Gérard Depardieu rend son passeport français et veut devenir Belge

Publié le 16/12/2012 à 11:54

Gérard Depardieu rend son passeport français et veut devenir Belge

Publié le 16/12/2012 à 11:54

Par AFP

L'acteur Gérard Depardieu, s'estimant "injurié" par les critiques sur son exil fiscal en Belgique, a annoncé dimanche qu'il rendait son passeport français, et a déjà entamé les démarches pour prendre la nationalité belge, intensifiant la réprobation du gouvernement français.

Dans une lettre ouverte au Premier ministre Jean-Marc Ayrault, qui avait jugé "assez minable" son installation en Belgique, le comédien déclare: "Je vous rends mon passeport et ma Sécurité sociale, dont je ne me suis jamais servi".

Dans la foulée, Gérard Depardieu a demandé la procédure pour obtenir un passeport belge, a affirmé dimanche à l'AFP Daniel Senesael, le bourgmestre (maire) d'Estaimpuis, qui englobe le village belge de Néchin, où l'acteur a récemment acheté une maison.

"M. Depardieu a demandé comment faire pour obtenir un passeport belge et comment bénéficier de la mutuelle (Sécurité sociale). Je lui ai expliqué les démarches à accomplir", a déclaré M. Senesael.

 Un Français peut demander à perdre la nationalité française dès l'instant où il demande celle d'un autre pays, selon le code civil.

"Je ne demande pas à être approuvé, je pourrais au moins être respecté ! Tous ceux qui ont quitté la France n'ont pas été injuriés comme je le suis", écrit l'acteur dans sa lettre, publiée par le Journal du Dimanche. 

Premier à réagir parmi les membres du gouvernement, le ministre du Travail Michel Sapin a vu dans la décision de l'acteur "une forme de déchéance personnelle", une "attitude pas à la hauteur de l'acteur".

La ministre de la Culture Aurélie Filippetti s'est affirmée "tout à fait scandalisée". "La citoyenneté française c'est un honneur, ce sont des droits et des devoirs aussi, parmi lesquels le fait de pouvoir payer l'impôt", a-t-elle insisté. 

Le ministre de l'Education nationale Vincent Peillon a estimé que l'exil fiscal de l'acteur était une "attitude anti-citoyenne" et un "mauvais exemple" pour les jeunes.

Le Premier secrétaire du PS Harlem Désir a estimé qu'"on ne choisit pas son passeport en fonction de sa feuille d'impôt".

 

145 millions

Tout en se disant "triste" de la décision de l'acteur avec qui elle avait travaillé contre l'illétrisme, l'ancienne ministre UMP Nadine Morano a surtout estimé qu'il était la victime du "matraquage fiscal" du gouvernement socialiste.

 Dans sa lettre, Depardieu rappelle avoir commencé à travailler "à 14 ans comme imprimeur, comme manutentionnaire puis comme artiste dramatique", il affirme avoir "toujours payé (ses) taxes et impôts". Il dit même avoir payé "en 2012 85% d'impôts sur (ses) revenus".

"Qui êtes-vous pour me juger ainsi, je vous le demande M. Ayrault, Premier Ministre de M. Hollande, je vous le demande, qui êtes-vous ?", lance Gérard Depardieu, l'un des acteurs les plus populaires et les mieux payés du cinéma hexagonal, qui a cumulé les récompenses mais aussi les frasques.

"Je n'ai jamais tué personne, je ne pense pas avoir démérité, j'ai payé 145 millions d'euros d'impôts en 45 ans, je fais travailler 80 personnes (...) Je ne suis ni à plaindre ni à vanter, mais je refuse le mot minable", insiste-t-il.

"Je pars parce que vous considérez que le succès, la création, le talent en fait la différence doit être sanctionnée", poursuit-il.

"Des personnages plus illustres que moi ont été expatriés ou ont quitté notre pays. Je n'ai malheureusement plus rien à faire ici, mais je continuerai à aimer les Français et ce public avec lequel j'ai partagé tant d'émotions !"

Le départ annoncé de l'acteur, concomitant avec la confirmation de la mise en vente de son hôtel particulier parisien, avait été dénoncé comme antipatriotique par la gauche, tandis que la droite y voyait le résultat de la politique du gouvernement.

"Je trouve cela assez minable (...). Tout cela pour ne pas payer d'impôt, pour ne pas en payer assez", avait déclaré mercredi Jean-Marc Ayrault.

Le président François Hollande a prôné une renégociation des conventions fiscales avec la Belgique.

Au même moment, l'écrivain Michel Houellebecq, Goncourt 2010, annonçait son retour en France après plusieurs d'années d'exil en Irlande.

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