Le petit cadeau empoisonné de votre assureur

Publié le 25/05/2018 à 11:25

Le petit cadeau empoisonné de votre assureur

Publié le 25/05/2018 à 11:25

Votre voisin se vante du « cadeau » reçu de son assureur ? Un bracelet intelligent ! « Quelle chance ! », vous dites-vous. Cet appareil permet de calculer vos pas quotidiens, de mesurer les distances parcourues, d’enregistrer votre fréquence cardiaque, de jauger la qualité de votre sommeil et de détecter les cas de diabète, notamment.

L’objectif de l’assureur n’est pas de gâter son client, mais plutôt de prendre la juste mesure des risques liés au comportement de celui-ci et d’y associer une prime en conséquence. Le client consent donc à partager les données personnelles recueillies par le bracelet santé, en échange d’une réduction du coût de l’assurance et… d’un encouragement constant à fréquenter le gym ! En influençant positivement l’hygiène de vie de son client, l’assureur ne fait pas que de la gestion du risque: il réduit le nombre de réclamations éventuelles à assumer !

Le phénomène « assurance vie et objet connecté » prend surtout de l’ampleur aux États-Unis. Manuvie a été la première société d’assurance vie au Canada à implanter une telle initiative. Son programme Vitalité incite l’assuré à acheter une montre intelligente du fabricant Apple et subventionne une partie du coût de l’appareil. Le client fait le suivi de ses activités physiques à l’aide de son Apple Watch et de l’application mobile associée, dans le but d’accumuler des points. Ces derniers permettent la réduction du paiement mensuel du gadget, et l’atteinte d’un niveau de points supérieur entraîne une possible réduction du coût annuel de l’assurance vie.

Le fait qu’une société à but lucratif recueille des renseignements confidentiels à des fins commerciales en fait cependant sourciller plus d’un. Ces informations pourraient-elles servir dans le cadre de l’analyse d’une éclamation et justifier le refus d’indemniser l’assuré ? La carotte, l’appareil, pourrait-elle servir de bâton ? Si votre santé en venait à péricliter, perdrez-vous une garantie particulière de votre contrat ou verrez-vous les primes gonfler drastiquement au moment du renouvellement ?

Le plus grand risque lié à cette initiative demeure cependant le vol de données. Aucune société n’est à l’abri d’une fraude. Or, bien souvent, l’assureur n’est pas responsable directement des données recueillies par l’objet connecté, plutôt détenues par une tierce partie. Alors, en tant qu’assuré, faites vos devoirs. Avant d’accepter le gadget à la mode, informez-vous adéquatement sur l’utilisation qui sera faite des données en question et sur le degré de protection entourant leur confidentialité.

 

Extrait de
Achèterez-vous votre assurance vie en ligne ?

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