ONU: endommager la centrale de Zaporijjia serait «un suicide»

Publié le 18/08/2022 à 14:35, mis à jour le 18/08/2022 à 14:36

ONU: endommager la centrale de Zaporijjia serait «un suicide»

Publié le 18/08/2022 à 14:35, mis à jour le 18/08/2022 à 14:36

Par AFP

«Nous devons dire les choses telles qu'elles sont: tout dégât potentiel à Zaporijjia serait un suicide», a déclaré Antonio Guterres, appelant une nouvelle fois à «démilitariser» la centrale, occupée par l'armée russe. (Photo: 123RF)

Ce texte regroupe toutes les dernières réactions au niveau international à propos de l'invasion de la Russie en Ukraine pour la journée du 17 août. Pour retrouver toute notre couverture sur le conflit, c'est ici. NDLR. Certains contenus sont explicites et peuvent être difficiles à lire. 

Lviv — Le secrétaire général de l'ONU a averti jeudi que tout dégât à la centrale nucléaire de Zaporijjia en Ukraine serait un «suicide», alors que le président turc Recep Tayyip Erdogan a dit craindre un «nouveau Tchernobyl», lors d'une rencontre à Lviv avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky.

«Nous devons dire les choses telles qu'elles sont: tout dégât potentiel à Zaporijjia serait un suicide», a déclaré Antonio Guterres, appelant une nouvelle fois à «démilitariser» la centrale, occupée par l'armée russe.

Se disant «gravement préoccupé» par la situation dans la plus grande centrale nucléaire d'Europe, il a appelé à ne pas l'utiliser «pour quelque opération militaire que ce soit».

De son côté, le président turc Recep Tayyip Erdogan a affirmé le soutien de la Turquie à l'Ukraine et s'est alarmé du danger d'un «nouveau Tchernobyl», en référence au plus important accident nucléaire civil.

Le réacteur numéro 4 de la centrale de Tchernobyl avait explosé le 26 avril 1986, dégageant un nuage radioactif qui s'est propagé sur toute l'Europe. 

«Alors qu'on poursuit nos efforts pour une solution, nous avons été et continuons d'être du côté de nos amis ukrainiens», a affirmé M. Erdogan avant d'ajouter qu'il ne veut pas d'un «nouveau Tchernobyl».

Occupée depuis début mars, cette centrale dans le sud du pays est la proie depuis fin juillet de bombardements dont Moscou et Kyiv s'accusent mutuellement.

Le président Zelensky a estimé jeudi que la visite à Lviv de son homologue turc Recep Tayyip Erdogan était un «message puissant de soutien» pour son pays.

Il a exclu toute négociation de paix avec Moscou sans le retrait préalable des troupes russes du territoire de l'Ukraine.

«Des gens qui tuent, violent, frappent nos villes civiles avec des missiles de croisière chaque jour ne peuvent pas vouloir la paix. Ils devraient d'abord quitter notre territoire, ensuite on verra», a déclaré M. Zelensky lors d'une conférence de presse à Lviv, disant «ne pas faire confiance à la Russie».

Dans la matinée, l'armée russe a assuré n'avoir pas déployé d'«armes lourdes» dans et autour de la centrale de Zaporijjia, contrairement à ce qu'affirme Kyiv.

L'Ukraine reproche également à la Russie d'utiliser la centrale comme base de tir sur les positions ukrainiennes, ce que Moscou dément.

À l'inverse, la Russie dit que les militaires ukrainiens veulent tirer avec leur artillerie sur la centrale pour ensuite l'accuser d'avoir causé un accident nucléaire.

De son côté, le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Dmytro Kouleba, a annoncé sur Twitter que le directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), Rafael Grossi, lui a dit être «prêt» à se rendre à la centrale à la tête d'une délégation.

 

Combats meurtriers

La veille, le secrétaire général de l'OTAN, Jens Stoltenberg, avait jugé «urgent» une telle inspection de l'AIEA.

Les combats se poursuivent pendant ce temps dans la région de Kharkiv (nord-est), où les Ukrainiens ont accusé les Russes d'avoir bombardé des quartiers d'habitation, y faisant six morts jeudi, après 13 la veille au soir, et des dizaines de blessés au total.

«La nuit dernière et ce matin ont été les moments les plus tragiques à Kharkiv depuis le début de la guerre», a déclaré son maire Igor Terekhov, signalant que vendredi serait une journée de deuil en hommage aux victimes.

Située à une quarantaine de kilomètres de la frontière russe, cette cité, la deuxième plus grande d'Ukraine, est régulièrement pilonnée par les soldats russes, qui n'ont jamais réussi à s'en emparer. Des centaines de civils ont été tués dans cette région, selon les autorités.

Dans le sud, une personne est morte et deux autres ont été blessées après une frappe à Mykolaïv, a annoncé son maire, Oleksandr Senkevytch.

 

Nouveaux appareillages

La rencontre Zelensky-Erdogan-Guterres intervient sur fond de multiplication des tractations pour permettre la reprise des exportations de céréales d'Ukraine, un des principaux producteurs et exportateurs mondiaux.

M. Guterres a promis jeudi que son organisation allait s'efforcer «d'intensifier» les exportations de céréales ukrainiennes avant l'arrivée de l'hiver, celles-ci étant cruciales pour l'approvisionnement alimentaire de nombreux pays d'Afrique.

Elles ont été bloquées pendant plusieurs mois à la suite de l'invasion russe, faisant planer le spectre d'une crise alimentaire mondiale.

En juillet, un accord signé par la Russie et l'Ukraine et validé par les Nations unies et la Turquie a permis de reprendre ces exportations. 

M. Erdogan, qui se pose en médiateur sur ce sujet, est allé début août en parler en Russie avec le président Vladimir Poutine.

Un premier navire humanitaire affrété par l'ONU, chargé de 23 000 tonnes de blé, a quitté mardi l'Ukraine, en direction de l'Éthiopie.

Jeudi, un bâtiment chargé de céréales a appareillé, le 25e depuis la signature de l'accord, ont annoncé les autorités portuaires ukrainiennes.

Au total, «plus de 600 000 tonnes de produits agricoles ukrainiens» ont depuis transité par le «corridor céréalier» à partir des ports d'Odessa, de Pivdenny et de Tchornomorsk, ont-elles ajouté.

Un navire russe transportant des céréales ukrainiennes volées est toutefois arrivé en Syrie, a affirmé jeudi l'ambassade d'Ukraine au Liban, après que plusieurs céréaliers ont fait polémiques en accostant dans le pays en guerre.

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