Le bouclier du télescope James Webb poursuit son déploiement après deux problèmes

Publié le 04/01/2022 à 08:10

Le bouclier du télescope James Webb poursuit son déploiement après deux problèmes

Publié le 04/01/2022 à 08:10

Par La Presse Canadienne

Le télescope, dont le coût s’élève à 10 milliards $US et qui est le plus grand et le plus puissant observatoire astronomique jamais lancé, s’est envolé le 25 décembre depuis la Guyane française. (Photo: Getty Images)

Cape Canaveral — Le nouveau télescope spatial de la NASA est sur le point de compléter la partie la plus risquée de sa mission — le déploiement et la mise en tension du bouclier thermique —, puisque les contrôleurs au sol de la NASA ont résolu deux problèmes.

Le bouclier thermique du télescope spatial James Webb, de la taille d’un terrain de tennis, est maintenant complètement ouvert et est en train d’être tendu. L’opération devrait être terminée d’ici mercredi.

Le télescope, dont le coût s’élève à 10 milliards $US et qui est le plus grand et le plus puissant observatoire astronomique jamais lancé, s’est envolé le 25 décembre depuis la Guyane française. Son bouclier thermique et son miroir principal ont dû être repliés pour entrer dans la fusée européenne Ariane.

Le bouclier thermique est essentiel pour maintenir à des températures inférieures à zéro les instruments de détection infrarouge, qui scrutent l’univers à la recherche des premières étoiles et galaxies.

L’extension du bouclier thermique vendredi dernier «a été une grande réussite pour nous», a affirmé le chef de projet Bill Ochs. Les 107 actionneurs se sont ouverts correctement.

Mais il y a eu quelques obstacles.

Les contrôleurs de vol du Maryland ont dû réinitialiser le panneau solaire pour qu’il absorbe plus d’énergie. L’observatoire — considéré comme le successeur du vieillissant télescope spatial Hubble — n’a jamais été en danger, puisqu’il a reçu un flux d’énergie constant, a expliqué l’ingénieure Amy Lo, qui travaille pour Northrop Grumman, le principal sous-traitant du télescope.

Ils ont également réorienté le télescope pour limiter la lumière du soleil atteignant six moteurs en surchauffe. Ces moteurs ont suffisamment refroidi pour que l’on puisse commencer à déployer le bouclier, un processus de trois jours qui peut être interrompu si le problème se reproduit, ont indiqué les responsables.

«Tout est de retour à la normale et se passe bien», a déclaré Mme Lo.

Le chef de projet Ochs s’attend à ce que le reste de la mise en tension se fasse sans problème majeur.

«La meilleure chose qui puisse nous arriver est que l’ennui s’installe. C’est ce que nous prévoyons pour les trois prochains jours: de l’ennui», a-t-il mentionné aux journalistes lors d’une conférence téléphonique.

Si c’est le cas, le miroir plaqué or du télescope, qui mesure plus de 6,5 mètres de diamètre, pourrait se déployer dès cette fin de semaine.

Webb devrait atteindre sa destination, à 1,6 million de kilomètres de la Terre, d’ici la fin du mois de janvier. Lundi, le télescope avait franchi plus de la moitié du chemin.

Le télescope utilise un détecteur qui le guide avec une extrême précision et un imageur et spectrographe sans fente dans le proche infrarouge, un instrument qui permettra aux astronomes d’observer des galaxies lointaines et d’étudier l’atmosphère d’exoplanètes.

Ces deux instruments ont été conçus et construits au Canada.

En échange de sa contribution au télescope, le Canada est garanti d’avoir au moins cinq pour cent du temps d’observation du télescope, une fois que les données commenceront à arriver.

Le télescope infrarouge devrait commencer à observer le cosmos à la fin du mois de juin, pour finalement dévoiler les premières étoiles et galaxies formées dans l’univers, il y a 13,7 milliards d’années. C’est à peine 100 millions d’années après le Big Bang qui a créé l’univers.

Lancé en 1990, Hubble, qui voit principalement la lumière visible, est remonté jusqu’à 13,4 milliards d’années. Les astronomes espèrent combler cette lacune grâce à Webb, qui est 100 fois plus puissant.

Autre bonne nouvelle, lundi, les responsables ont déclaré qu’ils s’attendent à ce que Webb dure bien plus longtemps que les 10 années initialement prévues, compte tenu de son efficacité énergétique.

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