Le stage : un passeport pour l'emploi

Publié le 07/02/2018 à 06:00

Le stage : un passeport pour l'emploi

Publié le 07/02/2018 à 06:00

Christiana Simonsen, gestionnaire en ressources humaines chez Maya HTT

Barrière de la langue, manque d'expérience canadienne, difficulté à faire reconnaître ses diplômes : autant d'obstacles qui font qu'il est parfois ardu pour les immigrants de trouver un boulot dans leur pays d'accueil. Pour Christiana Simonsen, accueillir de nouveaux arrivants en stage allait de soi. La Brésilienne d'origine, aujourd'hui gestionnaire en ressources humaines chez Maya HTT, a peiné trois ans, en plus de retourner sur les bancs de l'école, avant de décrocher un premier emploi en sol québécois. « Tout ce qu'ils vivent comme défis, je l'ai aussi vécu ! » C'est pourquoi, depuis 2016, la spécialiste en ressources humaines prend part au programme Interconnexion, chapeauté par la Chambre de commerce du Montréal métropolitain (CCMM), qui fait le lien entre immigrants et entreprises. Dans ce cadre, elle a ouvert ses portes à plusieurs stagiaires, de nouveaux arrivants qualifiés recherchant une expérience au Québec. Parmi eux, Christiane Inago, jeune femme originaire de la Côte d'Ivoire. « J'ai décidé de participer pour élargir mon réseau de contacts et augmenter les possibilités qui s'offraient à moi », explique cette diplômée en télécommunications et Internet. Son passage chez Maya HTT s'est transformé en véritable emploi, ce qui lui a permis d'accélérer son intégration, estime-t-elle.

Le stage constitue en effet une excellente porte d'entrée pour les nouveaux arrivants qui veulent intégrer le marché du travail québécois. Ces derniers ne sont d'ailleurs pas les seuls à bénéficier de cette incursion sur le terrain, estime Chantal Lamoureux, porte-parole de l'Ordre des conseillers en ressources humaines agréés. « Il existe différents programmes qui permettent aux entreprises d'accueillir des stagiaires de différentes conditions, qui vivent avec un handicap, par exemple. »

Une façon pour les sociétés d'élargir leurs horizons. « C'est certain que si on intègre temporairement une personne aux prises avec un syndrome d'Asperger, c'est un tremplin non seulement pour celle-ci, qui pourra ensuite faire valoir cette expérience, mais aussi pour l'employeur. Il pourra voir comment son équipe réagit et contribuer ainsi à faire évoluer les mentalités », ajoute la porte-parole. Idem pour les immigrants provenant du monde entier, qui apportent avec eux un bagage différent. C'est également une voie intéressante pour faire face à la pénurie de main-d'oeuvre.

Tisser des liens

Toutefois, il peut être difficile pour les employeurs de se lancer sans filet. C'est pour cette raison qu'en 2010, la CCMM a créé le programme Interconnexion. En effet, alors que Montréal reçoit 87 % des nouveaux arrivants au Québec, plusieurs d'entre eux peinent à trouver leur place sur le marché de l'emploi alors que plusieurs postes sont vacants depuis de longs mois.

Interconnexion permet donc de faire le pont entre ces deux réalités qui se rejoignent difficilement. D'une part, le programme propose des stages, mais aussi des activités de réseautage, de la formation, etc. Les participants peuvent ainsi mieux naviguer dans les rouages de la recherche d'emploi, explique Michel Leblanc, président et chef de la direction de la CCMM. D'autre part, on aide les employeurs à faire le tri à travers les différentes candidatures. « Plusieurs PME veulent recruter des personnes provenant de l'étranger, mais n'ont pas les ressources pour analyser les CV qu'elles reçoivent, évaluer la valeur du diplôme ou de l'expérience. Notre équipe permet donc de faire une sélection et de les mettre en contact avec des candidats sélectionnés. »

Le programme est une façon d'aider les employeurs qui jonglent avec la pénurie de main-d'oeuvre, comme Maya HTT, qui a accueilli de nombreux stagiaires de cette façon, parmi lesquels plusieurs ont été embauchés par la suite. « Nous travaillons dans un domaine très spécialisé », explique Mme Simonsen. En effet, 85 % des 150 employés de la PME montréalaise qui développe des logiciels de modélisation et de simulation détiennent une maîtrise ou un doctorat. « Nous cherchons beaucoup d'ingénieurs en génie mécanique avec de l'expérience en programmation. Il n'y a pas tellement de candidats qui ont ce profil », poursuit-elle. S'il faut en moyenne six mois pour pourvoir un poste au sein de l'entreprise, il faut parfois attendre encore plus longtemps pour dénicher la perle rare.

Un maillage qui semble fonctionner puisque le programme Interconnexion affiche un taux de réussite de 70 %. En effet, dans 40 % des cas, la participation se transforme en emploi. Les 30 % restants décident plutôt de retourner aux études pour parfaire leur formation, apprendre le français ou l'anglais, etc. « Et nous pensons que, sur cinq ans, cette proportion est encore plus élevée », soutient M. Leblanc.

Un succès qui a incité le gouvernement du Québec à augmenter sa contribution financière à Interconnexion, qui pourra ainsi accueillir 3 000 participants plutôt que 1 000 par année pour cinq ans. De plus, le programme ne ciblera plus uniquement les entreprises de Montréal, mais s'élargira aussi à tout le Québec.

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