Ukraine: situation «extrêmement difficile» à Lyssytchansk, évacuations impossibles

Publié le 30/06/2022 à 10:21, mis à jour le 30/06/2022 à 13:40

Ukraine: situation «extrêmement difficile» à Lyssytchansk, évacuations impossibles

Publié le 30/06/2022 à 10:21, mis à jour le 30/06/2022 à 13:40

Par AFP

(Photo: Getty Images)

Ce texte regroupe tous les derniers développements à propos de l'invasion de la Russie en Ukraine pour la journée du 29 juin. Pour retrouver toute notre couverture sur le conflit, c'est ici. NDLR. Certains contenus sont explicites et peuvent être difficiles à lire. 

13h09 | Kyiv — La situation à Lyssytchansk, ville de l'est de l'Ukraine sous pression de l'armée russe, est «extrêmement difficile» avec des bombardements «très puissants», rendant impossibles les évacuations de civils, a annoncé jeudi le gouverneur régional.

«Il y a beaucoup de bombardements et depuis plusieurs directions. L'armée russe s'est approchée depuis différentes directions vers Lyssytchansk», a indiqué Serguiï Gaïdaï dans une vidéo sur Telegram.

Selon lui, les forces de Moscou restent toutefois «à la périphérie» de la ville, où ne se déroulent pas de combats de rues dans l'immédiat.

Il a démenti des affirmations des séparatistes prorusses combattant aux côtés des forces de Moscou, qui ont assuré jeudi contrôler la moitié de la ville, située de l'autre côté de la rivière face à celle de Severodonetsk, capturée la semaine dernière par l'armée russe.

Selon M. Gaïdaï, les bombardements sur Lyssytchansk sont «très puissants», ce qui «ne rend plus possibles les évacuations» pour les quelque 15 000 civils se trouvant encore dans la ville, qui comptait 100 000 habitants avant la guerre.

«C'est très dangereux», a-t-il poursuivi, ajoutant toutefois que Lyssytchansk était mieux placée géographiquement que Severodonetsk et donc mieux défendable.

«Nous pouvons simplement dire que les Russes sont extrêmement nombreux et arrivent de tous côtés. Il y a un nombre incroyable de véhicules et d'artilleries», a-t-il conclu.

Lyssytchansk est la dernière grande ville qu'il reste à conquérir pour les Russes dans la région de Lougansk, l'une des deux provinces du bassin industriel du Donbass, que Moscou entend entièrement contrôler.

 

Guerre en Ukraine: la situation sur le terrain au 127e jour

11h35 | Paris — Symboliquement au moins, la victoire est majeure: les forces russes ont annoncé jeudi leur retrait de l'île aux Serpents, une position stratégique en mer Noire conquise par Moscou et sujette depuis des semaines à des bombardements ukrainiens.

Cette petite île était devenue emblématique dès le premier jour de l'offensive russe, lorsqu'un membre de la petite garnison ukrainienne la défendant avait intimé au navire ennemi réclamant sa reddition d'aller «se faire foutre». Avant finalement de se rendre.

Voici un point de la situation au 127e jour de la guerre à partir d'informations des journalistes de l'AFP sur place, de déclarations officielles ukrainiennes et russes, de sources occidentales, d'analystes et d'organisations internationales.

 

L'île aux Serpents

«Le 30 juin, en signe de bonne volonté, les forces armées russes ont accompli les objectifs fixés sur l'île aux Serpents et ont retiré leur garnison sur place», a déclaré le porte-parole du ministère russe de la Défense, Igor Konachenkov, assurant vouloir faciliter les exportations de céréales d'Ukraine.

«La Russie ne s'oppose pas aux efforts de l'ONU pour créer un couloir humanitaire permettant d'exporter les productions de céréales d'Ukraine», a-t-il poursuivi.

L'armée ukrainienne s'est, elle, félicitée d'avoir contraint les Russes, «incapables de résister au feu de notre artillerie», à se retirer. «Nos forces armées ont fait un super boulot», s'est félicité Andriï Yermak, chef de l'administration du président ukrainien Volodymyr Zelensky.

«Si vous vouliez des preuves de l'incroyable capacité des Ukrainiens à riposter pour surmonter l'adversité et repousser les Russes, regardez ce qui s'est passé aujourd'hui sur l'île aux Serpents», a déclaré pour sa part le premier ministre britannique Boris Johnson. «En fin de compte, il s'avérera impossible pour (le président russe Vladimir) Poutine de soumettre un pays qui n'acceptera pas sa domination».

