Acquisition: réussir sa transaction en six étapes

Publié le 26/05/2016 à 15:47

Acquisition: réussir sa transaction en six étapes

Publié le 26/05/2016 à 15:47

Procéder à sa première acquisition n’a rien de simple. Au-delà des chiffres et des aspects juridiques, c’est une étape importante pour la croissance. À condition de ne pas perdre de vue ses objectifs. Un petit guide pour y arriver.

1— Savoir pourquoi on achète

Pour se lancer dans une première acquisition, saisir l’opportunité ne suffit pas. « C’est important de comprendre en quoi cette transaction s’enligne avec notre stratégie de croissance. Par exemple, cela nous permettra-t-il d’ajouter un nouveau produit à notre offre, de conquérir un nouveau marché, de nouveaux clients ou d’avoir accès à des employés rares à dénicher? », explique Louise Langevin, vice-présidente, Capital de croissance et transfert d’entreprise pour le Québec à la Banque de développement du Canada (BDC). Chaque année, elle et son équipe accompagnent des dizaines d’entrepreneurs sur le chemin des acquisitions.

Cela vous évitera ainsi les coups de tête… ou les coups de cœur! Car pour ne pas se mettre dans l’embarras, il vaut mieux ne pas tomber en amour avec la compagnie qu’on convoite, ajoute-t-elle. Sinon, on risque de diminuer son objectivité et son pouvoir de négociation. « Si on réalise que quelque chose ne fonctionne pas, il faut avoir assez de courage pour se retirer avant qu’il ne soit trop tard. » Le fait de garder en mémoire ses objectifs stratégiques peut aider à conserver la tête froide. Tout comme le fait de se faire accompagner par un conseiller qui est neutre.

2— Comprendre ce qu’on achète

Avant de signer, il faut prendre le temps de bien comprendre tous les rouages de l’entreprise qu’on veut acheter. « Pourquoi est-elle rentable? Est-ce à cause de ses employés-clés, de ses clients, de ses fournisseurs ou des conditions du marché, qui sont particulièrement favorables? », détaille Louise Langevin. En saisissant les raisons de son succès, vous serez en mesure de mieux évaluer les risques. Et de trouver les façons d'en diminuer la portée. « Vous pourriez signer à l’avance un contrat de travail avec le personnel clé de l’entreprise ou encore leur offrir une part dans l’actionnariat », donne en exemple la vice-présidente.

3— Aller au-delà des chiffres

Si tout semble fonctionner à merveille sur papier, il ne faut pas négliger l’aspect humain de la transaction. Ainsi, certaines entreprises ont des cultures tellement différentes qu’elles deviennent carrément irréconciliables, ajoute Louise Langevin. « Et ce n’est pas simplement une question de différences entre les pays, mais plutôt de valeurs d’entreprises. » Par exemple, une compagnie offrant une grande flexibilité d’horaires à ces employés aura beaucoup de mal à se faire acheter par une autre, très rigide de ce côté. « Parfois, la différence est tellement grande que c’est impossible d’harmoniser les politiques de chacune. »

4— Communiquer…

Dès les premiers jours, il faut montrer sa présence et la direction qu’on veut prendre. Car, qui dit acquisition, dit changements, qu’ils soient positifs ou négatifs. « Par exemple, le rôle de certains employés pourrait être appelé à évoluer. Il faut donc implanter rapidement ces changements en tenant compte de l’alignement stratégique des ressources humaines », indique Robert Deshaies, spécialiste des fusions-acquisition et président de g4 Solutions & Stratégies d’entreprise. Le plan de communication devient alors l’une des clés du succès.

Si vous avez des restructurations à faire, comme des mises à pied, vaut mieux s’y attaquer dans les 90 jours suivant la transaction, ajoute-t-il. « C’est ce que j’appelle la méthode plaster. Même si ça fait mal, il faut faire vite. Car si on y va tranquillement, on risque de créer des problèmes ensuite. » Par exemple, si vous tardez trop à lancer votre plan d'action, le climat risque d’en souffrir. Et vos employés de s’inquiéter quant à leur avenir.

5— Se préparer

Louise Langevin conseille pour sa part de préparer un plan précisant toutes les actions à mettre à l'horaire durant les 100 premiers jours suivants la transaction. Devez-vous déménager? Changer le système informatique? Embaucher? Créer de nouveaux rôles? Revoir votre matériel promotionnel? Plus les détails seront prévus à l’avance, plus vous éviterez les mauvaises surprises. « Cela devrait aussi inclure des plans alternatifs, si jamais une des personnes-clés démissionnait, par exemple, par qui serait-elle remplacée », ajoute-t-elle. Certains conseillers sont même spécialisés à ce sujet et peuvent accompagner les entreprises dans cette préparation.

6— Être réaliste

Une transaction ne se fait pas en criant ciseau. Si sur papier les chiffres peuvent être alléchants, la réalité est souvent différente. « Il faut avoir des attentes réalistes quant aux coûts et au temps que prendra la transition. C’est donc important de trouver un bailleur de fonds qui offrira du financement flexible, patient et sur mesure », indique Louis Langevin. Elle conseille d’ailleurs de se conserver une marge de manœuvre financière pour faire face aux imprévus. Quitte à négocier un prêt plus important. Le pire risque qu’on court alors, c’est de le rembourser plus vite, ajoute-t-elle.

 

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