Quelques trucs pour s’approprier le cours/bénéfice/croissance

Offert par Les affaires plus


Édition de Octobre 2021

Quelques trucs pour s’approprier le cours/bénéfice/croissance

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Édition de Octobre 2021

 

Le ratio cours/bénéfice est le point de départ de bien des analyses, mais il comporte de nombreux angles morts. Pour les investisseurs qui veulent évaluer des titres de croissance, le ratio cours/bénéfice/croissance, une variation plus sophistiquée du populaire indicateur, peut se révéler une option tout indiquée. Voici quelques trucs pour se l’approprier.
Le ratio cours/bénéfice/croissance, connu en anglais sous le nom de PEG ratio (« price/earnings to growth ratio »), est plutôt simple à calculer. On l’obtient en divisant le ratio cours/bénéfice par la croissance annuelle projetée des bénéfices de l’entreprise. Mais quel chiffre utiliser, exactement, pour la croissance?
C’est certainement le principal défi dans le calcul de l’indicateur, explique Francois Campeau, gestionnaire de portefeuille à Giverny Capital. « Idéalement, on essaie d’éviter d’utiliser la croissance anticipée pour la prochaine année seulement, dit-il. Ça peut être trompeur. »
On peut alors utiliser le taux de croissance annuel des cinq dernières années, ou encore un taux de croissance futur que l’on détermine nous-même ou qui a été estimé par des analystes. 
« Il faut faire attention, par contre, parce que les prédictions disponibles dans les bases de données n’ont souvent aucun bon sens, considère Francois Campeau. Je regardais FactSet, par exemple, et leurs prévisions de croissance de l’indice S&P 500 au cours des cinq prochaines années me paraissent beaucoup trop élevées. »
Pour cette raison, son équipe élabore ses propres prévisions de croissance des bénéfices. Elle y arrive en construisant un état des résultats pour les cinq prochaines années qui lui semble crédible à la lumière, par exemple, de l’évolution des produits ou des services de l’entreprise.
Cher ou pas ?
Élaboré par Mario Farina en 1969, cet indicateur a ensuite été popularisé par Peter Lynch, qui l’a mentionné dans son fameux livre « Et si vous en saviez assez pour gagner en Bourse… » (« One Up on Wall Street »), publié en 1989. 
À l’époque, le seuil délimitant un titre intéressant ou non était un ratio de 1. Plus le ratio cours/bénéfice-croissance de l’entreprise était en deçà de 1, plus son titre était abordable et constituait une bonne occasion d’investissement. Un ratio de moins de 0,5 était même vraiment intéressant. Et plus il était au-dessus de 1, moins il était attrayant. 
« Mais ça, c’était en 1989, dit Francois Campeau, en riant. Ce matin, le S&P 500 se négocie à 23 fois les bénéfices, et on anticipe une croissance annuelle de 6 %. On aurait donc un ratio de 3,8. On est loin de 1 ! Dans ce contexte-ci, on peut considérer qu’un titre est intéressant jusqu’à un ratio de 2. »
Attention, toutefois, de toujours garder une perspective plus générale, met en garde le gestionnaire de portefeuille. Le numérateur et le dénominateur contiennent des informations importantes que le seul résultat du calcul — le ratio lui-même — a tendance à obscurcir. 
Francois Campeau donne un exemple. Disons que l’entreprise ABC se négocie à 10 fois les bénéfices avec une croissance de 10 %. Son ratio sera de 1. Et disons que l’entreprise XYZ se négocie à 20 fois les bénéfices avec une croissance de 15 %. Son ratio sera de 1,3. 
Bien que la société ABC semble être, sous l’éclairage du seul ratio, un meilleur investissement, ce n’est pas nécessairement le cas. « Si vous analysez deux sociétés et que leurs multiples sont sensiblement les mêmes, l’entreprise qui croît le plus vite fera peut-être un meilleur investissement au bout du compte, explique François Campeau. Il faut donc faire attention. »
Prudence avec les comparaisons
Le ratio cours/bénéfice/croissance est utile surtout pour déterminer la valeur des sociétés qui sont en croissance, explique Ann Levasseur, conseillère en placement, vice-présidente et gestionnaire de portefeuille à Valeurs mobilières Banque Laurentienne. « On pense par exemple au secteur technologique. »
 
Comme il permet d’ajuster le ratio cours/bénéfice par unité de croissance du bénéfice, il aide un investisseur en quête de titres sous-évalués à dénicher des entreprises qui seront peu coûteuses par rapport à la croissance qu’elles promettent. C’est une approche de gestion de fonds que certains appellent en anglais du « Growth at reasonable price » (GARP), ou croissance à prix raisonnable.
Comme le ratio cours/bénéfice/croissance n’intègre pas la dette de l’entreprise dans son calcul, entre autres, il convient donc de ne pas s’en servir pour les entreprises qui ont beaucoup de dettes, par exemple dans les industries des télécommunications ou des services publics.
« Si on est intéressé par des grandes entreprises matures, établies, comme les titres vedettes (« blue chips »), qui ont une croissance des bénéfices plus faible, alors on évaluera plutôt la valeur de la compagnie en analysant la stabilité du bénéfice et des dividendes, dit Ann Levasseur. À chaque indicateur son utilité. »

 

INDICATEUR CLAIR. Le ratio cours/bénéfice est le point de départ de bien des analyses, mais il comporte de nombreux angles morts. Pour les investisseurs qui veulent évaluer des titres de croissance, le ratio cours/bénéfice/croissance, une variation plus sophistiquée du populaire indicateur, peut se révéler une option tout indiquée. Voici quelques trucs pour se l’approprier.

