Vincent ­Fournier: «Converge Technology Solutions rentabilise rapidement ses acquisitions»


Édition du 09 Décembre 2020

Vincent ­Fournier: «Converge Technology Solutions rentabilise rapidement ses acquisitions»


Édition du 09 Décembre 2020

Par Stéphane Rolland

Titulaire d’une maîtrise en économie, Vincent Fournier a commencé sa carrière en 1999 et fait partie de l’équipe de Claret à Montréal depuis 2002. Il a été président du conseil d’administration de CFA Montréal durant l’exercice 2010-2011. Vincent Fournier est un collaborateur régulier du balado Gestionnaires en action de Les Affaires. (Photo: courtoisie)

À PORTEFEUILLE OUVERT. 

Les Affaires – ­Quelle est votre stratégie d’investissement ?

Vincent ­Fournier – ­On cherche des entreprises de qualité qui génèrent des flux de trésorerie. On a une approche valeur, mais ça ne veut pas dire qu’on essaie d’acheter des compagnies « hypercheap » juste pour avoir le loisir d’avoir une compagnie dont le multiple est bas. La valeur d’une entreprise doit être vue dans son ensemble.

L.A. ­Cette nuance que vous apportez ­est-elle liée à la ­sous-performance du style valeur dans les dernières années ?

V.F. – ­On fait toujours des recherches sur les stratégies et sur celles qui fonctionnent le mieux. Le problème avec le style valeur traditionnel est le fait que les taux d’intérêt sont si bas que le loyer de l’argent est presque gratuit. Ça créé beaucoup d’entreprises zombies, c’­est-à-dire des entreprises qui ne devraient pas survire dans un environnement normal. Les capitaux sont tellement accessibles que les mauvaises entreprises réussissent à se financer quand même. Ça change la manière dont les sociétés sont évaluées. Quand on regarde des entreprises qui semblent peu chères, on se rend compte qu’il y a beaucoup de ces ­zombies-là.

L.A. ­Puisqu’on parle de redéfinition du style valeur, la ­Bourse a fortement rebondi depuis le marché baissier du printemps. ­Trouvez-vous les évaluations trop élevées ?

V.F. – C’est sûr que si on regarde le ratio cours/bénéfice, le marché a l’air hypercher, parce qu’on le regarde avec des bénéfices sous pression en raison de la ­COVID-19. De plus, il y a une certaine dichotomie entre les géants du ­Web et le reste du marché. Par exemple, le S&P 500 a généré un rendement de 14,23 % depuis le début de l’année. Si vous enlevez les cinq titres qui ont obtenu le meilleur rendement, l’indice n’aurait donné que 6,5 %. Oui, il y a certaines strates du marché qui sont chères, mais il y en a beaucoup d’autres qui sont encore très intéressantes. C’est la même chose avec le S&P/TSX. L’indice a obtenu un rendement de 4,5 % en incluant le dividende. Sans ­Shopify, le rendement serait de 1 %. Oui, le marché est cher, mais il y a encore une grande part du marché qui peut être attrayant.

L.A. ­Compte tenu des très faibles intérêts que versent les obligations, ­pensez-vous que le portefeuille équilibré 40/60 a toujours sa raison d’être ?

V.F. – C’est vrai que la portion obligataire d’un portefeuille n’atteint plus nécessairement les objectifs de stabilité et de génération de revenus comme elle le réussissait auparavant. Le modèle de portefeuille équilibré a encore sa raison d’être, mais je pense que les pondérations devraient changer. Pour un investisseur de 45 ans qui voudrait investir à long terme, une proportion 25/75 serait ­peut-être plus appropriée. Pour une personne qui approche de la retraite et qui a besoin de revenus, les titres à revenus fixes ont toujours leur attrait. Par contre, on doit être très ingénieux pour bâtir un portefeuille de revenus fixes aujourd’hui, il faut sortir des sentiers battus avec des titres qui génèrent plus de revenus avec une moins grande attention sur la stabilité du portefeuille. C’est vrai que cette stratégie n’a pas aussi bien performé dans la foulée de la COVID-19, mais elle a continué de générer le revenu nécessaire. 

L.A. ­Quel titre ­trouvez-vous attrayant en ce moment ?

V.F. – ­Un peu comme ­CGI, ­Converge ­Technology ­Solutions (CTS.V, 3,36 $) est un consultant en technologie, mais pour les PME. C’est une entreprise qui a une stratégie de croissance par acquisitions. Elle achète de petites entreprises technologiques. En intégrant un plus grand réseau, les entreprises acquises sont capables d’améliorer leur pouvoir d’achat et d’obtenir du capital à meilleur coût. Ça fait en sorte que les acquisitions sont rapidement rentables. L’équipe de direction nous apparaît très compétente. La pandémie a accéléré la numérisation des PME, ce qui est un vent de dos pour ­Converge. C’est une entreprise qui affiche une croissance rapide.

La société est encore attrayante, à 12,4 fois les prévisions de bénéfice 2021 ou 5,4 fois le bénéfice avant intérêts, impôts et amortissement (BAIIA). Ce n’est vraiment pas cher quand on tient compte du potentiel de croissance de l’entreprise.

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