Les titres chouchous de 3 gestionnaires de portefeuille


Édition du 08 Mars 2023

Les titres chouchous de 3 gestionnaires de portefeuille


Édition du 08 Mars 2023

(Photo: 123RF)

Pour souligner la Journée internationale des droits des femmes, Les Affaires a demandé à trois gestionnaires de portefeuille de nous dévoiler leurs trois titres favoris dans un contexte de ralentisse-ment économique.

 

Caroline Hild

TITRE: conseillère principale en gestion de patrimoine et gestionnaire de portefeuille
FIRME: Groupe Caroline Hild, ScotiaMcLeod, une division de Scotia Capitaux

 

1. McDonald’s Corporation

(MCD, 264,32 $US): une recette éprouvée

Il va sans dire que la géante de la restauration rapide ne met pas tous ses oeufs dans le même panier. Grâce à son modèle d’affaires, qui repose à la fois sur les franchises et l’immobilier, McDonald’s devrait parvenir à «dégager des bénéfices et des flux de trésorerie solides et constants», estime la gestionnaire de portefeuille.

S’il est possible d’avoir une aussi bonne «visibilité»sur ce dernier point, c’est parce que la deuxième plus grande société immobilière des États-Unis tire plus des deux tiers de ses revenus issus de ses franchisés des loyers qu’ils lui versent.

De plus, son plan stratégique baptisé «Accélérer les arches 2.0»devrait lui permettre de «croître plus rapidement que ses pairs», croit Caroline Hild. Déjà, ses ventes en 2022 ont grimpé de 10 % par rapport à l’exercice précédent, a dévoilé l’entreprise le 31 janvier 2023. Les commandes virtuelles, l’un des piliers sur lequel repose sa stratégie, représentent désormais 35 % des ventes réalisées dans ses six principaux marchés, souligne la gestionnaire de portefeuille.

Le titre se négocie présentement à environ 22,6 fois ses bénéfices futurs, sous sa moyenne de 23,1 fois des cinq dernières années.

Caroline Hild y voit donc là une belle porte d’entrée, d’autant que McDonald’s a déjà démontré dans le passé qu’elle savait faire «preuve de résilience»lors de récessions, parvenant même à augmenter ses ventes pendant la crise financière de 2008.

 

2. Diageo

(DEO, 175,71 $US): un cocktail de croissance

Puisqu’on entre assurément dans une période de récession, croit la Banque Scotia, il est temps de miser sur des valeurs sûres et des entreprises présentes dans plusieurs marchés. Diageo figure sur cette liste à cause de son «portefeuille supérieur» de boissons alcoolisées, estime Caroline Hild.

La multinationale britannique détient surtout des marques de spiritueux bien connues, comme Captain Morgan, Tanqueray et Baileys, ce qui lui permet de dégager des marges plus élevées que ses pairs, qui s’appuient davantage sur la bière, souligne-t-elle.

La société de portefeuille devrait bénéficier, au cours des prochaines années, de la soif grandissante des consommateurs pour ce type de produit, prévoit-elle. Entre 2010 et 2020, déjà, les spiritueux sont passés de 30 % à 40 % des ventes totales de boissons alcoolisées dans le monde. «Il y a de la place pour une accélération supplémentaire», flaire-t-elle.

Au premier semestre de 2023, Diageo a rapporté une croissance interne de ses ventes de bouteilles haut de gamme de 65 %.

Malgré les risques de récession, Caroline Hild pense que l’entreprise, qui verse des dividendes de 2,08 %, devrait continuer de prospérer, d’où l’intérêt de se procurer de ses actions, alors que le titre se négocie à 20,7 fois ses bénéfices, ce qui est moins que sa moyenne des cinq dernières années.

Diageo a même entamé un programme de rachat d’actions, ce qui est «la preuve que la direction trouve que son titre est attrayant».

 

3. Brookfield Corporation

(BN, 45,90 $): une société solide

Voilà un titre «bien positionné pour créer de la valeur à long terme», estime Caroline Hild. D’après elle, la société qui investit dans des biens durables, comme les infrastructures ou l’immobilier, devrait générer un rendement annuel de l’ordre de 10 % jusqu’en 2027.

Sa croissance s’appuie sur des tendances que l’experte qualifie de «séculaires», comme la «courbe démographique, l’urbanisation et le besoin d’infrastructures essentielles». Ce sont des éléments importants lorsqu’on compose sa stratégie à long terme, rappelle Investopedia.

Des trois titres présentés, Brookfield Corporation est celui qui distribue le moins de dividende — à moins de 1 % —, car c’est une entreprise de croissance, précise Caroline Hild. «Elle pense que les profits qu’elle engrange vont plus rapporter si elle les investit dans ses infrastructures.»

De plus, elle évolue dans des secteurs d’activité «où les barrières à l’entrée sont élevées», ce qui réduit la concurrence, et ses «actifs stables génèrent des flux de trésorerie importants», ajoute la gestionnaire de portefeuille. Son «endettement est nul», souligne-t-elle, et elle perçoit des rentes «provenant d’une combinaison attrayante de fonds à capital perpétuel et de fonds à longue durée de vie».