Le ratio cours/bénéfice/croissance, connu en anglais sous le nom de PEG ratio (« price/earnings to growth ratio »), est plutôt simple à calculer. On l’obtient en divisant le ratio cours/bénéfice par la croissance annuelle projetée des bénéfices de l’entreprise. Mais quel chiffre utiliser, exactement, pour la croissance?

C’est certainement le principal défi dans le calcul de l’indicateur, explique Francois Campeau, gestionnaire de portefeuille à Giverny Capital. « Idéalement, on essaie d’éviter d’utiliser la croissance anticipée pour la prochaine année seulement, dit-il. Ça peut être trompeur. »

On peut alors utiliser le taux de croissance annuel des cinq dernières années, ou encore un taux de croissance futur que l’on détermine nous-même ou qui a été estimé par des analystes. 

« Il faut faire attention, par contre, parce que les prédictions disponibles dans les bases de données n’ont souvent aucun bon sens, considère Francois Campeau. Je regardais FactSet, par exemple, et leurs prévisions de croissance de l’indice S&P 500 au cours des cinq prochaines années me paraissent beaucoup trop élevées. »

Pour cette raison, son équipe élabore ses propres prévisions de croissance des bénéfices. Elle y arrive en construisant un état des résultats pour les cinq prochaines années qui lui semble crédible à la lumière, par exemple, de l’évolution des produits ou des services de l’entreprise.

 

Cher ou pas ?

Élaboré par Mario Farina en 1969, cet indicateur a ensuite été popularisé par Peter Lynch, qui l’a mentionné dans son fameux livre « Et si vous en saviez assez pour gagner en Bourse… » (« One Up on Wall Street »), publié en 1989. 

À l’époque, le seuil délimitant un titre intéressant ou non était un ratio de 1. Plus le ratio cours/bénéfice-croissance de l’entreprise était en deçà de 1, plus son titre était abordable et constituait une bonne occasion d’investissement. Un ratio de moins de 0,5 était même vraiment intéressant. Et plus il était au-dessus de 1, moins il était attrayant. 

« Mais ça, c’était en 1989, dit Francois Campeau, en riant. Ce matin, le S&P 500 se négocie à 23 fois les bénéfices, et on anticipe une croissance annuelle de 6 %. On aurait donc un ratio de 3,8. On est loin de 1 ! Dans ce contexte-ci, on peut considérer qu’un titre est intéressant jusqu’à un ratio de 2. »

Attention, toutefois, de toujours garder une perspective plus générale, met en garde le gestionnaire de portefeuille. Le numérateur et le dénominateur contiennent des informations importantes que le seul résultat du calcul — le ratio lui-même — a tendance à obscurcir. 

Francois Campeau donne un exemple. Disons que l’entreprise ABC se négocie à 10 fois les bénéfices avec une croissance de 10 %. Son ratio sera de 1. Et disons que l’entreprise XYZ se négocie à 20 fois les bénéfices avec une croissance de 15 %. Son ratio sera de 1,3. 

Bien que la société ABC semble être, sous l’éclairage du seul ratio, un meilleur investissement, ce n’est pas nécessairement le cas. « Si vous analysez deux sociétés et que leurs multiples sont sensiblement les mêmes, l’entreprise qui croît le plus vite fera peut-être un meilleur investissement au bout du compte, explique François Campeau. Il faut donc faire attention. »

 

Prudence avec les comparaisons

Le ratio cours/bénéfice/croissance est utile surtout pour déterminer la valeur des sociétés qui sont en croissance, explique Ann Levasseur, conseillère en placement, vice-présidente et gestionnaire de portefeuille à Valeurs mobilières Banque Laurentienne. « On pense par exemple au secteur technologique. » 

Comme il permet d’ajuster le ratio cours/bénéfice par unité de croissance du bénéfice, il aide un investisseur en quête de titres sous-évalués à dénicher des entreprises qui seront peu coûteuses par rapport à la croissance qu’elles promettent. C’est une approche de gestion de fonds que certains appellent en anglais du « Growth at reasonable price » (GARP), ou croissance à prix raisonnable.

Comme le ratio cours/bénéfice/croissance n’intègre pas la dette de l’entreprise dans son calcul, entre autres, il convient donc de ne pas s’en servir pour les entreprises qui ont beaucoup de dettes, par exemple dans les industries des télécommunications ou des services publics.

« Si on est intéressé par des grandes entreprises matures, établies, comme les titres vedettes (« blue chips »), qui ont une croissance des bénéfices plus faible, alors on évaluera plutôt la valeur de la compagnie en analysant la stabilité du bénéfice et des dividendes, dit Ann Levasseur. À chaque indicateur son utilité. »

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