La Gaspésie, c'est l'avenir du Québec

Publié le 25/09/2010 à 00:00, mis à jour le 23/09/2010 à 16:06

La Gaspésie, c'est l'avenir du Québec

Publié le 25/09/2010 à 00:00, mis à jour le 23/09/2010 à 16:06

À mes débuts, je me suis retrouvé un jour en reportage dans une école du nord de la Gaspésie. Je demande à un écolier d'une douzaine d'années ce qu'il a l'intention de faire dans la vie. " En tout cas, j'aimerais être comme mon oncle, pas comme mon père ", me dit-il. Intéressé, je lui demande quelle est la différence. Sa réponse restera à jamais gravée dans ma mémoire : " Mon oncle, lui, il est sur le chômage, mon père est sur le bien-être ! "

Ce pré-ado pouvait difficilement imaginer qu'il aurait un jour un vrai travail. Dans son coin de pays, on se comptait chanceux de bosser 10 à 12 semaines par an, le temps de ramasser les fameux timbres de chômage. Ceux qui y parvenaient pouvaient compter sur un meilleur revenu... et un meilleur statut social. Pauvre Gaspésie ! Somptueuse, riche de multiples ressources, tournée vers le large, mais sous-développée. Parce qu'elles ont été mal exploitées, les ressources ont fini par diminuer. Les mines ont fermé; des papetières, des scieries, des usines de transformation des produits de la mer, des manufactures sont mortes d'avoir agonisé. À l'époque, la Caisse populaire de Sainte-Anne-des-Monts était l'une des plus prospères du Québec. Pourquoi ? Parce que des dizaines de pères de famille travaillaient à la Baie James et envoyaient leurs chèques de paie à la maison...

Pour ajouter au malaise, la Gaspésie vieillit. Les jeunes s'en vont. Ou s'en allaient. Car le vent tourne, à l'image de cette industrie éolienne qui a trouvé là-bas un terreau fertile.

La différence ? Moins de résignation, plus de fierté, et Internet.

Je me rappelle l'époque où on ne pouvait même pas envoyer une télécopie, parce qu'il fallait partager une ligne entre quatre abonnés. Les temps ont changé. Déjà, il y a une dizaine d'années, j'écrivais un texte sur un résidant de Port-Daniel qui y concevait des sites Internet pour des clients des Antilles !

Il restait cependant le problème de la vitesse de transmission. Dans la Baie des Chaleurs, grâce à l'entrée en scène d'un nouveau fournisseur, navigue.com, cette difficulté a disparu.

C'est comme si on s'était donné le mot pour rajeunir le paysage industriel, avec la grappe de l'énergie éolienne comme porte-étendard. Les grands moulins à vent, ici, sont bien acceptés et des équipementiers ont créé des emplois à Matane et à Gaspé. Si ça peut continuer...

La Gaspésie a conservé toutes ses qualités et elle s'est branchée sur le reste du monde. Il est dorénavant plus facile de reconnaître ses attraits.

Les maisons - même les belles maisons - ne coûtent pas cher. Les gens sont gentils. Percé est un endroit fabuleux, le plus beau du Québec. Les plages de la Baie des Chaleurs demeurent les seules où l'on peut se baigner en mer au Québec sans être obligés d'avoir la " couenne dure " (bon, d'accord, avec celles des Îles-de-la-Madeleine, les plus belles du monde, mais à la fin juillet). Ajoutez le Gîte du Mont-Albert, la pêche aux saumons, le paspéya (accent acadien de Paspébiac), le deltaplane au mont Saint-Pierre, les homards... Des histoires, j'en aurais des tonnes à vous raconter. Mais la plus inspirante, c'est celle-ci : des jeunes reviennent. Tranquillement. Ils s'emparent d'un coin de pays et travaillent à le faire revivre. S'ils réussissent, le Québec réussira.

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