La spirale récessionniste sera-t-elle mondiale ?

Publié le 29/08/2008 à 00:00

La spirale récessionniste sera-t-elle mondiale ?

Publié le 29/08/2008 à 00:00

Par Olivier Schmouker

En Allemagne, l’évolution du produit intérieur brut (PIB) s’est contractée de 0,5% au deuxième trimestre. Pilier de l’économie germanique, les exportations souffrent de la morosité des consommateurs européens, au point de se replier de 0,2% au deuxième trimestre.

Le moral des patrons et des ménages allemands en ont pris un coup. L’indice IFO, qui mesure le moral des dirigeants, est en chute libre à 95 points ce mois-ci, contre 97,5 points en juillet. Et l’indice GfK du moral des ménages accuse une baisse de 1,5 point, son niveau le plus bas depuis 2003.

La Grande-Bretagne en stagflation

Après une période exceptionnellement longue d’expansion économique, la Grande-Bretagne est officiellement entrée en stagflation au deuxième trimestre, qui correspond à une stagnation du PIB couplée à une forte inflation. Et elle semble plus que jamais promise à une récession.

L’ONS, l’équivalent britannique de Statistique Canada, a en effet révisé ses données sur la croissance économique pour le deuxième trimestre. Résultat : l’évolution du PIB a été de 0%. Et la plupart des indicateurs économiques sont dans le rouge.

«Comme les autres, nous subissons les conséquences des prix mondialement élevés des matières premières, et des incertitudes sur le marché du crédit», a expliqué un porte-parole du Trésor.

Une catastrophe pour la France

De son côté, le PIB français a reculé de 0,3% au deuxième trimestre, selon l’Insee, le pendant de Statistique Canada. Inflation, consommation chancelante, immobilier en crise, production industrielle en berne : tout est réuni pour assister à une récession.

Ainsi, l’inflation est au plus haut depuis ces 17 dernières années, avec une progression de 3,6% à la fin de juillet. Du coup, les ménages consomment moins qu’auparavant : ils roulent moins, ils vont moins au restaurant et diffèrent les achats jugés comme superflus. La bulle immobilière commence à se dégonfler, les ménages craignant de contracter des dettes pour devenir propriétaire ou même changer de logement.

Quant à la production industrielle, elle tourne au ralenti. Elle a même reculé de 1,4% au deuxième trimestre. Une «catastrophe» selon nombre d’analystes français, qui n’est survenue qu’à trois reprises depuis 1993.

Le moral à plat des Européens

Le PIB a diminué de 0,2% au deuxième trimestre dans les 15 pays de la zone euro, et de 0,1% dans les 27 pays de l’Union européenne. Les pays les plus touchés sont l’Allemagne, l’Italie et la France.

Pourtant la croissance du PIB, tant pour la zone euro que pour l’Union européenne, avait été de 0,7% au trimestre précédent, selon Eurostat.

En conséquence, l’indice de confiance économique dans la zone euro, qui exprime le moral des consommateurs et des chefs d’entreprise, est tombé à 89,5 points en juillet. C’est son niveau le plus bas depuis 2003, selon un rapport de la Commission européenne.

La perte brutale de 5,3 points est la plus forte depuis les attentats du 11 septembre 2001. Les reculs les plus marqués concernent l’Italie et la Grande-Bretagne. «Ces résultats sont encore plus maussades que prévu, dit Holger Schmieding, chef du service Europe de la Bank of America. Le risque d’une récession dans l’année n’est plus négligeable.»

Bientôt le tour des Etats-Unis ?

Les Etats-Unis risquent d’entrer en récession au second semestre, en raison de l’atténuation de l’effet des mesures monétaires et fiscales adoptées pour enrayer la crise immobilière, selon des analystes de la banque UBS.

«Les fortes baisses de taux d’intérêt et les remboursements d’impôts ont jusqu’ici permis à l’économie américaine d’éviter la récession», mais cet effet arrive à sa fin, estiment-ils.

Dans le meilleur des cas, la croissance américaine devrait atteindre 1,3% cette année, mais à peine 1% en 2009. Il ne s’agirait pas alors de récession technique, mais en tout cas d’une crise économique majeure.

Cela étant, l’évolution du PIB a surpris tout le monde, hier. Il a progressé de 3,3% au deuxième trimestre, selon les nouvelles estimations du département du Commerce.

Le soleil se couche sur le Japon

Même si le gouvernement japonais reconnaît du bout des lèvres que «l’économie faiblit», d’autres parlent ouvertement de prochaine récession. Le PIB a regressé de 0,6% au deuxième trimestre, après un gain de 0,8% au trimestre précédent.

Cela a sonné le glas de la plus longue période de prospérité du Japon depuis la Seconde guerre mondiale, qui avait duré 78 mois d’affilée. Le hic? Le recul des exportations de 1,7% sur un an, la demande américaine se faisant moins forte. De plus, l’archipel, presque entièrement dépourvu de ressources naturelles, subit l’envolée des prix du pétrole et des autres matières premières.

La Chine est-elle notre sauveur ?

La moitié de l’économie mondiale est déjà, ou presque, en récession, selon des analystes de Goldman Sachs.

Les économies des Etats-Unis, du Japon, de la zone euro et de la Grande-Bretagne sont fragilisées en ce moment, et sur le point de tomber en récession technique. De surcroît, les chances que l’économie mondiale évite la récession ne sont que de 20%, selon Goldman Sachs.

Qu’est-ce qui permettrait de ne pas en arriver là? Essentiellement une croissance soutenue de la Chine, soutiennent-ils.

Avec AFP et PC.

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