La Banque d'Angleterre voit l'inflation dépasser 4%, mais ne change pas de cap

Publié le 23/09/2021 à 08:39

La Banque d'Angleterre voit l'inflation dépasser 4%, mais ne change pas de cap

Publié le 23/09/2021 à 08:39

Par AFP

Alors que l'hiver approche, les prix du gaz ont grimpé à des niveaux records au Royaume-Uni, particulièrement dépendant de cette source d'énergie. (Photo: 123RF)

La Banque d'Angleterre (BoE) a maintenu sa politique monétaire inchangée jeudi, mais a encore relevé ses prévisions d'inflation, à «légèrement» plus de 4% avant la fin de l'année, notamment en raison de l'envol des prix de l'énergie.

La BoE tablait jusqu'à présent sur une inflation de 4% au dernier trimestre de l'année, bien au-delà de son objectif de 2%. 

Cette montée des prix «s'explique principalement par la hausse des coûts de l'énergie et des biens», explique-t-elle dans un communiqué publié après sa réunion de politique monétaire de septembre.

Alors que l'hiver approche, les prix du gaz ont grimpé à des niveaux records au Royaume-Uni, particulièrement dépendant de cette source d'énergie.

«La vision principale du comité de politique monétaire est que la hausse des prix est temporaire», tempère la Banque.

Malgré cet indicateur, et pour éviter d'étouffer la reprise économique, tous les membres du comité monétaire se sont accordés pour conserver le taux à 0,1%.

Au Royaume-Uni, l'inflation en forte hausse (3,2% sur un an en août, un sommet depuis 2012) n'est plus couplée avec une croissance robuste: le PIB n'a gagné que 0,1% en juillet. 

De quoi nourrir les risques d'une «stagflation» relevés par certains observateurs, avec une croissance faible ou absente et une inflation élevée qui persiste

La BoE affirme avoir revu à la baisse ses prévisions de croissance pour le troisième trimestre, et prévoit que l'économie britannique sera «2,5% plus bas qu'avant la pandémie à la fin du trimestre».

Deux membres se sont toutefois opposés au maintien du plan de rachats d'actifs de 895 milliards de livres.

 

Emploi sous perfusion

Toutes les banques centrales font face au même dilemme, entre inflation et crainte d'étouffer la reprise.

La Fed américaine a annoncé mercredi soir qu'elle pourrait «bientôt» commencer à réduire son soutien monétaire à l'économie ; la Banque centrale suisse n'a pas touché à sa politique monétaire ; et celle de Norvège a été jeudi la première des grandes banques centrales à relever ses taux, à 0,25%.

La BoE dit observer attentivement la réaction du marché du travail à la fin du programme gouvernemental d'aide à l'emploi, fin septembre.

«Le nombre d'employés aidés par le programme a continué de reculer en juillet, mais, à en croire le chiffre le plus récent de 1,7 million de personnes en juillet, il baisse moins rapidement que nous ne l'attendions», explique l'institution.

«Le Comité va attendre (la prochaine réunion de) novembre pour donner des indications plus claires sur les taux d'intérêt, car à ce moment elle sera plus en position d'estimer l'effet qu'aura eu la fin du programme gouvernemental et d'analyser le budget, qui sera présenté en octobre», explique l'économiste Samuel Tombs, de Pantheon Macroeconomics.

«Le scénario le plus optimiste, c'est que la fin du programme ait peu d'effet sur le marché du travail. Il serait alors possible que la Banque remonte ses taux dès le premier trimestre, en ligne avec les prévisions du marché», détaille-t-il dans une note.

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