L'intensité des problèmes de chaîne d'approvisionnement a surpris la Banque du Canada

Publié le 03/05/2022 à 14:16

L'intensité des problèmes de chaîne d'approvisionnement a surpris la Banque du Canada

Publié le 03/05/2022 à 14:16

Par La Presse Canadienne

«L’invasion de l’Ukraine a intensifié les difficultés d’approvisionnement et fait monter les prix des produits de base et l’inflation partout dans le monde.» (Photo: La Presse Canadienne)

Toronto — L’intensité et la persistance des perturbations de la chaîne d’approvisionnement, qui ont contribué à alimenter la hausse du coût de la vie, ont surpris la Banque du Canada, a affirmé mardi la première sous-gouverneure de la banque centrale.

Dans un discours prononcé devant le groupe Women in Capital Markets, à Toronto, Carolyn Rogers a souligné qu’il avait été difficile d’avoir une vision claire de l’avenir au cours des deux dernières années.

«Des problèmes qui ne touchaient au départ que quelques produits clés, comme les puces électroniques, se sont propagés à une vaste gamme de biens», a affirmé Carolyn Rogers dans le texte préparé de son allocution, publié à Ottawa.

«L’invasion de l’Ukraine a intensifié les difficultés d’approvisionnement et fait monter les prix des produits de base et l’inflation partout dans le monde.»

Et maintenant, a poursuivi Carolyn Rogers, certaines parties de la Chine sont soumises à de nouveaux confinements, ce qui entraîne de nouveaux problèmes d’approvisionnement, des retards d’expédition et de l’incertitude.

«Ces enjeux, nous ne les avions pas anticipés», a-t-elle fait valoir.

Les perturbations de la chaîne d’approvisionnement ont alimenté l’inflation, qui a atteint son niveau le plus élevé en trois décennies.

La Banque du Canada a relevé la cible de son taux d’intérêt directeur d’un demi-point de pourcentage le mois dernier, pour le porter à 1,0%, et a prévenu que d’autres hausses de taux viendraient alors qu’elle s’efforce de ramener l’inflation à son objectif de 2,0%.

Carolyn Rogers a souligné l’indépendance de la Banque du Canada dans la prise de ses décisions.

«(Le) désir d’avoir un organisme public indépendant du secteur bancaire et de l’appareil politique, dont la responsabilité est de guider l’économie pour servir au mieux les intérêts des Canadiens à long terme, est à l’origine de la création des banques centrales», a-t-il expliqué.

Carolyn Rogers a noté qu’une inflation de près de 7%, qui s’étend à de plus en plus d’articles de tous les jours, avait pour effet de comprimer les budgets familiaux et d’exercer une pression sur les entreprises.

«La forte inflation au Canada et ailleurs est en grande partie attribuable aux pressions mondiales, notamment les perturbations des chaînes d’approvisionnement et les prix élevés des produits de base. Mais comme l’économie canadienne commence à surchauffer, nous ne pouvons laisser la demande dépasser de trop loin l’offre, sinon nous risquons d’alimenter davantage l’inflation.»

La Banque du Canada a indiqué qu’elle s’attendait à ce que l’inflation atteigne en moyenne près de 6% au premier semestre de l’année et demeure bien au-dessus de sa fourchette de contrôle de 1 à 3% pour le reste de l’année.

 

Sur le même sujet

Je persiste et je signe: pas de récession à court terme

Mis à jour le 27/06/2022 | Pierre Cléroux

EXPERT INVITÉ. Les consommateurs, rappelons-le donc, sont bien positionnés pour affronter une hausse des taux d’intérêt.

La ministre Freeland discute de l'inflation mondiale avec son homologue américaine

Lors de leur rencontre, Freeland et Yellen ont dit avoir discuté de la manière de réduire les coûts pour les familles.

À la une

Le secret d'un démarrage réussi

BLOGUE INVITÉ. Pas besoin d'une grande idée pour se lancer en affaires, mais plutôt d'une bonne solution.

Le «métro-boulot» vous ennuie? À Calgary, on peut monter à bord d'un autobus karaoké

Il y a 21 minutes | La Presse Canadienne

Calgary veut lutter contre la baisse de l’achalandage dans les transports en commun causée par la pandémie.

Le Canada se dirigerait vers une «courte» récession «modérée» en 2023, selon RBC

Dans un nouveau rapport, la Banque Royale dit s'attendre à ce que les prix des maisons chutent de 10%.