 

Combats dans l'Est

Selon le ministère britannique de la Défense, les combats sur la ville de Lyssytchansk se concentrent autour de sa raffinerie de pétrole, à 10 km au sud-ouest du centre-ville. Londres estime que la capacité des Ukrainiens à retarder les avancées russes «et à se retirer ensuite en bon ordre avant d'être encerclés, sera un facteur clé de l'issue du conflit».

L'Institut américain pour l'étude de la guerre (ISW) évoque des combats dans les banlieues sud-est et sud-ouest de la ville et suggère que les Ukrainiens pourraient avoir abandonné leurs positions sur la rive ouest de la rivière Siverskyi Donets.

L'ISW évoque des «gains marginaux» des Russes à l'est de Bakhmout le long de l'autoroute A40 et estime qu'ils pourraient envisager une attaque directe de la ville. Leurs opérations se poursuivent aussi vers Sloviansk, près de la frontière entre les régions de Kharkiv (nord-est) et Donetsk (est).

L'institut note enfin des offensives au nord de Kharkiv, «indiquant que le Kremlin a des ambitions territoriales au-delà du Donbass qui continueront de solliciter les hommes et les équipements, potentiellement au détriment d'autres axes».

Les séparatistes prorusses de l'est de l'Ukraine ont accusé Kyiv de bombarder des civils avec des armements américains et européens.

Les nouveaux obusiers et les lance-roquettes multiples américains de type M142 HIMARS «sont déjà à l'œuvre contre la population civile de notre territoire», a déclaré Romain Vedmedenko, adjoint au «ministre de l'Intérieur» des séparatistes de la région de Lougansk. «Il y a un afflux constant de nouvelles armes depuis l'Europe».

 

Premier navire

Un premier navire chargé de 7 000 tonnes de céréales et protégé par la marine russe a quitté le port ukrainien de Berdiansk, occupé par la Russie, selon les nouvelles autorités désignées par Moscou.

«La sécurité du navire-cargo est assurée par les bâtiments et vedettes de la base militaire maritime de la flotte de la mer Noire de Novorossiisk», a ajouté le chef de l'administration prorusse de la région, Evguéni Balitski.

 

Rideau de fer

Un «rideau de fer» est en train de s'abattre entre la Russie et l'Occident en raison du conflit, a affirmé le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov.

«Le rideau de fer, de fait, il est déjà en train de s'abattre», a estimé M. Lavrov. «Que (les Occidentaux) fassent attention et qu'ils ne se coincent pas (les doigts) dedans. Le processus est en cours». 

 

Prisonniers, condamnés

La Russie affirme détenir «plus de 6 000» prisonniers de guerre ukrainiens et confirme avoir bien échangé 144 combattants ukrainiens contre autant de Russes et séparatistes prorusses. Des chiffres invérifiables de manière indépendante.

«Presque tous (les combattants russes et prorusses) qui ont été libérés sont blessés ou gravement blessés. Ils sont déjà en train de recevoir les soins médicaux nécessaires», a déclaré le porte-parole du ministère russe de la Défense, Igor Konachenkov.

La Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) a demandé pour sa part à Moscou de ne pas exécuter deux soldats britanniques condamnés à mort par les autorités séparatistes prorusses pour avoir combattu avec l'armée ukrainienne à Marioupol.

La CEDH avait déjà transmis à Moscou la même demande pour un soldat marocain le 16 juin.

 

Dizaines de milliers de morts

Il n'existe aucun bilan global des victimes civiles du conflit. Sur le plan militaire, des sources de sécurité occidentales évoquent désormais de 15 000 à 20 000 soldats russes tués. Les forces ukrainiennes perdent chaque jour une centaine de soldats, selon Kyiv.

Aucun chiffre indépendant n'est disponible.

 

Déplacés et réfugiés

Plus de six millions d'Ukrainiens sont déplacés à l'intérieur de leur pays, selon un nouveau décompte mardi de l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) et du Haut Commissariat aux réfugiés de l'ONU (HCR). 

Par ailleurs, «près de 16 millions de personnes en Ukraine ont aujourd'hui besoin d'une aide humanitaire: en eau, nourriture, services de santé», a estimé Osnat Lubrani la coordinatrice humanitaire de l'ONU dans le pays.

Ils s'ajoutent aux plus de 5,2 millions de réfugiés ukrainiens enregistrés comme réfugiés dans d'autres États européens depuis le début du conflit le 24 février.

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