteur agricole ne permet pas un développement optimal, surtout dans le contexte actuel d’incertitude et de très grande volatilité. Ces dix dernières années, les transferts budgétaires ont globalement diminué. Le gouvernement québécois peut et doit en faire plus au regard, notamment, de l’agroenvironnement et de la gestion des risques, car les besoins sont grands», a soutenu dans un communiqué le président de l’UPA, Martin Caron.

 

Milieu municipal

Le monde municipal salue, pour sa part, plusieurs investissements pour soutenir le développement des régions. 

L’Union des municipalités du Québec (UMQ) se réjouit de l’aide de 293 millions de dollars sur deux ans aux organismes de transport collectif, ainsi que le soutien pour le transport aérien et le transport interurbain. 

«L’aide apportée au transport aérien est bien accueillie, surtout dans un contexte où nos régions ont subi d’importantes coupures de service», a souligné par communiqué le président de l’UMQ et maire de Gaspé, Daniel Côté. 

Les millions de dollars supplémentaires au programme AccèsLogis et au Programme d’habitation abordable du Québec représentent aussi une bonne nouvelle pour l’UMQ.

«Avec les sommes annoncées, on a grand espoir qu’on pourra régler une bonne fois pour toutes l’arriéré qui perdurait depuis plus de 10 ans en logement social. Malgré ces mesures, il faut poursuivre le travail collectivement pour régler le déficit structurel en logement partout au Québec», a déclaré M. Côté.

Pour la Fédération québécoise es municipalités (FQM), ce sont les investissements pour améliorer la couverture cellulaire sur l’ensemble du territoire qui sont bien accueillis. 

«À titre de porte-parole des régions, la FQM a fait du réseau cellulaire une priorité et c’est pourquoi nous avons l’intention de suivre ce dossier de près jusqu’à ce que l’accès soit assuré pour tous. La prochaine étape sera d’obtenir un engagement ferme de tous les partis politiques à compléter le réseau lors de la prochaine campagne électorale», a affirmé le président et maire de Sainte-Catherine-de-Hatley, Jacques Demers. 

 

Culture

Près de 258 M$ sont prévus sur cinq ans, dont environ 160 M$ cette année, pour soutenir la relance et valoriser la culture québécoise dans la prochaine année, mais des détails sur la répartition de ces montants restent à connaître.  

La SODEC devrait recevoir sur trois ans 58,6 M$, ce qui réjouit l’Association des professionnels de l’édition musicale (APEM). Dans un communiqué, elle a dit souhaiter que cette somme vienne «bonifier les investissements que fait la SODEC en édition musicale et plus largement dans le secteur de la musique».

Selon l’Association québécoise de l’industrie du disque, du spectacle et de la vidéo (ADISQ), le budget Girard «envoie un signal clair» quant au soutien accordé au milieu culturel. 

«Depuis le début de la pandémie, le gouvernement du Québec est présent pour le milieu de la musique. Ce budget confirme une fois de plus son attachement à la culture d’ici, tout en reconnaissant son rôle stimulant pour notre société et notre économie.», a déclaré la directrice générale de l’ADISQ, Eve Paré, par voie de communiqué. 

Si l’Association québécoise de la production médiatique (AQPM) salue l’aide offerte, elle aurait voulu «des moyens plus pérennes» pour les producteurs indépendants. 

«Un ajustement du crédit d’impôt pour les productions audiovisuelles tel que préconisé par notre association aurait constitué une mesure structurante pour l’industrie en lui donnant l’assise nécessaire pour produire des contenus ambitieux», a souligné dans un communiqué la présidente-directrice générale de l’AQPM, Hélène Messier. 

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