Trois profils, trois stratégies

Publié le 27/11/2008 à 00:00

Trois profils, trois stratégies

Publié le 27/11/2008 à 00:00

Par Jean Gagnon

PROFIL 1

En vue de la retraite

Pierre, 50 ans, a un bon emploi et cotise annuellement à son REER. Il investit en vue d'une retraite qu'il prévoit prendre à 60 ans.

Il vise la répartition d'actifs suivante : 70 % en actions, 25 % en obligations et 5 % en encaisse.

Malgré les pertes importantes qu'il a subies à cause de son exposition maximale aux actions, il est quand même le mieux placé parmi nos trois cas, car il a encore beaucoup de temps devant lui, explique Hélène Bronsard, planificatrice financière et vice-présidente de Raymond Chabot Gestion privée.

La volatilité, qui a été son pire ennemi au cours de la dernière année, pourrait maintenant devenir son meilleur allié. La chute boursière lui permet aujourd'hui d'acheter des actions à très bon prix. Il profitera ainsi doublement de la remontée éventuelle des actions. Il doit donc ramener son exposition en actions au niveau de 70 %, mais il n'a pas à se dépêcher pour le faire, suggère Jean-Pierre Duguay, conseiller en placement chez Financière Banque Nationale Everest.

À son avis, l'occasion est également propice pour examiner si le pourcentage de 70 % en actions convient bien à sa tolérance au risque.

Tant qu'on n'a pas vécu une baisse importante des marchés, la tolérance au risque demeure une notion théorique. C'est devant les faits qu'un investisseur peut vraiment mesurer sa réelle tolérance au risque.

De plus, Pierre aurait avantage à répartir ses achats de titres sur plusieurs mois. Comme la volatilité reste très élevée, c'est la meilleure façon d'obtenir un coût moyen intéressant pour ses achats.

PROFIL 20

À l'approche de la retraite

Louise, 63 ans, partira à la retraite dans deux ans et a prévu de retirer un montant équivalant à 4 % de son REER chaque année.

L'objectif quant à la composition de son portefeuille est de 50 % d'actions, 45 % d'obligations et 5 % d'encaisse.

C'est elle qui est la plus fragilisée par la déroute des marchés financiers, parce que sa période d'accumulation tire à sa fin, explique Hélène Gagné, gestionnaire de portefeuilles et associée chez PWL Capital. Elle n'a pas beaucoup de temps pour rebâtir le capital évaporé.

"En tout premier lieu, il est important qu'elle réagisse dès maintenant pour passer de la phase d'accumulation à celle du décaissement", dit Mme Gagné. Comme Louise doit commencer à retirer des fonds de son REER dans quelques années, elle doit investir sans tarder dans des obligations venant à échéance chaque année pour les trois à cinq premières années de sa retraite. Ainsi, lorsque le moment sera venu de retirer ses fonds, elle n'aura pas à vendre des titres à perte.

Ensuite, des décisions s'imposeront après un examen approfondi de sa situation financière. Comme le temps presse, Louise doit espérer que les marchés remontent d'ici deux ou trois ans à leur niveau d'avant la chute si elle veut récupérer les sommes perdues. Il est important qu'elle rééquilibre son portefeuille en achetant des actions.

Elle ne peut pas compter que sa situation se replace sans prendre un niveau de risque au moins égal à celui d'avant la chute boursière, c'est-à-dire que son pourcentage en actions doit être ramené au même niveau qu'avant la chute des marchés.

Comme pour Pierre, la volatilité pourrait maintenant jouer en sa faveur. "Il faut profiter du grand solde qui s'offre à la Bourse, tout en s'en tenant exclusivement aux actions de grande qualité", dit Hélène Gagné.

Louise pourrait aussi restreindre ses dépenses et augmenter les versements à son REER pour les quelques années de cotisation qu'il lui reste.

Les sommes supplémentaires auront pour effet de dynamiser la croissance de son portefeuille, surtout si les rendements boursiers sont au rendez-vous au cours des prochaines années.

PROFIL 30

À la retraite

Robert, retraité de 68 ans, retire annuellement environ 5 % de l'épargne accumulé dans son REER, ce qu'on appelle le décaissement.

La répartition visée de son portefeuille est la suivante : 30 % d'actions, 65 % d'obligations et 5 % d'encaisse

Bien qu'il soit le moins touché par la chute boursière parce que son portefeuille est celui qui contient le moins d'actions, sa situation n'est pas nécessairement plus facile étant donné qu'il retire le capital accumulé pour assurer son train de vie.

"Il doit d'abord éviter de changer ses paramètres du tout au tout", indique Jean-Pierre Duguay. Il doit continuer de prévoir ses décaissements des cinq prochaines années. Et il doit lui aussi ramener progressivement son portefeuille au niveau d'équilibre d'avant la chute boursière.

L'important, pour Robert, est de bien doser ses décaissements afin de profiter du prochain marché haussier, explique Hélène Gagné.

En effet, Robert doit retirer des fonds après une période de rendements très négatifs. Ce qui signifie qu'il aura moins de capital investi pour profiter des meilleurs rendements que la Bourse devrait offrir au cours des prochaines années.

Robert doit donc essayer de diminuer ses décaissements pendant un certain temps. Par exemple, il pourrait ne pas les ajuster au taux d'inflation. Réduire la pression qu'exercent les décaissements sur les rendements aura un effet bénéfique important à long terme sur la préservation de son capital. J.G.

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