Au cours des 20 dernières années, Brookfield Corporation a généré un rendement annuel composé total de 18 %. «C’est substantiel», selon Caroline Hild.

Finalement, l’entreprise, dont l’équipe de direction a fait ses preuves dans le passé, est avantageusement positionnée, notamment puisqu’elle gère 750 milliards de dollars (G $) d’actifs et génère 5 G$ annuellement en flux de trésorerie. «Elle est solide financièrement et évolue dans des secteurs qui ont le vent dans les voiles», conclut-elle.

 

Sophie Paquet

TITRE: conseillère principale en gestion de patrimoine et gestionnaire de portefeuille
FIRME: Brunet, Gilbert, Paquet Groupe financier, une division de la Financière Banque

 

1. CGI

(GIB.A, 122,60 $): aucun signe de ralentissement

Malgré le contexte économique difficile, CGI n’a affiché aucun signe de ralentissement au dernier trimestre, ce qui est de très bon augure en vue d’une éventuelle reprise, estime Sophie Paquet. «La société a livré des résultats supérieurs aux attentes du marché et elle garde 1 G$en réserve pour faire des acquisitions en 2023», rapporte la gestionnaire de portefeuille.

L’environnement sera propice à ce genre d’investissement au cours de la prochaine année, selon elle, puisqu’une probable récession pourrait réduire la valorisation des entreprises convoitées. «Comme elle a une réserve, elle va pouvoir dénicher des aubaines.» Évoluant dans un secteur d’activité qui a le vent dans les voiles, CGI croît autant par acquisitions que de manière organique. Ses revenus récurrents et ses contrats à long terme permettent à la société de servicesconseils en technologies de l’information de «surperformer».

Par ailleurs, puisqu’elle a des bureaux dans pas moins d’une centaine de pays, sa clientèle est variée. «C’est donc l’occasion d’investir dans une entreprise que l’on connaît bien, tout en s’exposant à divers marchés. […] C’est un atout», affirme la gestionnaire de portefeuille.

Bien que la société n’offre pas de dividende, étant davantage un titre de croissance, CGI a racheté 25% de ses actions depuis 2015. Elle a aussi donné des rendements «intéressants»au cours des 10 dernières années, de l’ordre de 15 % annualisé, ajoute Sophie Paquet.

 

2. Intact Corporation financière

(IFC, 197,97 $): pour les amateurs de dividende

Le plus grand fournisseur d’assurance de dommages du Canada est un titre attrayant autant pour les investisseurs à la recherche de croissance que pour ceux en quête de dividende, affirme Sophie Paquet. Au cours de 18 dernières années, Intact Corporation financière n’a d’ailleurs pas manqué d’augmenter son dividende.

Le portefeuille de l’organisation est très diversifié, puisqu’il couvre les assurances auto, habitation et voyage, ce qui réduit le risque pour les actionnaires, estime l’experte.

Intact Corporation financière le minimise aussi en s’exposant à différents marchés. Certes, près des trois quarts de ses revenus sont générés au Canada, mais la récente acquisition de la société RSA lui permet de tirer 17 % de ses recettes de l’Europe. Le reste provient des États-Unis.

En rafale, Sophie Paquet rapporte que l’entreprise «a un fort potentiel de croissance interne, tout comme par acquisitions. Elle est dirigée par une équipe expérimentée et fait un bel effort en matière de responsabilité sociale afin de soutenir les communautés dans lesquelles elle se trouve».

Au cours des dix dernières années, Intact a livré un rendement annuel de 14 %. «C’est un créateur de valeur pour les actionnaires», affirme Sophie Paquet. D’après elle, l’évaluation actuelle du titre est très raisonnable et offre un bon potentiel de croissance.

Elle recommande donc à la fois de l’acheter, mais aussi de le conserver.

 

3. Microsoft

(MSFT, 250,64 $US): une rare occasion d’achat

Malmené lors de la débâcle du secteur de la technologie de 2022, le titre de Microsoft a glissé de 18 % au cours de la dernière année. Bien qu’il ait déjà commencé à remonter, il est encore décoté non seulement par rapport à ses niveaux historiques, mais aussi par rapport à ses pairs.

«C’est le temps de s’en procurer. C’est rare qu’on puisse en acheter dans un moment de faiblesse», soulève Sophie Paquet. Doit-on le rappeler, Microsoft «offre un potentiel de croissance élevé dans des secteurs d’avenir». En plus de développer le système d’exploitation Windows, elle fournit des solutions d’infonuagique — une division à forte croissance, souligne l’experte.

Elle est aussi présente dans la reconnaissance vocale et la création de jeux vidéo et investit dans l’intelligence artificielle, comme dans ChatGPT. «Si elle parvient à bien l’intégrer à son moteur de recherche Bing, elle pourrait rafler des parts de marchés à Google», soutient Sophie Paquet. Se procurer de ses actions est donc «une belle façon d’être exposé à tous ces secteurs-là», d’autant que la société est en bonne posture financière. Avec 99 G $US en liquidités, Microsoft dispose de fonds autant pour faire des acquisitions que pour verser des dividendes.

