Le projet le mieux géré… le métro à Laval!

Publié le 04/02/2009 à 00:00

Le projet le mieux géré… le métro à Laval!

Publié le 04/02/2009 à 00:00

Ça demandait quelques explications et c’est la raison pour laquelle nous avons joint Claude Besner, professeur au Département management et technologie d’ESG UQAM et président du jury qui a fait ce choix à priori étonnant.

«Le jury que je présidais a pu prendre connaissance du dossier complet du prolongement du métro à Laval et il est clair que ce qui a été perçu comme un désastre par la population est attribuable à un cafouillage et à de l’ingérence politique», explique M. Besner.

Selon lui, dès que les politiciens ont remis le projet entre les mains de gestionnaires de projets, tout s’est déroulé dans les règles de l’art. «Le projet a même coûté 5 millions de dollars de moins que prévu au budget et a été complété dans les délais.»

La gestion du prolongement du métro à Laval a été confiée au Groupement SGTM, formé spécialement pour ce projet et qui comprend les SNC-Lavalin, Tecsult et le consortium MBGF.

«En 1997, le prolongement du métro de Toronto avait coûté 146 millions de dollars le kilomètre. C’est la norme. Comment, l’année suivante, le gouvernement du Québec a-t-il pu annoncer que les 5,2 kilomètres de prolongement du métro à Laval, qui en plus devait traverser une rivière, coûteraient 179 millions de dollars au total, je n’en ai aucune idée. Il y avait sans doute quelqu’un quelque part qui voulait annoncer un projet à tout prix.»

M. Besner, qui est membre de la Chaire en gestion de projet d’ESG UQAM, mentionne entre autres que l’estimation du projet ne respectait pas les règles de l’art. Ces règles veulent que l’estimation soit indépendante, c’est-à-dire faite par une société qui ne peut pas soumissionner sur le projet.

Par ailleurs, M. Besner met en garde contre la pensée magique attachée aux PPP (partenariat public-privé). «Si le projet en PPP est aussi mal défini que celui du métro de Montréal à Laval, on va avoir les mêmes mauvaises surprises. Les PPP ne sont pas une panacée.»

L’expert croit qu’il n’y a qu’une seule solution pour éviter le cafouillage comme à Laval, soit d’adopter une loi pour encadrer la gestion des grands projets. «C’est ce que voulait faire Madame Monique Jérôme-Forget, ministre des Finances, qui voulait que sa politique de gestion des grands projets devienne une loi, mais son gouvernement était minoritaire à cette époque et l’opposition s’est objectée.»

À surveiller bientôt.

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