Les " split shares ", un produit structuré durement éprouvé

Publié le 06/12/2008 à 00:00

Les " split shares ", un produit structuré durement éprouvé

Publié le 06/12/2008 à 00:00

Par Jean Gagnon

Puis-je espérer récupérer un jour mon capital investi dans les actions ordinaires et privilégiées de Canadian Life Companies Split ?

À votre avis, est-il opportun d'en acheter d'autres étant donné que les actions ordinaires ont baissé de 65 % et les actions privilégiées, de 35 %, et qu'elles versent maintenant un dividende procurant un rendement de 20 et 9 % respectivement ?

- Yvon Lapierre

Canadian Life Companies Split (CLC Split) est un fonds d'investissement créé en 2005 et financé par une émission d'actions ordinaires (à 15 $ l'action) et d'actions privilégiées (à 10 $ l'action). C'est ce que la Bourse de Toronto appelle une société à actions scindées (split share coporation).

L'objectif du fonds est de verser à ses actionnaires un dividende annuel de 1,20 $ sur les actions ordinaires et de 0,525 $ sur les actions privilégiées.

Les activités du fonds prendront fin le 1er décembre 2012. Le fonds visera alors à racheter toutes les actions à leur prix d'émission, mais cela n'est pas garanti. Il pourrait offrir une prime sur les actions ordinaires si le fonds s'appréciait d'ici là.

Le fonds investit principalement dans quatre sociétés d'assurance canadiennes, soit Great-West, l'Industrielle Alliance, la Financière Manuvie et la Financière Sun Life.Comme vous l'aurez deviné, l'avenir de CLC Split est intimement lié à celui des titres des quatre assureurs.

L'action ordinaire ne vaut plus que 4 $ et l'action privilégiée, 6,65 $. Pas surprenant si l'on compare avec la chute du prix des actions des assureurs. Par exemple, l'action de Manuvie est passée de 42 à 20 $ en un an.

Mais attention ! Ne vous laissez pas indûment séduire par ces dividendes, qui semblent très attrayants compte tenu du cours actuel des actions.

Le fonds verse ces dividendes à partir des revenus produits par ses propres placements, soit les dividendes que lui versent les titres des assureurs ainsi que des gains provenant de l'appréciation des marchés. Des revenus supplémentaires peuvent aussi être générés par des transactions occasionnelles sur le marché des options.

Le succès de cette structure financière repose à mon avis sur l'hypothèse que les actions de ces assureurs vont s'apprécier à moyen terme. La chute marquée des cours boursiers causée par la crise financière remet sérieusement en question cette hypothèse.

Pour continuer de verser les mêmes dividendes alors que les cours baissent, le fonds risque fort de devoir gruger son capital. Par conséquent, il disposera de moins de capitaux à son échéance pour rembourser les actions. Dans les faits, c'est comme si l'on vous payait un dividende avec votre argent !

L'industrie canadienne des services financiers a été frappée de plein fouet par la crise financière. Il ne faut pas s'attendre à une reprise instantanée. On peut toutefois espérer une remontée du prix des actions d'ici quelques années. J'estime toutefois que c'est en achetant les actions des sociétés d'assurance, et non celles des sociétés à actions scindées que vous profiterez au maximum d'une reprise.

Une bonne source d'information sur les Bourses étrangères

Pouvez-vous me suggérer un site Web où je peux trouver de l'information rapidement sur les hausses et les baisses des Bourses américaines et internationales, ainsi que des marchés des matières premières ?

- P.J.

Le site de la chaîne de télévision américaine CNBC (cnbc.com) est une de mes sources préférées pour ce type d'informations, dont la plupart sont diffusées en temps réel.

Les textes explicatifs sont également très intéressants et généralement bien étoffés.

jean.gagnon@transcontinental.ca

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