L'Ukraine peut compter sur l'OTAN «aussi longtemps qu'il le faudra»

Publié le 29/06/2022 à 08:55, mis à jour le 29/06/2022 à 10:58

L'Ukraine peut compter sur l'OTAN «aussi longtemps qu'il le faudra»

Publié le 29/06/2022 à 08:55, mis à jour le 29/06/2022 à 10:58

Par AFP

Les pays réunis vont également valider l'élargissement de l'Alliance à la Suède et à la Finlande. (Photo: 123RF)

Ce texte regroupe toutes les réactions depuis l'invasion de la Russie en Ukraine pour la journée du 29 juin 2022. Il sera mis à jour au courant de la journée. Pour retrouver toute notre couverture sur le conflit, c'est ici.     

10h19 | Madrid — L’Ukraine peut compter sur le soutien de l'OTAN «aussi longtemps qu'il le faudra», a déclaré mercredi à Madrid le secrétaire général de l'Alliance atlantique, dont les pays membres ont dénoncé la «cruauté épouvantable» de Moscou.

«L'Ukraine peut compter sur nous aussi longtemps qu'il faudra», a déclaré Jens Stoltenberg lors du sommet de l'organisation à Madrid.

Dans une déclaration commune, les dirigeants de l'Alliance atlantique s'engagent ainsi à «renforcer encore leur soutien politique et pratique» à l'Ukraine. 

Ils disent s'être mis d'accord avec Kyiv sur un nouveau plan d'aide, qui doit en particulier «accélérer la livraison d'équipements militaires non létaux et améliorer les défenses» ukrainiennes contre les cyberattaques. 

Les pays de l'OTAN ont déjà fourni des milliards de dollars d'équipements militaires à l'Ukraine dont le président Volodymyr Zelensky leur a demandé mercredi par visioconférence de l'artillerie moderne et un soutien financier.

Les dirigeants des pays de l'OTAN, qui ont adopté mercredi une nouvelle feuille de route stratégique, ont qualifié la Russie «de menace la plus significative et directe pour la sécurité des alliés».

«Nous ne pouvons pas écarter la possibilité d'une attaque contre la souveraineté ou l'intégrité territoriale des alliés», disent-ils dans ce document qui n'avait pas été révisé depuis 2010 et dont la dernière version qualifiait Moscou de «partenaire stratégique».

Face à la menace russe, les membres de l'OTAN ont décidé de renforcer leurs «groupements tactiques» sur le flanc oriental de l'Alliance en «déployant des forces additionnelles prêtes au combat». 

Alors que l'invasion russe est entrée dans son cinquième mois, les pays de l'OTAN ont dénoncé «l'épouvantable cruauté de la Russie» qui «provoque d'immenses souffrances humaines et des déplacements massifs, touchant de manière disproportionnée les femmes et les enfants». 

«La Russie porte l'entière responsabilité de cette catastrophe humanitaire», poursuivent-ils.

Ils somment Moscou de fournir un accès humanitaire «sans entrave» aux zones touchées et de retirer «immédiatement» ses troupes, et promettent d'œuvrer pour poursuivre les responsables de crimes de guerre, «y compris les violences sexuelles liées au conflit».

Les 30 pays membres de l'Alliance atlantique disent «travailler étroitement» pour permettre les exportations de céréales ukrainiennes, accusant la Russie d'«exacerber intentionnellement la crise alimentaire et énergétique mondiale».

 

L'OTAN se renforce aux portes de la Russie

8h16 | Madrid — Réunis pour un sommet crucial à Madrid, les pays de l'OTAN vont renforcer leur présence militaire aux portes de la Russie et valider l'élargissement de l'Alliance à la Suède et à la Finlande, un mouvement jugé «agressif» et «profondément déstabilisateur» par Moscou.

L'OTAN se trouve «à un moment pivot» de son histoire, a déclaré le secrétaire général de l'organisation, Jens Stoltenberg, en ouvrant les débats auxquels participent l'ensemble des dirigeants de l'Alliance jusqu'à jeudi.

Lors de ce sommet, destiné notamment à réviser la feuille de route de l'Alliance pour la première fois depuis 2010, nous allons dire clairement que la Russie représente une menace directe pour notre sécurité», a poursuivi Jens Stoltenberg.

Cette rencontre, plus de quatre mois après le début de l'invasion russe de l'Ukraine le 24 février, va avaliser le renforcement de la présence militaire sur le flanc oriental de l'OTAN, qui va par ailleurs porter le nombre de ses forces à haut niveau de préparation à plus de 300 000 militaires.

«C'est la réorganisation la plus importante de notre défense collective depuis la Guerre froide», a insisté le secrétaire général.

«Nous sommes au rendez-vous» et «nous prouvons que l'OTAN est plus nécessaire que jamais», a dit le président américain Joe Biden qui a annoncé pour sa part un renforcement de la présence militaire américaine dans toute l'Europe et notamment dans les États baltes.

