Votre régime de retraite ne sera peut-être pas suffisant

Publié le 31/10/2008 à 00:00

Votre régime de retraite ne sera peut-être pas suffisant

Publié le 31/10/2008 à 00:00

Par Jean Gagnon

Les employeurs du secteur privé se désengagent et la solvabilité des caisses de retraite est fragile. La conclusion pour l'épargnant : il doit de plus en plus prendre son destin en main s'il veut s'assurer une retraite dorée !

Les rendements chutent

Bien que la situation ne soit pas encore comparable à celle des années 2001 et 2002, l'année 2007 et le premier trimestre 2008 ont été difficiles pour les caisses de retraite.

La baisse des marchés boursiers a nui au rendement des caisses, pendant que la faiblesse des taux d'intérêt créait ou aggravait les déficits actuariels.

Pour l'exercice financier annuel terminé le 31 mars 2008, la caisse du Régime de pensions du Canada (RPC) a affiché un rendement négatif de 0,29 %. Il s'agit d'une forte chute comparativement au rendement de 12,9 % obtenu pour l'exercice financier 2007, et de 15,5 % pour celui de 2006.

"Les placements boursiers, qui représentent 52 % de l'actif de la caisse, ont perdu 6,8 % durant l'exercice", précise David Denison, président de l'Office d'investissement du RPC.

Alors que le rendement de l'actif des caisses de retraite fait du surplace, le passif, c'est-à-dire les engagements que devront respecter les caisses, augmente. En effet, parce que les taux d'intérêt sont bas, la caisse doit compter sur une plus grande réserve pour financer la retraite de ses bénéficiaires, à défaut de quoi elle accusera un déficit actuariel.

Les caisses de retraite s'étaient trouvées dans une situation semblable en 2001 et 2002. "Il a fallu renflouer les caisses pour résorber les déficits actuariels", dit Serge Charbonneau, actuaire chez Morneau Sobeco.

Bien que les difficultés que connaissent les marchés soient moins graves cette fois-ci, elles arrivent à un bien mauvais moment, car les caisses de retraite commençaient à peine à se remettre sur pied, souligne M. Charbonneau.

La levée de la limite aux investissements étrangers par les caisses de retraite canadiennes a aussi eu un effet négatif sur le rendement. En effet, la force du dollar canadien depuis un an a nui au rendement des investissements canadiens libellés en devises étrangères.

"Par contre, à long terme, cette diversification sera profitable aux caisses de retraite canadiennes", soutient M. Charbonneau.

Les employeurs transfèrent le risque aux employés

Au cours des dernières années, les régimes à cotisations déterminées ont gagné du terrain au détriment des régimes à prestations déterminées. Cette tendance marque le désir de désengagement des employeurs envers les responsabilités de la caisse de retraite.

Les régimes à prestations prédéterminées impliquent des risques importants pour l'employeur, compte tenu que les coûts de ces régimes, qui sont tributaires de l'espérance de vie des cotisants et du rendement des investissements, sont indéterminés.

En leur offrant plutôt des régimes à cotisations déterminées, les employeurs transfèrent ces risques aux travailleurs.

Cette tendance viendra accroître l'écart entre les bénéfices des régimes privés et publics, souligne Michel St-Germain, actuaire chez Mercer. Alors que de plus en plus d'entreprises adoptent des régimes à cotisations déterminées, il n'y a aucun signe que le secteur public emboîte le pas, explique M. St-Germain.
D'abord, la présence des syndicats rend plus difficile la modification du type de régime. Par ailleurs, un régime de retraite généreux constitue un outil intéressant de fidélisation du personnel pour l'employeur du secteur public, qui offre, règle générale, de moins bons salaires que le secteur privé.

Le départ à la retraite des baby-boomers augmente la pression

Le départ à la retraite de la génération des baby-boomers force les employeurs à adopter des mesures pour s'assurer d'avoir suffisamment de personnel.

À cet égard, le projet de loi 68 qu'étudie actuellement le Parlement québécois propose des mesures pour encourager la retraite progressive. Mais peu d'employeurs s'en prévaudront, craint M. St-Germain. "Le programme semble trop compliqué à administrer et ses modalités seront difficiles à communiquer", soutient-il.

De plus, les employeurs voudront sélectionner les employés qu'ils souhaitent garder à leur service. "Mais une caisse de retraite n'est pas un cadre propice au cas par cas", indique l'actuaire de Mercer.

Les employeurs utiliseront plutôt d'autres moyens de fidélisation, tels que les primes et les horaires flexibles, et tenteront de réduire les incitatifs à la retraite anticipée, selon lui.

Par ailleurs, cette loi pourrait avoir un impact financier important sur la caisse de retraite d'un employeur, si celui-ci ne peut résister à la pression des employés qui voudraient une application uniforme de ces mesures, selon une étude faite par les actuaires Normandin Beaudry.

"Une rente de retraite progressive versée pendant deux années représente une augmentation d'environ 10 % de la valeur des engagements du régime", conclut l'étude.

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