D’ailleurs, le rendement de son dividende est habituellement de 2,72 %, «ce qui est bon pour un titre américain», estime la gestionnaire de portefeuille.

 

Julie Hurtubise

TITRE: conseillère en placement principale
FIRME: Gestion de patrimoine Hurtubise, une division de Conseils de placement privés, Gestion de patrimoine TD

 

1. TFI International

(TFII, 167,18 $): une entreprise qui fait son chemin

Le 6 février, au moment de diffuser les résultats financiers du quatrième trimestre de son exercice 2022, l’entreprise spécialisée dans le transport et la logistique TFI International a dévoilé qu’elle avait acheté plus d’un million d’actions de la société américaine ArcBest Corporation (ARCB, 98,20 $US).

«Bien que la direction de TFI n’ait pas affirmé qu’elle souhaitait acheter ArcBest, une entreprise dont le siège social se trouve en Arkansas, certains analystes estiment que l’investissement mènera éventuellement à une transaction entre les deux entreprises», dit-elle. Près de 95 % des activités d’ArcBest résultent du transport de lots brisés et de services de logistique.

Julie Hurtubise souligne que son collègue analyste Tim James vient de relever son cours cible sur un an sur le titre de l’entreprise, lui qui est passé de 175 $ à 185 $. «Sans oublier le revenu de dividende de 1,4 %», dit-elle.

Les perspectives de croissance de l’entreprise, en 2023, sont à son avis plus fortes que les défis économiques. TFI International est la plus importante entreprise de son secteur au Canada et a augmenté considérablement ses parts de marché dans le transport de lots brisés aux États-Unis en 2021 en procédant à l’achat de UPS Freight, une division de UPS. «La société veut poursuivre dans cette voie. Elle est bien gérée et génère d’importants flux de trésorerie», ajoute-t-elle.

 

2. FPI Canadian Apartment Properties

(CAR-U, 49,69 $): une façon intéressante d’investir en immobilier

Le fonds de placement immobilier Canadian Apartment Properties a la réputation d’investir dans des logements locatifs de qualité dans de grands centres urbains comme Toronto et Montréal, qu’il s’agisse d’appartements, de maisons en rangée ou de maisons usinées.

«L’entreprise possède 65 000 logements, dont le taux d’occupation est de 98 %. La société voit ses efforts de réduction des coûts porter leurs fruits et ça pourrait même avoir des effets encore plus bénéfiques en 2024. Il s’agit d’une façon intéressante d’investir en immobilier», explique Julie Hurtubise. Canadian Apartment bénéficie, selon elle, du fait que l’achat d’une propriété est hors de portée d’un nombre de plus en plus important de ménages, ce qui stimule la demande pour la location.

L’entreprise souhaite également rajeunir son parc immobilier en 2023 en vendant pour 500 millions de dollars (M $) d’actifs plus âgés et en redéployant le capital obtenu dans l’achat d’immeubles plus récents.

«De plus, seulement de 9 % à 10 % des prêts hypothécaires de son parc immobilier arriveront à échéance d’ici la fin de 2024, ce qui fait que la société sera à l’abri des hausses de taux d’intérêt», dit Julie Hurtubise. Canadian Apartment verse un revenu de dividende de 3 % et la Banque TD vient de relever son cours cible sur un an, qui est passé de 57 $ à 61 $.

 

3. ATS Corporation

(ATS, 54,71 $): un remède au problème de la pénurie de maind’oeuvre

ATS Corporation est un bon choix pour les inves-tisseurs qui souhaitent miser sur une entreprise spécialisée en solutions d’automatisation visant à contrer les perturbations des chaînes d’approvisionnement et la pénurie de main-d’oeuvre.

Julie Hurtubise souligne que la société a vu ses revenus progresser de plus de 18 %, à 647 M $, au troisième trimestre de son exercice 2023 terminé le 1er janvier. «De plus, les nouvelles commandes ont progressé de 46 % sur un an, à 979 M $, et le carnet de commandes total a grimpé de 45 % sur un an, à 2,14 G $», raconte-t-elle, soulignant la croissance organique des revenus de 127 % dans le secteur des transports.

Selon elle, l’entreprise est bien gérée et a vu ses flux de trésorerie libres s’améliorer durant le troisième trimestre. «ATS génère une bonne croissance organique, mais également grâce aux fusions et acquisitions, dit-elle, ce pourquoi elle veut aussi s’inscrire en Bourse aux États-Unis, ce qui lui permettra d’augmenter ses liquidités et d’élargir sa base d’investisseurs.»

À son avis, le seul bémol pourrait venir de la conjoncture économique, qui forcerait les clients potentiels d’ATS à décaler leurs investissements en automatisation. À long terme, toutefois, le potentiel du titre est attrayant, selon elle.

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