Les investisseurs surestiment leurs connaissances

Publié le 08/09/2011 à 10:59, mis à jour le 08/10/2013 à 09:16

Les investisseurs surestiment leurs connaissances

Publié le 08/09/2011 à 10:59, mis à jour le 08/10/2013 à 09:16

La majorité des investisseurs qui gèrent eux-mêmes leurs portefeuilles d'actions surestiment leurs connaissances financières ainsi que leur capacité à gérer leurs placements, selon une récente étude menée par la Chaire Groupe Investors en planification financière.

Paradoxe intéressant, la majorité des répondants interrogés estiment que, généralement, les investisseurs individuels ne battent pas l'indice de référence. Ils croient toutefois qu'ils vont eux-mêmes battre le marché et qu'ils seront donc plus performants que les autres. Par contre, une très faible proportion, soit un répondant sur quatre, prévoit battre le marché au cours de l'année suivante.

« Pour prendre de bonnes décisions financières, il faut avoir de l'information sur les marchés actuels et des connaissances financières, mais il faut aussi être rationnel, soit ne pas être trop influencé par ses émotions ou ses propres biais, souligne le chercheur Jean-Marc Suret. Si les individus ne sont pas rationnels, les efforts de littératie n'auront que des effets limités. »

Des connaissances médiocres

Les investisseurs individuels sondés étaient majoritairement des hommes ayant fréquenté l'université, étant âgés de plus de 55 ans et occupant un travail à temps plein ou à la retraite. La moitié des 1 814 répondants provenaient du Québec et l'autre de l'Ontario. Le portefeuille médian avait une valeur de 200 000$.

Afin d'évaluer leurs connaissances, les répondants devaient répondre à des questions traitant des rendements passés. Lorsqu'on leur demandait quel avait été le rendement des Bons depuis dix ans, 33 % des gens répondaient correctement, soit entre 3 et 5 %. Quant au rendement du S&P TSX durant la dernière décennie, 14% des répondants pouvaient répondre correctement, soit entre 10 et 12%.

Seulement 4 % pouvaient nommer le rendement des obligations gouvernementales depuis dix ans, soit entre 9 et 11%, alors qu'un répondant sur trois avouait n'avoir aucune idée de la bonne réponse. Interrogés sur la probabilité d'obtenir un rendement négatif avec des Bons, un peu plus de la moitié des répondants, ou 53 %, répondaient correctement, soit 0%.

Plusieurs pourraient argumenter que les investisseurs individuels n'ont simplement pas de mémoire des chiffres. Pourtant, lorsqu'on leur pose des questions sur des notions de placement simple, la marge d'erreur est toujours aussi grande. Ainsi, seulement 40% des répondants admettent qu'un rendement élevé ne peut être obtenu qu'au prix d'un risque plus important.

Si la diversification est un concept bien connu auprès de 81,6% des répondants, seulement 30% d'entre eux savent que pour l'appliquer, il faut détenir au moins dix titres dans son portefeuille : « En pratique, 70% des investisseurs en petites capitalisations détiennent moins de six titres différents, explique Jean-Marc Suret. Dans les grandes capitalisations, on remarque que 57,6% des investisseurs détiennent moins de six titres différents. »

Les investisseurs individuels ne jugent d'ailleurs pas très utile de comparer leur rendement à celui de l'indice de référence. Seulement 22% des répondants font systématiquement cet exercice. De plus, 81,18% des répondants soutiennent qu'il existe des moyens fiables de détecter des titres sur ou sous évalués.

Citant des études réalisées aux États-Unis, Jean-Marc Suret remarque également que plus il y a de transactions qui sont faites dans un portefeuille, moins on enregistre de rendement à la fin de l'année : « Les investisseurs qui font partie de clubs d'investissement ont aussi tendance à avoir des rendements inférieurs parce qu'ils s'encouragent entre eux dans leurs non-rationalité. »

Les investisseurs ont aussi une tendance à s'orienter vers l'asymétrie, soit recherche des actions très risquées qui peuvent, dans de rares cas, générer des rendements extrêmes : « C'est le syndrome du prochain Microsoft, rappelle Jean-Marc Suret. Multiplier les informations et les facteurs de risques au prospectus ne changera pas la décision, ni la surévaluation importante de cette catégorie d'émetteurs. »

Des solutions?

L'étude encourage donc les régulateurs à privilégier la mise en place d'outils permettant aux investisseurs de mesurer leurs connaissances afin de réduire l'écart entre les connaissances réelles et celles qui sont perçues. Quant à l'industrie services financiers, elle souffre d'un problème important de perception, notamment au niveau des frais de gestion que les investisseurs individuels considèrent comme élevés.

Même s'ils ne s'attendent paradoxalement pas à battre le marché eux-mêmes, les investisseurs sont encore plus pessimistes pour les professionnels du placement, indique Jean-Marc Suret : « Seulement 27 % des répondants pensent que les gestionnaires de fonds communs de placement vont battre le marché et 41% pensent qu'ils réalisent au moins 300 points de base de moins que le marché »

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