 

«Plus d'OTAN»

S'exprimant en visioconférence devant les dirigeants de l'Alliance, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a demandé mercredi un soutien accru de l'OTAN, pour permettre à Kyiv de faire face aux forces russes.

«Pour que nous brisions la prépondérance de l'artillerie russe, (…) il nous faut beaucoup plus de ces systèmes modernes, de cette artillerie moderne», a-t-il indiqué, en précisant que Kyiv avait besoin «d'environ 5 milliards de dollars par mois» pour assurer sa défense.

Les pays de l'OTAN, qui ont déjà fourni des milliards de dollars d'aide à Kyiv, doivent convenir à Madrid «d'un programme d'assistance complet à l'Ukraine pour l'aider à faire respecter son droit à la légitime défense», selon Jens Stoltenberg.

La Norvège a parallèlement annoncé mercredi l'envoi à l'Ukraine de trois batteries de lance-roquettes à longue distance MLRS. Mardi, les ministres de la défense allemand et néerlandais avaient eux annoncé la livraison de six obusiers supplémentaires.

Le président russe Vladimir Poutine, qui avait notamment justifié l'offensive contre l'Ukraine par la crainte d'un nouvel élargissement vers l'est de l'OTAN, «espérait moins d'OTAN sur son front occidental à la suite de son invasion illégale de l'Ukraine», mais «il s'est complètement trompé»: «il obtient plus d'OTAN», a insisté le Premier ministre britannique Boris Johnson.

 

Veto turc levé

Le sommet de Madrid va être également l'occasion de lancer le processus d'adhésion de la Suède et la Finlande, qui ont décidé de rejoindre l'OTAN en réaction à l'offensive russe en Ukraine, rompant avec une longue tradition de non-alignement militaire.

Cette adhésion était jusqu'à présent bloquée par la Turquie, membre de l'OTAN depuis 1952, qui accusait notamment Stockholm et Helsinki d'abriter des militants de l'organisation kurde PKK, qu'Ankara considère comme «terroriste».

Mais au terme de longues tractations, la Turquie a donné mardi soir son accord à l'entrée dans l'OTAN de ces deux pays nordiques, le président turc Recep Tayyip Erdogan ayant estimé avoir obtenu leur «pleine coopération» dans sa lutte contre le PKK.

La Turquie a ainsi annoncé mercredi qu'elle allait réclamer à Stockholm et Helsinki l'extradition de 33 personnes qu'elle considère comme des «terroristes».

Cet élargissement de l'OTAN aux deux pays nordiques, dont l'entrée formelle doit être ratifiée par les parlements des 30 États membres et prendre plusieurs mois, a suscité mercredi la colère de Moscou, qui a dénoncé un mouvement «agressif» à l'égard de la Russie.

C'est «un facteur profondément déstabilisateur pour les affaires internationales», a dit le vice-ministre des Affaires étrangères, Sergueï Riabkov.

Dans un communiqué, la diplomatie russe a également menacé de représailles la Norvège, accusant ce pays membre de l'OTAN de bloquer le transit de marchandises à destination des Russes installés sur un archipel arctique norvégien, le Svalbard.

 

«Guerre de macho»

Le sommet de l'OTAN se déroule alors que l'Ukraine continue sur le terrain de payer un lourd tribut: les autorités ukrainiennes ont ainsi fait état mercredi de plusieurs frappes meurtrières contre des civils, notamment dans les régions de Mikolaïv (sud) et Dnipro (centre-est).

Ces frappes sont survenues deux jours après une attaque qui a ravagé un centre commercial bondé à Krementchouk, à 330 kilomètres au sud-est de Kyiv, faisant au moins 18 morts et une quarantaine de disparus, selon le gouvernement ukrainien.

Lors d'une intervention en direct mardi soir devant le Conseil de sécurité de l'ONU, Volodymyr Zelensky a demandé l'envoi d'une commission d'enquête et réclamé que la Russie soit expulsée de son siège permanent, dénonçant «l'un des actes terroristes les plus éhontés de l'histoire européenne».

Malgré les quelques avancées des troupes russes sur le terrain ces derniers jours, le ministre britannique de la Défense Ben Wallace a estimé mercredi que la Russie avait «échoué sur tous ses objectifs majeurs».

Les troupes russes ne progressent que de «quelques centaines de mètres sur plusieurs jours», pour un «coût massif» pour Moscou, a-t-il assuré dans un entretien à la radio LBC, en estimant à «25 000» le nombre de soldats tués côté russe depuis le début du conflit.

Un bilan attribué par Boris Johnson à la «toxicité masculine» de Vladimir Poutine. «Si Poutine était une femme, (…) je ne pense vraiment pas qu'il se serait embarqué dans cette guerre folle de macho», a estimé le Premier ministre britannique sur la chaîne de télévision allemande ZDF.

 

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